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Château Cos d'Estournel

Dossier IA33008651 réalisé en 2013

Fiche

  • Vue d'ensemble.
    Vue d'ensemble.
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  • Parties constituantes

    • cuvage
    • logement
    • bureau
    • étable à vaches

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Dossiers de synthèse

Précision dénomination château viticole
Parties constituantes non étudiées cuvage, logement, bureau, étable à vaches
Dénominations chai
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Hydrographies Gironde la
Adresse Commune : Saint-Estèphe
Lieu-dit : Cos d'Estournel
Adresse : R. D. 2
Cadastre : 2015 OC 1403, 1404 ; 1825 C1 185 à 230

Le domaine viticole de Cos et la colline qui le porte entrent par héritage, vers 1810, dans les biens de Louis-Gaspard d'Estournel. Ce dernier entreprend la construction de nouveaux bâtiments d'exploitation dans les années 1830, avant 1838, date à laquelle les chais, "dans le genre Chinois", sont mentionnés par Stendhal dans le récit de son voyage dans le Midi. Cependant, les travaux ne sont achevés que plus tard, les archives du domaine gardant trace d'une commande passée en 1843 de "trois ou quatre batelées" de pierre de Bourg pour le chantier des "deux pavillons du château". Un plan de 1845 montre le domaine constitué d'un vaste ensemble de bâtiments comprenant, outre le "château" avec ses "pagodes" (il s'agit en fait du cuvier), divers logements destinées aux "valets", des écuries, étables à bœufs, hangars et tour-château d'eau.

La demeure voisine et ses dépendances, acquise des frères Labory (et de fait appelée Cos Labory), faisait alors partie de la propriété, mais elle en fut vraisemblablement distraite lors de la vente du domaine au banquier londonien Martyns en 1852.

Avec la renommée grandissante du cru, consacré par le classement de 1855 et récompensé par une médaille d'or agricole en 1866, et l'augmentation de la production, de nouveaux bâtiments vini-viticoles sont édifiés ou modernisés durant le 3e quart du 19e siècle, en particulier un chai à barriques adossé au "château" dans les années 1860 (information orale).

En 1869, Cos d'Estournel, ainsi que Pomys, l'Abbaye-de-l'Isle et Bédilloux, sont rachetés par la famille de Errazu et placés sous l'administration de Jérôme Chiapella, "un des viticulteurs des plus compétents de la Gironde, propriétaire du célèbre crû la Mission-Haut-Brion, à Pessac, et négociant à Bordeaux" (Cocks, 1874).

Un plan du domaine de 1886 montre aussi que le chai de vieillissement a été aménagé dans ce qui figurait auparavant comme hangar.

En 1889, Cos d'Estournel et Pomys sont acquis par MM. Hostein frères (qui achètent également Château Montrose) puis passent à M. Louis Charmolue en 1894, par son mariage avec Mlle Hostein (Cocks, 1898).

Passé de mains en mains, détenu par les héritiers du négociant bordelais Fernand Ginestet, le domaine bénéficie d'importants travaux dans la 2e moitié du 20e siècle : doublement du chai en profondeur dans les années 1960 et construction de nouveaux bâtiments d'exploitation dans les années 1980 et 1990.

Enfin, suite à l'acquisition du domaine en 2000 par la famille Reybier, des travaux de modernisation sont menés sous la conduite de l'architecte Jean-Michel Wilmotte : le chai des années 1860 et les constructions attenantes du 20e siècle ont été détruits pour faire place à de nouvelles installations viticoles.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Principale : 1er quart 21e siècle
Dates
Auteur(s) Auteur : Wilmotte Jean-Michel, architecte, attribution par tradition orale, attribution par source

Le toponyme gascon "Cos" signifie colline de cailloux ; de fait, le site occupe un coteau graveleux d'une vingtaine de mètres dominant la jalle de Breuil, petit affluent de la Gironde.

Les bâtiments sont regroupés à un angle de la propriété, en bordure du versant sud, à l'intérieur d'un enclos. Depuis la route principale, un portail monumental (sur lequel est gravé un texte en latin - voir annexe) donne accès à une première cour sur laquelle ouvre le bâtiment le plus prestigieux, le "château-cuvier" de style éclectique ; sa porte d'entrée serait un remploi provenant du palais du sultan de Zanzibar. Il fait écran aux autres bâtiments d'exploitation, chais, logements, étables, localisés à l'arrière.

Le "château" est bâti en pierre de taille calcaire, ainsi que le château d'eau, les autres constructions sont en moellon enduit. A l'exception des toits polygonaux en zinc des pagodes, toutes les toitures sont en tuile creuse.

Murs calcaire moellon enduit
pierre de taille
moyen appareil
Toit tuile creuse, zinc en couverture
Étages étage en surcroît
Couvrements
Couvertures toit à longs pans croupe
toit polygonal
Techniques sculpture
Représentations boeuf, pomme de pin, armoiries, lion, licorne, trident, ancre, rame, vigne, raisin, rinceau, dragon, colonne, accolade, fronton, postes
Précision représentations

Le portail d'entrée est couronné d'armoiries : d'azur à la tour d'or sur une terrasse ondée de [], et 3 étoiles d'or en chef ; support : lion et licorne sur une ancre, un trident et une rame, accompagnés de la devise : SEMPER FIDELIS. Sur son fronton, les lettres de "Cos d'Estournel" sont formées de raisins et de rinceaux de vigne. Des amortissements en forme de pomme de pin se retrouvent sur le portail et à la base de chacun des pavillons en pagode. Ceux-ci sont richement ornées de motifs sculptés : dragons, colonnes cannelées, fenêtres en accolade alors que la partie basse est de style néo-classique : fronton, postes.

L'étable est ornée de têtes de bœufs sculptées sur les agrafes de chaque arcs.

La tour-château d'eau porte un décor éclectique, à la fois néo-gothique et oriental.

L'exotique "château-cuvier", voulu par L.-G. d'Estournel à l'imitation de temples ou de palais boudhistes comme une vitrine pour sa clientèle indienne, constitue un unicum du vignoble médocain et a contribué à la renommée mondiale du cru. L'étable est remarquable par la série de têtes de bœufs sculptées qui ornent sa façade.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables cuvage, étable

Annexes

  • Documentation complémentaire

    P. C. de Saint-Amand, Promenade en Médoc, 1855, p. 104-107.

    Lorsque c'est à la sortie de Lafitte qu'on pénètre sur le territoire de Saint-Estèphe, on passe pour ainsi dire sous les batteries de Cos-D'Estournel. Un portail excentrique chargé d'inscriptions, d'un style participant de l'oriental et du chinois, semble convier le passant à s'arrêter. Son originalité témoigne du caractère de l'ancien propriétaire, M. Destournel, dont la manie était de vouloir sans cesse de singulariser en ne faisant pas comme les autres. Toujours disposé à acheter et rarement à vendre, ce vieillard maniaque était sans cesse aux expédients. La conséquence était qu'il s'appauvrissait tous les ans pour payer les intérêts, plus ou moins usuraires, des emprunts qu'il était obligé de subir. Il est à croire que si la mort eût continué à l'oublier encore, il aurait achevé la désolation des collatéraux qui espéraient en sa succession, et qui n'eussent probablement plus rien trouvé. Ce domaine de Cos a été acheté, ainsi que Pomys par un boulanger de Londres, nommé Martyns, énormément riche, et qui voulant avoir toutes les propriétés de feu Destournel, s'est aussi rendu adjudicataire du cru de Cos Labory, que ce dernier avait acquis seulement dans les dernières années de sa vie [...]. Aux grandes Indes il [le vin] jouit de beaucoup de faveur et l'on préfère cette marque à toute autre. Il faut croire que ses plants de la Syras de l'Hermitage ont été du goût des Nababs, ou quelque année favorable aura établi la réputation de ce vin à leur cour, car ils ne veulent boire que du Cos-d'Estournel. Ce débouché suffit à l'écoulement des récoltes, que le commerce bordelais ne recherche que lorsqu'il a absolument besoin de la marque pour ses expéditions à Calcutta ou à Madras. Ce mirifique portail de Cos a quelque chose d'une décoration théâtrale, non seulement parce qu'il a l'air d'être en bois recouvert de toile peinte, mais encore parce qu'il est trompeur et n'est l'entrée que de chais et d'écuries. De maison de maître point, et on ne trouve là, à proprement parler, qu'un vignoble avec ses bâtiments d'exploitation. La véritable habitation de M. Destournel était à peu de distance, sur un autre domaine appelé Pomys. Également situé sur le territoire de Saint-Estèphe, Pomys n'est pas dans une catégorie comparable à Cos. Il n'est qu'un simple bourgeois, à côté du gentilhomme [...].

    Ch. de Lorbac, 1868, p. 87.

    Le domaine de Cos appartenait depuis fort longtemps à la famille d'Estournel, lorsque, en 1811, il fut vendu avec faculté de rachat ou de réméré pendant cinq ans, à M. Lapeyrière, receveur-général du département de la Seine. Ce délai ayant pris fin sans que M. d'Estournel eût exercé la faculté qu'il s'était réservée, M. Lapeyrière devint définitivement propriétaire de Cos, qu'il revendit néanmoins à M. d'Estournel en 1821.

    Cos d'Estournel ne se composait alors que d'environ 14 hectares de vignes et de 6 hectares de prairies. Par divers achats de pièces de vignes enclavées dans sa propriété et par d'heureux échanges avec ses voisins, M. d'Estournel agrandit considérablement son vignoble depuis 1821, - époque où il était redevenu propriétaire, - jusqu'en 1848.

    Le domaine n'avait pas de château et laissait même beaucoup à désirer sous le rapport des bâtiments d'exploitation. M. d'Estournel fit d'abord construire de magnifiques parcs à bœufs, d'un style assez étrange, surmontés d'une espèce de pagode chinoise, qui forme aujourd'hui le pavillon de l'horloge ; puis, en 1840, de nouveaux parcs, qui permirent de convertir les premiers en un chai magnifique. A ces constructions, M. d'Estournel fit encore ajouter deux autres pavillons chinois, et, enfin, un portail en arc de triomphe fut placé sur le bord de la route de Pauillac à Saint-Estèphe. Au fronton de cette porte monumentale furent sculptées les armes de M. d'Estournel et sa devise : Semper fidelis, avec ces distiques latins :

    Siste gradum, egregias vites in colle viator / Et monumenta oculis aspice digna tuis. / Quam sit dulce merum liba quem spiret odorem / Atque Deum lauda qui bona tanta facit.

    Si vous voulez savoir comment fut alors appréciée cette architecture bizarre, lisez, - à condition d'en trouver encore un exemplaire, - ce livre, étincelant d'esprit et de verve gasconne, qui a nom l'Eté à Bordeaux : "Cos! - s'écrie M. Saint-Rieul Dupouy, - une féerie, un vrai palais de Chine, une pagode indoue! Dômes élevés, coupoles que frappe le soleil, arcades toutes grandes ouvertes comme un arc de triomphe où va passer un roi, tourelles découpées à jour, pavillon chinois où l'air en passant agite mille sonnettes.

    - "Qu'est-ce donc que ce palais ?" demande le voyageur qui passe devant Cos, en allant de Bordeaux à Saint-Estèphe ?

    - "C'est le parc à bœufs de M. d'Estournel, répond le paysan qui revient de ses travaux des champs ; plus loin, vous apercevez les chais et les autres servitudes".

    Quoi ! Ces murailles élevées, ces dômes, tout ce luxe d'architecture, autour duquel se groupent les plus beaux arbres et les plus belles nappes de vignes, pour qui semblent faits tout cet horizon, et tout ce paysage, et tout ce ciel, et tous les regards des voyageurs qui passent sur la route ; quoi ! ce ne sont là que des chais et des écuries ?... Mon Dieu, oui ! C'est dans ce lieu que viennent dormir chaque soir, bien repus, étendus dans le fourrage, les chevaux de labour, les bœufs destinés aux travaux du lendemain ; c'est pour eux que M. d'Estournel a bâti ces magnifiques étables, qui auraient pu servir de temple au bœuf Apis lui-même, ces chais splendides, qui sont une des curiosités du pays.

    Pour des causes que nous n'avons pas à rechercher ici et, sans doute aussi, les prodigalités que nous venons de rappeler aidant, M. d'Estournel ne put conserver jusqu’à sa mort, survenue en 1853, cette précieuse terre de Cos, qu'il avait agrandie et embellie au prix de si grands sacrifices. En 1852, Cos-d'Estournel, Pomys [...], l'Abbaye-de-l'Isle et Bédilloux furent vendus par M. d'Estournel à M. Martyn, de Londres, pour la somme de 1.1500.000 fr.

    M. Martyn confia la gérance de ses quatre domaines à M. Jérôme Chiapella, négociant de Bordeaux et propriétaire lui-même de l'excellent cru de La Mission, dans les premières graves.

    Le vignoble de Cos fit de rapides progrès sous l'administration vigilante et expérimentée du nouveau gérant, et ses produits, que le commerce avait un peu délaissés par suite de l'attitude hostile de M. d'Estournel envers lui, ne tardèrent pas à reprendre faveur et à être vendus chaque année dans des conditions avantageuses. D'importantes améliorations furent également apportées par M. Martyn dans les bâtiments d'exploitation.

    Aussi en 1866, la Société d'agriculture de la Gironde, ayant à décerner la grande médaille d'or ministérielle, n'hésita pas à donner le prix d'ensemble à M. Martyn, "pour la tenue générale de ses vignes, qui est irréprochable ; celle des bâtiments ruraux, spacieux et bien aménagés ; ses logements des valets construits dans des conditions de salubrité exceptionnelles". Et dans son rapport sur le mérite des lauréats, M. Dupont, l'éminent secrétaire général de la Société, ajoutait : "un service médical gratuit complète les bienveillantes dispositions du maître pour ses travailleurs. L'économie bien entendue, l'ordre le plus rigoureux, la discipline dans le travail, l'opportunité dans tous les détails d'un vaste service, donnent à cette administration importante le cachet d'une organisation très remarquable. - On trouve donc, dans cette magnifique propriété, les meilleurs exemples et des pratiques très judicieuses. En accordant le prix d'ensemble à son propriétaire, nous ne pouvons en dispenser de reporter la plus grande partie de nos éloges à son intelligent régisseur, M. Chiapella, qui a tout créé et tout organisé d'une manière supérieure. Au moindre détail on reconnaît un ami du progrès, l'homme doué des plus sérieuses qualités de l'administrateur et de l'agronome". Enfin une médaille d’argent fut accordée à M. Dumas père, viticulteur de mérite, qui, "né dans la propriété de Cos, y a passé sa vie et y remplit depuis longtemps l'emploi d'hommes d'affaires".

    Le domaine de Cos d'Estournel se compose aujourd'hui de 57 hectares de vignes et de 15 hectares de prairies. Il a été agrandi par divers achats, et amélioré par suite d'échanges heureux et d'importantes plantations en cépages de premier choix.

    La production, pendant les sept dernières années, a été de 120 à 130 tonneaux de premier vin et 10 à 12 tonneaux de second vin ; en tout 130 à 140 tonneaux année moyenne.

    A. Danflou, vers 1868, p. 55-59.

    Nous avons sous nos yeux une masse de constructions bizarres, magnifiques, pittoresques, d'une richesse qui rappelle les splendeurs de l'extrême Orient. Quelle est cette royale habitation surmontée de plusieurs clochetons qui la font ressembler à une pagode de l'Inde ? Est-ce le palais d'un nabab exilé dans notre Occident, ou bien un temple de Brahma ? Non, c'est un des palais de la vigne médocaine : c'est Cos-d'Estournel, dont le nom jouit d'une célébrité presque égale à celle de Château-Lafitte, de Château-Latour. Ici, les chroniques du moyen-âge, les légendes, même les traditions locales, font défaut, parce que Cos-d'Estournel est d'origine toute moderne. Le digne viticulteur qui a laissé son nom à ce grand cru girondin, à peine devenu propriétaire du vignoble de Cos, y fit des améliorations considérables qui lui assurèrent immédiatement l'estime des commerçants et l'approbation des œnologues ; il renouvela les cépages, dont il fit un choix intelligent et approprié à la nature du sol .Non content d'avoir restauré ses vignes, de leur avoir donné tout l'éclat des grands crus, il voulut loger magnifiquement ses produits, pensant avec raison que les grands vins sont d'assez nobles seigneurs pour habiter des châteaux et même des palais. Il fit donc construire un palais indien. "Pourquoi avoir imité l'architecture de Benarès ou de Delhi ?" va-t-on nous demander. "Un peu par goût et un peu par reconnaissance," répondrons-nous. En effet, M. d'Estournel trouvait des débouchés avantageux à Calcutta, à Bombay, et les officiers anglais accordèrent à ses produits une préférence dont ils jouissent encore. Dans toute l'Europe, le Cos-d'Estournel, dit retour de l'Inde, est en grande faveur chez les plus fins gourmets. [...] depuis plusieurs années, les vins de Cos se sont vendus quelquefois aussi cher que ceux de Rauzan et de Léoville, et qu'ils tiennent avec éclat leur rang parmi les deuxièmes grands crus dans le classement officiel des vins du Médoc. [...] M. d'Estournel a donc élevé un temple à la vigne ! Il a dépensé des sommes fabuleuses pour ces constructions, que nous ne saurions trop admirer, et surtout pour les chais ou caves, qui devraient être classés parmi les monuments de l'œnologie française. Et pour ce qu'on ne nous accuse ni d'enthousiasme ni de partialité, nous allons citer un extrait du compte-rendu du rapporteur de la deuxième cession du Congrès des vignerons français, tenu à Bordeaux en 1843 : il s'agit d'une visite de quelques membres de ce congrès à Cos-d'Estournel : "Un cellier, dit-il, nous fut signalé comme curieux à visiter, et nous nous rendîmes, après une de nos séances, chez M. d'Estournel, son propriétaire. M. d'Estournel nous reçut avec la plus parfaite urbanité ; mais comme il n'avait pas été prévenu de notre visite, il donna immédiatement quelques ordres et nous pria d'attendre qu'ils fussent remplis. Au bout d'un quart d'heure, le cellier nous fut ouvert, et je vous l'avoue, Messieurs, mon étonnement fut tel, qu'il le disputait à mon admiration. Une lumière éblouissante inondait l'enceinte où nous avions pénétré : cinq lustres à bougies, suspendus à la voûte, la répandaient à profusion de tous côtés ; un parquet convenablement entretenu couvrait le sol ; les casiers qui contenaient les bouteilles présentaient l'élégance et la richesse des décors qui distinguent les rayons d'une bibliothèque ; enfin, les salons les plus recherchés ne présentent pas un plus grand luxe que la cave où M. d'Estournel entasse avec amour son délicieux vin de Cos. "On croirait qu'on vient de lire un récit fantastique de Mille et une Nuits, et pourtant le créateur du congrès ne s'écartait en rien de la réalité. En effet, les chais de Cos-d'Estournel, que nous avons visités, nous ont offert le même aspect de magnificence et d'excellente tenue ; aussi, en admirant ce monument élevé à la gloire du vin médocain, n'avons-nous pu nous empêcher de donner nos plus sincères regrets à M. d'Estournel, le créateur, l'organisateur de ce vignoble de premier ordre. Hélas ! Comme tous les inventeurs, comme tous les créateurs des grandes et bonnes choses, M. d'Estournel a succombé sous le poids de son œuvre, sans pouvoir se récupérer des sacrifices énormes qu'il avait faits pour l'amélioration de la viticulture. Qui ne sait, à Bordeaux, que, pendant plusieurs années, les plus grands vins subirent sur tous les marchés une dépréciation ruineuse pour les propriétaires, dont plusieurs éprouvèrent alors des désastres ? M. d'Estournel fut de ce nombre, et son magnifique vignoble fut adjugé, en 1852, pour la somme de 1 150 000 francs, à M. Martyns, de Londres. Fort heureusement, la vigne médocaine avait trouvé dans ce riche et généreux étranger un protecteur digne de succéder à M. d'Estournel. M. Martyns, tout comme son voisin et compatriote, sir Samuel Scott, propriétaire de Château-Lafitte, sait user princièrement de son immense fortune, et il n'épargne aucun sacrifice pour améliorer les produits de son célèbre vignoble. De plus [...], M. Martyns a eu l'heureuse chance de trouver en M. J. Chiapella un gérant qui est à la fois un commerçant recommandable et un viticulteur des plus accrédités. Avec un tel administrateur, Cos-d'Estournel est entré dans une voie nouvelle de prospérité [...].

  • Documentation conservée au château Pomys

    D’après des recherches menées par Madame Cabane (Les Amis des Archives de la Gironde, section généalogie), vers 1988 ( ?).

    Notes manuscrites :

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Courrier à entête de l'Atelier de recherches et d'échanges Les Amis des Archives de la Gironde, section généalogie, Madame Cabane à Monsieur Arnaud au château Pomys, 8 octobre 1988.

    Mention des factures concernant la construction du château réalisé par G. Escarraguel, architecte à Pauillac ; Destournel aurait réalisé lui-même le plan du château ; Pomys vient des Maniban arrivé par mariage chez Destournel qui sont originaires du Quercy.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Notes manuscrites : récapitulatif Château Pomys.

    Mention de Poumeys dans l'inventaire après décès de Guy de Maniban, 3 janvier 1689.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Notes manuscrites de Madame Cabane (?).

    Le patronyme d'Estournel est entré dans la famille de Maniban par le mariage le 7 février 1673 à Bordeaux Ste Eulalie de Raymond de Lacoste seigneur d'Estournel en Quercy avec Marthe de Maniban, fille de Guy de Maniban président de la Cour des Aydes et Marie de Lavie ; la propriété de Poumeys appartient à la famille de Maniban d'après l'inventaire après-décès du Président en 1688 ; en 1758, partage des biens délaissés par Hélaine de Maniban, chanoinesse de Poussay, petite fille de Guy de Maniban : Guy Destournel Maniban (petit-fils de Raymond de la Coste et de Marthe) est bénéficiaire de Poumeys.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Arbre généalogique Guy de Maniban : notes manuscrites.

    Lignée de Louis Gaspard Destournel (1762-1853), fils de Guy d'Estournel de Maniban (1723-1791) et Marguerite Laforgue.

    Actes évoqués du 17e au 20e siècle :

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Contrat de mariage entre Raymond Lacoste d'Estournel et Marthe de Maniban, 10 janvier 1673.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Acquisition de Guy de Maniban de biens à St Estèphe issus de la succession Bonnefon, 10 avril 1676.

    Me Ferret.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Hommage de Raymond de La Coste seigneur d'Estournel époux de Marthe de Maniban pour sa maison noble de Montluc (St Sever), 13 juin 1687.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Inventaire après décès de Guy de Maniban, 9 novembre 1688.

    Me Banchereau ; 3 janvier 1689 (3 E 258) ; description de Poumeys?

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Inventaire suite au décès de Guy de Maniban le 9 novembre 1688, 3 janvier 1689.

    Son fils : Alphonse de Maniban, conseiller du roy en la cour des Aydes de Guyenne ; hostel à Bordeaux rue Bouhau, paroisse Ste Eulalie ; bourdieu la Croix Maron (dans la palue de Bordeaux) ; lieux appelés A Lauzac et A Lacoste (paroisse de Cenon) ; maison noble La Barrière (Artigues) ; maison à Libourne ; maison de Poumeis (St Estèphe) : sommes entrés dans le vestibule de la maison où nous avons trouvé un cabinet de bois de pin fort uzé à deux portes dans lequel il s'y est trouvé deux cuillères d'argent (...) ; sommes entrés dans la chambre à main gauche ; chambre où logeoit feu Monsr ; l'antichambre d'icelle ; la cuisine ; le cuvier de ladite maison avec 6 cuves, 2 qui écoulent 6 tonneaux chacune et les autres quatre tonneaux et demi chacune fort usées, un pressoir fort usé, une foulloire et six douils et 3 gargouilles, 6 bastes et 2 comportes, 2 enthonnoirs ; du cuvier sommes entrés dans le parq : 3 bœufs de médiane grandeur, 2 charrettes garnies avec deux araires ; dans le chay : 3 barriques de vidange, et de là sommes montés au grenier ; Maison A Geniquet paroisse de St Girons en Blayès ; inventaire des titres et papiers conservés dans le cabinet de la maison principale rue Bouhau à Bordeaux.Collection particulière (Château Pomys), non coté, Achats et permutation de biens à St Estèphe par Alphonse de Maniban : achat à Nicolas Leyse?, 25 novembre 1690.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Testament de Marie Lavie, 27 février 1691, Me Banchereau (3 E 283).

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Testament de Lancelot Joseph de Maniban, abbé commendataire de l'abbaye ND de Cognac, 1 mars 1698.

    Me Banchereau ; ouvert le 7 février 1700 ; succession réglée qu'en 1758 : c'est Guy de Lacoste de Maniban qui héritera de la maison de Poumeys (2 E 937b).

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Achats et permutation de biens à St Estèphe par Alphonse de Maniban : échange avec Jean Wouch, 18 octobre 1699.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, État de liquidation des biens délaissés par Guy de Maniban et Marie de Lavie établi à la demande de Guy Donissan de Citran contre Alphonse de Maniban héritier général et universel, 24 décembre 1706.

    2 E 934c.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Inventaire après décès d'Alphonse de Maniban, chevalier, seigneur de Saint-Felix et de la Bougraine, conseiller du roy en ses conseils et président en la cour des Aydes et finances de Guyenne (décédé le 31 janvier 1711?), 20 avril 1711.

    Son fils Guy de Maniban, donataire contractuel ; hôtel, rue Bouhaut paroisse Sainte-Eulalie (à Bordeaux?) ; bourdieu de la Croix Marron dans la palu de Bordeaux ; bourdieu A Lauzac dans la paroisse de Cenon entre deux mers ; bourdieu A Lacoste ; bourdieu de Poumeys dans la paroisse de Saint-Estèphe : "maison du bourdieu" : mention de l'inventaire qui y avait été fait le 14 janvier 1699 : avons trouvé tous les mêmes meubles meublants vaisseaux vinaires bestiaux et autres effets (...) à l'exception néanmoins des tapisseries ny en ayant aucune à présent, plus nous avons trouvé outre le contenu au susdit inventaire, un bœuf, deux cuves neuves, l'une écoulant 5 tonneaux et l'autre quatre (...) ; inventaire des titres et papiers.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Accord entre Messire Guy de Maniban et dame Hélène de Maniban, chanoinesse, comtesse de Poussey, sa sœur, 21 avril 1711.

    Me Banchereau (3 E 318).

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Lots de partage après décès de Dame Hélaine de Maniban, chanoinesse de Poussay, 13 mai 1728.

    1er lot : maison de Poumeys, partage qui ne prendra effet qu'en 1758, fonds Donissan de Citran ; "maison de Poumeys située dans la paroisse de St Estèphe en Médoc avec toutes ses appartenances, sans y comprendre les vaisseaux vinaires et meubles qui appartiennent à M. le Marquis de Lontendre ; évaluée à 54 000 livres.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Notes manuscrites : Registre des mariages et sépultures, paroisse St Eloy de Bordeaux (1754-8 février 1787) dressé par son curé Fourcade (AD Gironde, 4 E 464).

    Mariage de Guy de Lacoste d'Estournel, fils légitime de noble Honoré Lacoste Destournel de Maniban, seigneur de la maison noble de Pomès et de Caux habitant de Bordeaux paroisse Ste Colombe et de feue Marguerite Dubuisson, avec Marguerite Laforgue, fille de feu Jean Laforgue commandant pour le Roy au Camp de St Louis et quartier de la Cul ? et de Marie Barthelemy, 12 juin 1754.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Testament d'Honoré de Lacoste d'Estournel, 3 mars 1755.

    Me Benedict, notaire à Montcuq.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Notes manuscrites : registre des baptêmes, mariages et sépultures pour les années 1755 et 1756, paroisse de Saux? et St Martin son annexe (AD Tarn et Garonne 3 E 1150).

    Messire Honnoré de Lacoste Destournel est mort dans son château Destournel paroisse de St Martin le 21 octobre 1755.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Échanges réalisés par Guy Lacoste Maniban seigneur d'Estournel en sa maison noble de Poumeys, entre le 11 septembre 1758 et le 22 mars 1759.

    Me Moutardier.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Vente par Gérome en faveur de Mre Guy Destournel de Maniban, écuyer, seigneur Destournel et de partie des fiefs de Vallée et Roussillon en Médoc, demeurant à Bordeaux rue de La Lande, paroisse Ste Eulalie, 7 août 1775.

    C 4889? ; Rauzan notaire.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Échange de terres à St Estèphe, Guy d'Estournel de Maniban, 11 août 1779.

    2 E 1963 bis.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Mémoire pour la dame Marie-Sanny Gaston, épouse du sieur François-Armand Labory, agissant comme héritière sous bénéfice d'inventaire, de feu sieur Hyacinthe Gaston, son père, et le dit sieur Labory, partie au procès (…) demandeurs et appelans de 2 jugements rendus par le Tribunal de première instance de Lesparre le 21 août 1829 et le 9 juin 1831 contre le sieur Louis-Gaspard Destournel, juillet 1832.

    Document imprimé (59 pages) ; en 1802, le sieur Destournel sépara ses vins de Cos de ceux de Pommys qui jusque-là n'avaient fait qu'un même vin ; en 1822, le sieur Labory sépara aussi, pour la première fois, ses vins de Cos de ceux de Blanquet qui se fesaient ensemble ordinairement, et passaient dans le commerce sous le nom de Gaston. Il les classa au rang des 4e crus de Médoc, tandis que le sieur Destournel avait mis les siens au 3e rang : distinction tout à fait idéale, puisqu'il n'existe aucune différence dans ces vins, et que les négociants les estiment le même prix. C'est de cette époque que date le commencement de la jalousie du sieur Destournel, de ses tracasseries et du projet de s'emparer par empiètement d'une partie des propriétés de la famille Gaston (...) ; rappel de la succession complexe du sieur Gaston : sa veuve et sa fille encore mineure, mariée au sieur Labory, conseillés par Catherine Cascail, mariée en secondes noces au sieur Mandon, tonnelier du sieur Gaston ; mais cette dernière tenta de s'attribuer quelques pièces appartenant à la veuve Gaston ; le sieur Destournel fit de même : il aurait fait construire des échoppes sur un terrain devant la maison de la veuve Gaston qu'il lui avait cédé selon un accord verbal : elles masquent la maison de la dame Labory ce qui avait fait négliger d'en embellir l'entrée ; en 1826, la veuve Gaston décida d'"orner ce contour" du terrain qui entourait la maison ; nombreux procès engagés ; litige sur des bois situés à Fondgrand ; mention des lignes seigneuriales, tracées selon les indications données par une exporle ou reconnaissance féodale de 1733 concernant la seigneurie de Charmail ; mention de la seigneurie du sieur Guy Destournel, fief de Maniban ; PLAN.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Vente entre Pierre Berdot, cultivateur au village de Marbuzet, et sa fille Marie Bardet, cultivatrice, épouse de Raimond Bousquet, employé au lazaret, à Pierre Dumas, forgeron et à Magdelaine Berard son épouse, une bâtisse servant de cuvier avec un terrain? en place, au village de Leyssac, du levant de la route qui va au puits, au puisage duquel la dite bâtisse a droit, 8 juillet 1839.

    Pour la somme de 2000 frcs ; Roux : notaire.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Extrait de titres translatifs de propriétés dressé en exécution des articles 2183 et 2184 du code Napoléon, suivant contrat au rapport de M. Louis François Curt et de M. Pierre Castéja, notaires à Bordeaux à la date du 24 juillet 1852, 20 novembre 1852.

    Joseph Justin Roux, agissant en qualité de mandataire de M. Louis-Joseph-Gaspard Destournel, propriétaire, chevalier de la Légion d'honneur domicilié au château de Pomys : a vendu à M. Charles Cecil Martyns, rentier, demeurant à Paris, Hôtel Bristol, représenté par Jérôme Chiapella, négociant demeurant à Bordeaux :

    -le domaine de Cos d'Estournel, composé d'un château à trois pavillons, divers bâtiment d'exploitation, vigne, prairies, bois, taillis, jardin anglais, terre, barbotière et oseraie d'une contenance de 45 ha 7 a 10 ca dont 34 ha de vignes ;

    -le domaine de Pomys d'une contenance de 61 ha 88a 40 ca dont 29 ha de vignes, composé d'un château de construction récente, de vastes bâtiments d'exploitation, jardin anglais, garenne, cour, écuries, remises, vignes, prairies, terres labourables, oseraies, bois taillis et de haute futaie, pacage et chemin ;

    -le domaine de l'abbaye de L'Isle situé dans la commune d'Ordonnac, composé de prairies, terres labourables, vignes, bois taillis, maison, jardin, emplacement et oseraie, ce domaine est en un seul tenant à l'exception d'une pièce de bois qui en séparé : total de 65 ha, 34 a, 90 ca dont 5 ha de vignes ;

    -le domaine de Cos Gaston Labory consistant en maison de maître, bâtiment d'exploitation, chai, cuvier garni de ses vaisseaux vinaires, vignes, prairies, jardins anglais et d'agrément, landes , oseraie, jardin potager, bois taillis et terre, d'une contenance de 37 ha, 99 a, 65 ca dont 24 ha de vigne ;

    -le domaine de Bidilloux situé dans la commune de Cissac et par extension de celle de Saint-Sauveur avec maison de maître, cuvier, chai, logements de cultivateurs, hangar, parcs à bœufs et à vaches, écuries, parcs à brebis, terres labourables, grands pins, semis de divers âges, vignes, bois taillis, acacias, landes et autres masures de fonds ;

    Vente qui comprend tous les vaisseaux vinaires et le matériel ainsi que tout le mobilier meublant du château Pomys (voir inventaire du 24 juillet 1852?) et la récolte de l'année ; exempté de la vente : les deux voitures de M. Destournel et ses deux chevaux, le cheval de son domestique, tous les vins en barrique existant dans les chais qui resteront dans les chais pendant un an et les vins en bouteille du caveau particulier de M. Destournel ; M. Martyns doit laisser jouir M. Destournel pendant sa vie mais à titre de simple droit d'habitation de toute la partie du château de Pomys qui se trouve au midi, à partir du vestibule qui reste commun ainsi que la cuisine actuelle établie dans la partie nord dont l'usage sera aussi commun avec droit de passage dans le corridor intérieur pour arriver à cette cuisine ; de lui laisser aussi user du mobilier qui garnit la partie du Château de Pomys, dans laquelle il a le droit d'habiter, ainsi que des porcelaines, cristaux, objets de ménages et du linge ; de lui fournir provenant du jardin du domaine de Pomys les fruits et les légumes nécessaires à son usage ; de lui fournir également chaque mois et par douzième, la nourriture de ses trois chevaux qu'il aura le droit de loger dans les écuries du château, si mieux n'aime M. Martyns les nourrir lui-même avec les siens ; de lui laisser loger encore dans les remises du château les deux voitures qu'il s'est réservées ; enfin M. Destournel aura la faculté de se promener avec les personnes de sa maison et celles qu'il recevra chez lui dans les jardins, bois et agréments du domaine de Pomys ;

    Somme totale : 50786 frcs pour les frais de culture et autres débours réalisés par Julien Calvé aîné + un million de frcs (40000 pour le mobilier et 960000 pour les immeubles) ; nombreuses créances de M. Destournel pour une somme totale de 54000frcs ;

    Voir vente par M. Gaurens du domaine de Cos Labory à M. Destournel ;

    État des immeubles compris dans la vente : cuvier et chai du domaine de Pomys : 13 cuves cerclées en fer, pouvant écouler ensemble 180 tonneaux ou 1627 hl 20l, 4 pressoirs, 5 gargouilles cerclées en fer, 13 comportes cerclées en fer, 22 douils, 3 cerclées en bois et en fer, 44 bastes, 8 pelles en bois, 10 râteaux, 4 cannes, une presse avec sa vis et ses accessoires, 8 entonnoirs avec robinets, 3 fouets, 1 trompe en cuivre, 1 tire-esquive, bastes pour tirer au fin, une chaîne en fer pour rincer les barriques, deux baussets? pour percer les barriques, un soufflet pour le tirage au fin, une tarière, une asse de tonnelier, un grand soufflet pour le tirage au fin des foudres, un robinet en cuivre pour les cuves, un pour les foudres et deux pour les barriques, deux enclumes ?, 4 foudres cerclées en fer pouvant contenir 253 hl, 12 l ou 28 tonneaux, 2 entonnoirs neufs non garnis, 4 bidons ; les chais sont garnis de tins, cinq échelles pour les cuves, une machine pour percer les barriques, un moulin pour ? le blé, un autre moulin pour mâcher les graines pour les chevaux, quatre marmites en fer, quatre marmites en fer pour les vendanges, une paire de balances avec ses poids, 30 barriques de piquette, 73 paniers de vendanges, un couteau et un rouleau. Outils de jardinage (...) ; 5 paires de bœufs avec leurs jougs et accessoires, une paire de chevaux pour la charrue, 8 charrettes avec leurs cordes, 4 tombereaux pour les bœufs et un pour les chevaux, un charriot, une grande herse plate, une herse recourbée, 6 courbes à bœufs, 7 cabats, 6 consoles dont 5 garnies, 4 fourches en fer, 6 tridents?, 5 pelles en fer, un gros charriot à 4 roues pour les chevaux, une petite charrette à brancards ;

    Domaine de l'abbaye de l'Isle (...) ;

    Domaine de Bedilloux (...) ;

    Domaines de Cos d'Estournel et Cos Gaston Labory : 5 paires de bœufs avec leurs jougs et leurs autres accessoires, 7 charrettes, 5 tombereaux, 6 cabats, 7 courbes, 8 coutrilles et 6 coutres, 7 fourches en fer, 6 tridents, 5 pelles en fer ; cuviers et chais : 8 cuves cerclées en fer pouvant écouler ensemble 778hl 40l ou 85 tonneaux, un pressoir double et deux petits, une presse avec vis en fer et ses autres accessoires, 4 gargouilles cerclées en fer et une cerclée en bois, 11 douils les unes cerclées en fer les autres en bois, 8 comportes cerclées en fer, 3 grandes échelles et un tréteau pour le service des cuves, 4 entonnoirs cerclés en fer à robinets et 2 ordinaires, 2 paniers pour faire le vin, 7 pelles en bois, 15 râteaux, 25 bastes cerclées les unes en fer, les autres en bois, une canne cerclée en fer, 3 boustines, 2 petites cailles cerclées en fer, 72 barriques de piquette, une baille ? pour la faire, une échelle pour charger le vin, 23 tins pour les barriques, un ?, une tarrière, un soufflet pour tirer le vin, un tire esquive, un 3 pieds ;

    État des meubles meublants et des objets mobiliers :

    -domaine de Pomys, château, rez-de-chaussée : dans le vestibule : deux statues en plâtre sur un piédestal ; dans le salon de compagnie, dans le salon à manger, dans un corridor à côté, dans la cuisine, dans la souillarde, dans une petite chambre à côté, dans une chambre éclairée au levant et au midi, chambre à côté éclairée au couchant et au midi, Premier étage, dans une chambre éclairée au couchant et au midi ; dans une chambre éclairée au levant et au midi, petite chambre éclairée au levant, à côté de celle de M. Destournel, dont le mobilier n'est pas compris dans la vente, dans la salle de billard (billard en noyer), dans le corridor, dans une chambre à côté de la salle de billard éclairée au levant, dans une chambre à alcôve éclairée au levant, dans une chambre à côté éclairée au levant et au nord, dans une petite chambre éclairée au couchant, linge ; dans le jardin : 40 orangers, dans le chai : 240 barriques neuves de l'année dernière cerclées de fer, bois merrain et barriques commencées non terminées, 1000 litres de vin vieux mis en bouteille, 1000 bouteilles vides, 96 barriques de vidange ; dans la cour ; dans l'étable : 7 vaches, 2 génisses d'un an estimées ensemble 2000 francs, 1 taureau de 2 ans et 2 veaux ;

    -A la Marquette : 7 vaches, une génisse d'un an, un veau ; dans l'écurie : un cheval pour l'homme d'affaires, une selle, un petit char à bras ;

    -Domaine de l'abbaye de l'Isle (...) ;

    -Domaine de Bedilloux ;

    -Domaine de Cos d'Estournel et Cos Gaston Labory (seulement 10 chaises mentionnées, une petite chaudière en cuivre et 5 couteaux à manche de cuivre) ;

    Récoltes faites cette année sur les différents domaines ;

    Tableaux des inscriptions et hypothèques (voir 2 juillet 1845 succession d'Anne Pauty, veuve de Hyacinthe Gaston ; 11 mai 1826 voir acte passé chez Macaire à Bdx ; Jean Henri Gaurens, hypothèque du 17 avril 1848 et acte chez Macaire 7 février 1849 ; hypothèque 8 mars 1852/inscription 9 avril 1852 Guillaume Escarraguel 8926 frcs.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Actes sur la succession de JLG d'Estournel acceptée sous bénéfice d'inventaire par Marie-Thérèse Lambert Desgranges, née Dupérier de Larsan, 1853 ( ?).

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Échanges de parcelles de vigne entre Mme Errazu et les époux Eyssan, 8 janvier 1874.

    Me Lamena, Pauillac.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Échanges de parcelles de vigne entre Grazillon et Dumas, 22 juillet 1908.

    Me Vialard, Pauillac.

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Vente du château Pomys par la Société des Grands Vins de Pauillac à M. Pullum, 3 février 1939.

    Étude de Me Peyrelongue à Bordeaux ; Société des Grands Vins de Pauillac (installée aux Tourelles) dissoute par l'AG extraordinaire du 28 janvier 1938 ; château Pomys, cru bourgeois, consistant en château, maisons de régisseur et de domestiques, hangar, chai, cuvier, écurie, remise, grange, parc, terres, luzernes, vignes, jardin au lieu-dit Bocq ;

    Origines de propriété : Max Louis Paul Véro et Mme Anne Pierrette Juliette Pauline Mathieu (acte de vente chez Antoine Peyrelongue le 21 octobre 1936) ; Louis Pene et Suzanne Brubala (acte de vente chez Me Charbonnel à Lesparre le 4 septembre 1926) ; Laurent Ginestet et Marthe Anne Juliette Darnat (Me Vialard à Pauillac et Me Charbonnel à Lesparre, 1er décembre 1921 et 29 décembre 1921) ; Louis Charmolue et Marie Thérèse Hostein (3 février 1918 : avec Cos d'Estournel) ; vente des héritiers de Joachim Marie de Errazu à Jean Jules Hostein Jeune et à Jean Hostein (père de Mme Charmolue) son frère les domaines de Cos et le château Pomys 29 juillet 1899, Me Dumas à Pauillac).

    Collection particulière (Château Pomys), non coté, Vente du château Pomys par M. Pullum à M. Arnaud, propriétaire demeurant à Leyssac, 28 février 1951.

    Me Garraud, Pauillac ; une pièce de vigne détachée du domaine de Château Pomys, d'une contenance de 4ha 38 a 75 ca sur laquelle se trouve édifié au nord un corps de bâtiment comprenant : étable, écurie, remise et hangar, le tout en mauvais état destiné à être en partie démoli, vaste cour entre les bâtiments et la dite pièce de vigne et encore vaste cour au nord (section E 3115 et 3118).

  • Archives

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1835 à 1862, Demande de M. Destournel d'acquérir l'ancien chemin vicinal dans la traverse du village de Cos, depuis le coin du mur de l'ancienne écurie de M. Laborie jusqu'à la jonction de la route de Pauillac à Lesparre sous l'offre de donner plus d'ouverture à un autre chemin qui se trouve entre le mur de la cour des anciens bâtiments de M. Laborie et ceux de M. Destournel, 1849/03/07.

    Dans ce cas, M. Destournel aurait à se conformer ponctuellement au tracé du plan pour les constructions qu'il se propose de faire aux deux côtés du chemin ; accord donné par le conseil municipal.

Références documentaires

Documents figurés
  • Fonds d'Arlot de Saint-Saud, Villes et châteaux. Dossiers de documentation par ordre alphabétique : C : Cos d'Estournel (...).

    Archives départementales de la Gironde : 9 J 252
Bibliographie
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

    p. 173
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1898, revue et augmentée de 450 vues de châteaux viticoles (7e édition).

    p. 220
  • DANFLOU Alfred. Les grands crus bordelais, Bordeaux : Librairie Goudin, 1867, t. 1 et 2.

    p. 55-59
  • ERNST. Itinéraires à Royan et Arcachon ou bains de mer du bassin de Bordeaux. Bordeaux : P. Chaumas libraire, 1856.

    p. 67
  • FRANCK William. Traité sur les vins du Médoc et les autres vins rouges et blancs du département de la Gironde. Bordeaux : P. Chaumas, 1871 (7e édition).

  • GALARD Gustave (de). Album vignicole ou vues des châteaux et propriétés produisant les vins des meilleurs crus du Médoc et autres lieux du département de la Gironde. Bordeaux : de Logé, 1835.

  • GINESTET Bernard. Saint-Estèphe. Paris : Nathan, 1985. (Le Grand Bernard des vins de France).

    p. 72-73 et 116-120
  • LORBAC Charles (de). Les richesses gastronomiques de la France. Les vins de Bordeaux. I partie. Crus Classés, illustré par Charles Lallemand. Paris : Hetzel, [vers 1868].

    p. 87
  • "Rapport de M. de Camiran sur le casier de M. Destournel, et sur le bouchage des bouteilles de M. Eyquem", Actes du Congrès des vignerons français : 2e session tenue à Bordeaux le 18 septembre 1843.

    p. 139
  • RENOY Georges. Les étiquettes de vin, un monde merveilleux. Paris : Editions Berger-Levrault/Rossel, 1981.

    p. 164
  • SAINT-AMANT Pierre-Charles (de). Le vin de Bordeaux. Promenade en Médoc (1855). Paris-Bordeaux, 1855.

    p. 104-107
  • STOERK J. Bordeaux et ses vins. Album de 25 photographies complété par un tableau du classement des grands vins de la Gironde. Bordeaux : Chaumas, 1868.

  • THOUIN Gabriel. Plans raisonnés de toutes les espèces de jardins. Paris : Imprimerie de Lebègue, 1820.

Périodiques
  • PRATS, Jean-Marie. "Louis-Gaspard d'Estournel, le maharadjah de St-Estèphe". L'Amateur de Bordeaux, n° 24, 1989.

    p. 32-39.
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Steimer Claire - Beschi Alain