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Château Cos Labory

Dossier IA33008652 réalisé en 2013

Fiche

  • Façade est sur cour.
    Façade est sur cour.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • chai
    • cuvage
    • jardin
    • mur de clôture
    • portail

Dossiers de synthèse

Précision dénomination château viticole
Appellations Cos Labory
Parties constituantes non étudiées chai, cuvage, jardin, mur de clôture, portail
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Hydrographies Gironde la
Adresse Commune : Saint-Estèphe
Lieu-dit : Cos
Adresse : R. D. 2 E 3 , R. D. 2
Cadastre : 1825 D2 1409-1412 ; 2015 OD 292

La propriété appartient à la fin du 18e siècle à Hyacinthe Gaston (1746-1806). A sa mort, sa veuve, Anne Pauty (1753-1841), reprend le domaine avec sa fille mineure, Marie-Sanny Gaston (1786-1833), épouse François-Armand Labory (1779-1853).

Le voisinage conflictuel avec Louis Gaspard d'Estournel (Cos-d'Estournel) donne lieu à un procès entre 1829 et 1832. Il est alors indiqué que Louis Gaspard d'Estournel "aurait fait construire des échoppes sur un terrain devant la maison de la veuve Gaston qu'il lui avait cédé selon un accord verbal : elles masquent la maison de la dame Labory ce qui avait fait négliger d'en embellir l'entrée" et qu'en 1826, la veuve Gaston décida d'"orner ce contour" du terrain qui entourait la maison.

On connaît la disposition des bâtiments à cette époque grâce au plan cadastral daté 1825. On note la présence de trois bâtiments composant la propriété : on peut supposer que la demeure consistait à cette époque en une maison basse, dont une partie est peut-être encore conservée aujourd'hui (partie en rez-de-chaussée au nord, présentant deux fenêtres en arc segmentaire avec allèges en ressaut) ; on remarque également sur le plan cadastral de 1825 un groupement de bâtiments construit au carrefour des chemins, devant la propriété Gaston, correspondant vraisemblablement aux bâtiments construits par d'Estournel.

La succession d'Anne Pauty est réglée le 2 juillet 1845. C'est peut-être à cette époque que d'Estournel prend possession de Cos Labory. En 1846, sur un plan du château de Cos et ses environs, la maison et les chais sont dits "acquis de MM. Labory frères".

En 1852, Charles Martyns achète à Louis Gaspard d'Estournel l'ensemble de ses propriétés parmi lesquelles figure le domaine de Cos Gaston Labory, "consistant en maison de maître, bâtiment d'exploitation, chai, cuvier garni de ses vaisseaux vinaires, vignes, prairies, jardins anglais et d'agrément, landes, oseraie, jardin potager, bois taillis et terre", d'une contenance de 37 ha, 99 a, 65 ca, dont 24 ha de vigne. Il est indiqué dans les origines de propriété rappelées dans l'acte de vente que le domaine de Cos Labory avait été vendu par M. Gaurens à M. Destournel (?).

En 1866, Charles Martyns vend Cos Labory à Louis Peychaud. Dans son ouvrage, Charles de Lorbac indique que le Château de Cos-Labory, "récemment restauré et agrandi par M. Peychaud, n'est séparé des bâtiments de Cos-d'Estournel que par la largeur de la route de Pauillac à Saint-Estèphe". Or, le plan de 1846 représente déjà l'arrondi du pavillon sud, attestant que la reconstruction du château est antérieure à Louis Peychaud. Les travaux ne sont toutefois pas terminés. Si la lithographie publiée dans l'ouvrage de Lorbac montre un corps de logis principal flanqué de deux pavillons, la photographie extraite de l'album de Danflou, publiée à la même époque, n'atteste qu'un seul pavillon (sud), ce qui est encore le cas aujourd'hui. Des pierres d'attente sur la façade latérale nord du château indiqueraient par ailleurs que les travaux ont été interrompus et jamais achevés : demeure ainsi une partie en rez-de-chaussée datant probablement de la fin du 18e siècle.

A la fin du 19e siècle, le domaine est encore entre les mains de la veuve et des héritiers de Louis Peychaud.

Depuis la 2e moitié du 20e siècle, la propriété est détenue par la famille Audoy.

Période(s) Principale : milieu 19e siècle

Le château de Cos Labory est situé au croisement de deux routes, séparé du château Cos d'Estournel par l'une d'elles.

La demeure est accompagnée de chais et cuvier au nord, formant une aile délimitant la cour arborée. A l'ouest, des bâtiments agricoles avec logement secondaire complètent l'ensemble.

Le château est composé d'un corps de logis principal présentant une façade à cinq travées, complété au sud d'un pavillon de plan rectangulaire mais arrondi à l'est. Au nord, une aile en rez-de-chaussée rejoint celle abritant chais et cuvier. La façade est marquée en son centre par une travée formant ressaut surmontée d'une lucarne. Les baies du rez-de-chaussée sont en arc segmentaire avec allèges en ressaut, tandis que les fenêtres de l'étage à plate-bande sont surmontées d'une corniche à denticules. Sur la façade latérale nord, des pierres d'attente sont visibles.

La partie en rez-de-chaussée, couverte de tuile creuse, compte trois ouvertures en arc segmentaire.

Un vaisseau en rez-de-chaussée abrite le cuvier, avec les chais qui lui sont contigus au nord.

Les bâtiments agricoles présentent une tour carrée coiffée d'un toit en pavillon.

Le mur de clôture est composé de piliers maçonnés avec pommes de pin en amortissement et d'une grille dont la porte est ornée des initiales LP (Louis Peychaud).

Murs calcaire pierre de taille
moellon enduit
Toit ardoise, tuile creuse
Étages étage de comble, 1 étage carré, en rez-de-chaussée
Couvrements
Couvertures toit à longs pans croupe
toit en pavillon
Techniques sculpture
ferronnerie
Représentations denticule, monogramme, pomme de pin

Estuaire

TRAVEE 5
FORBAIE arc plein-cintre (porte) ; arc segmentaire (fenêtre) ; plate-bande (fenêtre) ; agrafe (porte) ; corniche (fenêtre)
POSRUE perpendiculaire
POSPARC sur rue ; parcelle d'angle
POSTOPO coteau
ORIENT est
VUE vue bornée
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Documentations complémentaires

    -Collection particulière (Château Pomys), non coté, Mémoire pour la dame Marie-Sanny Gaston, épouse du sieur François-Armand Labory, agissant comme héritière sous bénéfice d'inventaire, de feu sieur Hyacinthe Gaston, son père, et le dit sieur Labory, partie au procès (…) demandeurs et appelans de 2 jugements rendus par le Tribunal de première instance de Lesparre le 21 août 1829 et le 9 juin 1831 contre le sieur Louis-Gaspard Destournel, juillet 1832.

    Document imprimé (59 pages) ; en 1802, le sieur Destournel sépara ses vins de Cos de ceux de Pommys qui jusque-là n'avaient fait qu'un même vin ; en 1822, le sieur Labory sépara aussi, pour la première fois, ses vins de Cos de ceux de Blanquet qui se fesaient ensemble ordinairement, et passaient dans le commerce sous le nom de Gaston. Il les classa au rang des 4e crus de Médoc, tandis que le sieur Destournel avait mis les siens au 3e rang : distinction tout à fait idéale, puisqu'il n'existe aucune différence dans ces vins, et que les négociants les estiment le même prix. C'est de cette époque que date le commencement de la jalousie du sieur Destournel, de ses tracasseries et du projet de s'emparer par empiètement d'une partie des propriétés de la famille Gaston (...) ; rappel de la succession complexe du sieur Gaston : sa veuve et sa fille encore mineure, mariée au sieur Labory, conseillés par Catherine Cascail, mariée en secondes noces au sieur Mandon, tonnelier du sieur Gaston ; mais cette dernière tenta de s'attribuer quelques pièces appartenant à la veuve Gaston ; le sieur Destournel fit de même : il aurait fait construire des échoppes sur un terrain devant la maison de la veuve Gaston qu'il lui avait cédé selon un accord verbal : elles masquent la maison de la dame Labory ce qui avait fait négliger d'en embellir l'entrée ; en 1826, la veuve Gaston décida d'"orner ce contour" du terrain qui entourait la maison ; nombreux procès engagés ; litige sur des bois situés à Fondgrand ; mention des lignes seigneuriales, tracées selon les indications données par une exporle ou reconnaissance féodale de 1733 concernant la seigneurie de Charmail ; mention de la seigneurie du sieur Guy Destournel, fief de Maniban ; PLAN.

    -Collection particulière (Château Pomys), non coté, Extrait de titres translatifs de propriétés dressé en exécution des articles 2183 et 2184 du code Napoléon, suivant contrat au rapport de M. Louis François Curt et de M. Pierre Castéja, notaires à Bordeaux à la date du 24 juillet 1852, 20 novembre 1852.

    Joseph Justin Roux, agissant en qualité de mandataire de M. Louis-Joseph-Gaspard Destournel, propriétaire, chevalier de la Légion d'honneur domicilié au château de Pomys : a vendu à M. Charles Cecil Martyns, rentier, demeurant à Paris, Hôtel Bristol, représenté par Jérôme Chiapella, négociant demeurant à Bordeaux :

    -le domaine de Cos d'Estournel, composé d'un château à trois pavillons, divers bâtiment d'exploitation, vigne, prairies, bois, taillis, jardin anglais, terre, barbotière et oseraie d'une contenance de 45 ha 7 a 10 ca dont 34 ha de vignes ;

    -le domaine de Pomys d'une contenance de 61 ha 88a 40 ca dont 29 ha de vignes, composé d'un château de construction récente, de vastes bâtiments d'exploitation, jardin anglais, garenne, cour, écuries, remises, vignes, prairies, terres labourables, oseraies, bois taillis et de haute futaie, pacage et chemin ;

    -le domaine de l'abbaye de L'Isle situé dans la commune d'Ordonnac, composé de prairies, terres labourables, vignes, bois taillis, maison, jardin, emplacement et oseraie, ce domaine est en un seul tenant à l'exception d'une pièce de bois qui en séparé : total de 65 ha, 34 a, 90 ca dont 5 ha de vignes ;

    -le domaine de Cos Gaston Labory consistant en maison de maître, bâtiment d'exploitation, chai, cuvier garni de ses vaisseaux vinaires, vignes, prairies, jardins anglais et d'agrément, landes , oseraie, jardin potager, bois taillis et terre, d'une contenance de 37 ha, 99 a, 65 ca dont 24 ha de vigne ;

    -le domaine de Bidilloux situé dans la commune de Cissac et par extension de celle de Saint-Sauveur avec maison de maître, cuvier, chai, logements de cultivateurs, hangar, parcs à bœufs et à vaches, écuries, parcs à brebis, terres labourables, grands pins, semis de divers âges, vignes, bois taillis, acacias, landes et autres masures de fonds (...).

    -AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898. Budget 1867 : Plainte de M. Peychaud propriétaire du lieu Cos pour un empiètement de terrain dans la construction d'une fontaine avec lavoir, 1866.

Références documentaires

Bibliographie
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1922 (9e édition).

    p. 260-261
  • DANFLOU Alfred. Les grands crus bordelais, Bordeaux : Librairie Goudin, 1867, t. 1 et 2.

    p. 69-70
  • GINESTET Bernard. Saint-Estèphe. Paris : Nathan, 1985. (Le Grand Bernard des vins de France).

    p. 121
  • LORBAC Charles (de). Les richesses gastronomiques de la France. Les vins de Bordeaux. I partie. Crus Classés, illustré par Charles Lallemand. Paris : Hetzel, [vers 1868].

    p. 149
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