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Château Cantemerle

Dossier IA33007736 réalisé en 2014

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

  • Ferme
    Macau, Métairies de Cantemerle, 6-10 chemin de Cantemerle
Parties constituantes non étudiées remise agricole, parc, orangerie, portail, pilier, vivier, maison, sous-sol
Dénominations château
Aire d'étude et canton Sud Médoc Estuaire
Adresse Commune : Macau
Lieu-dit : Cantemerle
Adresse :
Cadastre : 1810 C1 58 ; 1843 C2 255 ; 2013 AS 52
Précisions


L'ancien château à motte, siège de la seigneurie médiévale de Cantemerle, était situé sur la commune voisine de Ludon-Médoc, au sud des métairies dites de Cantemerle. Le château actuel semble avoir été construit au lieu-dit "Sauves", à la suite d'un déclin du premier, à la fin du Moyen Âge voire au 16e siècle. Tout au long du 16e siècle, une famille de notaires, les Saugves, habite Macau. Ce patronyme pourrait être mis en relation avec le lieu.

La construction du château pourrait dater de la fin du 16e siècle ou du début du 17e siècle, époque à laquelle Jean de Villeneuve, conseiller au Parlement et seigneur de Cantemerle (après 1591), épouse Antoinette de Durfort (en 1596). Cette alliance matrimoniale prestigieuse et le titre de seigneur de Cantemerle pourraient coïncider avec la construction, à l'emplacement de l'actuel château, d'une demeure de campagne. La famille de Villeneuve-Durfort possède le domaine jusqu'après la Révolution et tout au long du 19e siècle.

Les plans cadastraux de 1810 et 1843 mentionnent "le château de Sauve(s)". Celui de 1810 montre un corps de bâtiment en L avec une aile en retour ruinée (?) dont seule l'extrémité semble subsister. Au nord-ouest, d'importants bâtiments complètent le logis.

En 1835, l'illustration publiée dans l'ouvrage de Gustave de Galard confirme cette disposition en L du logis donnant sur une cour fermée par un muret avec portail à piliers et deux pavillons d'angle avec chaînage harpé. Couvertes de toitures de tuile, les deux ailes à étage et aux façades percées de cinq travées présentent une tourelle d'angle en encorbellement ; il s'agirait de la partie la plus ancienne conservée, datable du début du 17e siècle, similaire à celle du château d'Issan (Cantenac). L'état actuel de cette tourelle pose question : maçonneries entravant une partie de la vis, escalier interrompu... Sa hauteur impliquerait l'accès à un niveau supérieur et donc un corps de logis plus élevé. Certains disent qu'elle aurait été rapportée de l'ancien château.

Toujours sur la même gravure, le logis est complété de bâtiments de dépendance à l'ouest. Le château est alors désigné sous le nom de Cantemerle appartenant au baron de Villeneuve.

Sur le plan cadastral de 1843, on retrouve la même disposition mais les bâtiments de dépendance à l'ouest ont été largement réorganisés et augmentés.

En 1854, Henry Ribadieu fait état de constructions effectuées par le baron de Cantemerle (peut-être Jean de Villeneuve-Durfort) concernant deux "tourelles qui sont l’œuvre de M. Dufau". Si Ribadieu passe à Cantemerle dans les années 1850, ces tours, qui n'apparaissent pas sur le plan cadastral de 1843, sont donc récentes, au point qu'il en mémorise le nom de l'architecte. Il s'agit probablement de Théodore-Henri Duphot, auteur de la mairie de Cantenac en 1851. Édouard Guillon indique que "les dernières restaurations dues à M. de Villeneuve sont de 1851" ; le registre des augmentations/diminutions mentionne une construction fortement taxée et achevée en 1852. Ces travaux on modifié une partie de l'ancien corps de logis : l'aile occidentale est amputée de deux travées.

En 1863, le parc est agrémenté d'un "chalet", toujours visible en bordure de route à l'est.

La photographie de l'album d'Alfred Danflou publiée vers 1867 et la gravure de l'ouvrage de Cocks et Féret en 1868 représentent la demeure avec ses deux nouvelles tours. La propriété appartient à cette époque à Mme D'Abadie de Villeneuve de Durfort.

En 1876, un grand pavillon est greffé sur la façade sud de l'aile nord du logis par le "comte de Villeneuve", illustré dans l'édition de 1881 de l'ouvrage de Cocks et Féret. Les charpentes (plus aigües) et les toitures (en ardoise) sont remaniées : plusieurs lucarnes sont ajoutées sur la façade nord du logis. Un grand escalier est aménagé pour relier l'ancien bâtiment au nouveau pavillon ; les deux pavillons de jardin sont détruits.

En 1892, le domaine passe à Théophile-Jean Dubos, puis à ses descendants qui le gardent jusqu'en 1981, date de la reprise par les mutuelles du groupe SMABTP. À la fin de la décennie, le château est restauré. Les dernières restaurations (façades) datent de 2006.

Période(s) Secondaire : 1er quart 17e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Dates 1852, daté par source
1863, daté par source
1876, daté par source
Auteur(s) Auteur : Duphot Théodore Henri,
Théodore Henri Duphot (1810 - 1889)

Père d'Abel Valentin Duphot


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architecte, attribution par source

Le château Cantemerle se situe au sud de la commune, en retrait par rapport à la route (D2), entouré de vignes au nord et d'un parc boisé au sud.

Le domaine est entouré de grilles et de portails au sud et à l'est ; il se compose d'un château et de dépendances séparées (chais, cuvier, orangerie, écuries, parc, vivier).

La partie habitable est un corps de logis de plan en L prolongé aux extrémités par des tours circulaire (sud) et carrée (est) ; une tourelle d'escalier en encorbellement est greffée à l'angle des deux ailes du logis. Un grand pavillon rectangulaire est accolé sur la façade sud de l'aile nord, donnant sur la cour, puis le parc. Un corps de bâtiment vient s'ajouter à l'angle nord-ouest. Sur la façade occidentale de l'aile ouest, un rez-de-chaussée est surmonté d'une terrasse.

Les corps de bâtiment sont à étage carré. La toiture côté nord est percée de lucarnes éclairant un étage de comble. Le grand pavillon et les tours se développent sur deux étages carrés et un niveau de comble (excepté la tour circulaire percée de trous d'envol).

La tourelle en encorbellement s'appuie sur une trompe bombée en légère saillie. Son emprise a modifié le gabarit de la fenêtre qui la jouxte. L'escalier est éclairé par une fente verticale ainsi que par trois baies en arc surbaissé pour la partie supérieure.

L'ensemble des fenêtres du corps de logis possède de simples moulures tandis que le grand pavillon et la tour carrée présentent des décors soignés (corniches à denticules, guirlandes, chambranles à crossettes, bossage, tables décoratives, lucarnes à volutes et fronton triangulaire...).

L'aile ouest présente des ouvertures à encadrements à bossages un-sur-deux.

L'escalier principal est éclairé en façade (au nord) par une baie en plein-cintre.

À l'ouest se trouve l'orangerie composée d'une façade à cinq travées. Chaque baie est encadrée de pilastres surmontés d'une corniche à denticules. Elle est accolée, à l'ouest, à un bâtiment bas à une ouverture par façade (chambranles à crossettes, corniche denticulée).

Le parc qui se développe au sud est entrecoupé d'allées et traversé par un vaste vivier et pièce d'eau orientés est-ouest. Ce dernier est agrémenté d'un pont dont les garde-corps en bois sont sculptés.

Un chalet, au bout du vivier, fait face à la D2.

Murs calcaire pierre de taille bossage
Toit ardoise
Étages 2 étages carrés, étage de comble, en rez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvertures toit en pavillon croupe
toit à longs pans
toit conique
toit bombé
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
escalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis sans jour, en maçonnerie
Jardins groupe d'arbres
Techniques sculpture
Représentations fronton, guirlande, agrafe, denticule, pilastre, volute, pomme de pin, cercle
Précision représentations

Le grand pavillon et les tours sont surmontés de corniches à modillons.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Etat des revenus de M. De Villeneuve, conseiller au Parlement, 1754-1755

    Pour Macau, Ludon dehors.

    "100 j. de vigne en grave à faire 40 t. de vin le meilleur et du plus fort prix de la paroisse, 200 l. et 250 l. ; 3 métairies en grave à 2 p. de boeufs chacune en froment et en seigle. Les trois rendent à la part du maître 200 boisseaux ; 36 j. de bois de haute futaye ; 75 j. bois taillis à faire chaque année deux milliers de fessonnats. Plus 6 t. de vigne en palue à donner 40 t. de vin à 120 l. ; 30 j. pré en plaine aussi à 60 charretées de foin. Enfin quelques rentes seigneuriales d'un très mince produit.

    Macau, jurisdiction.

    25 j. de vigne à 25 t. de vin à 130 l. ; 2 j. vime".

  • Extrait de la notice des châteaux de la Gironde d'Henry Ribadieu, 1856

    Ribadieu parle de transformations ou plutôt de restaurations qui sont dues [EN NOTE] : "aux plus grands architectes que nous ayons eu depuis Louis. Deux des anciennes tourelles ont été reconstruites, et sont l’œuvre de M. Dufau ; le chai a été bâti par M. Corcelles, et le cuvier par M. Dufart [...]".

  • Extrait de la notice des châteaux vinicoles d'Edouard Guillon, 1867

    "Les dernières restaurations dues à M. Villeneuve sont de 1851, depuis le château n’a pas changé de physionomie. Après la mort de M. de Villeneuve, il appartint à Mme d’Abadie et à M. de la Vergne, qui le possèdent encore…

    Le château de Sauves est un édifice élégant affectant la forme d’une équerre, et présentant deux corps-de-logis, à la jonction desquels est un tourillon qui paraît appartenir au XVIIe siècle ; aux deux ailes du château sont : d’un côté, un pavillon carré ; de l’autre, une tourelle ronde. Le tout surmonté de pignons aigus. Cet édifice est isolé parmi des parterres et des cours ; puis, au Nord et à l’Ouest, s’étendent des bâtiments immenses encadrant plusieurs vastes cours. Dans la première se trouvent : le logement du régisseur, les écuries, le cuvier et le grand chai ; dans l’un sont les pressoirs et dix à douze grandes cuves ; l’autre peut contenir 200 tonneaux de vin, toutes les barriques par terre, sur six rangées ; ce qui produit un bel effet.

    Dans une autre cour sont deux autres chais : l’un est pour les vins vieux, dont les barriques sont encarrassées à plusieurs étages ; dans l’autre sont les vins de choix qui sont mis en bouteilles pour l’expédition. Il y a dans cette même cour un atelier de menuiserie pour la fabrication des caisses ; puis viennent des hangards et d’autres constructions désignées sous le nom de servitudes. Le tout apparaît de loin comme un grand village. C’est une des belles installations vinicoles du Médoc […] ».

Références documentaires

Documents d'archives
  • Matrices cadastrales : Augmentations et diminutions, 1853-1890.

    Archives départementales de la Gironde : 3P
  • "Documents sur la fortune privée au XVIIIe siècle, communiqués par M. Nicolaï. Election de Bordeaux. Etat du vingtième des biens fonds des officiers du Parlement (Archives de la Gironde, C 3018)". Archives historiques de la Gironde, t. 44, 1909.

    p. 390-391
Bibliographie
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1868 (2e édition).

    p. 106
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1893 (6e édition).

  • COURTEAULT Paul. "La mère de Montaigne". Revue Archéologique de Bordeaux, vol. 27, 1934.

  • DETHIER Jean (dir.). Châteaux Bordeaux. Paris : Centre de création industrielle [Centre Georges Pompidou], 1988.

    p. 253
  • GUILLON Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde. Bordeaux : Coderc, Dégréteau et Poujol, 1866-1869, tomes 1 à 4.

    t. 2, p. 65-70
  • MALVEZIN Théophile. Michel de Montaigne, son origine, sa famille, Lefebvre, Bordeaux, 1875.

    p.117-119
  • MERIC jean-Pierre. De Ségur à Phélan. Histoire d'un vignoble du Médoc. Bordeaux : Presses Universitaires de Bordeaux, 2007.

    p. 229-234
  • MICHEL Francisque. L'histoire du commerce et de la navigation à Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, en 2 tomes, 1867-1870.

    t. 2, p. 25-27
  • RIBADIEU Henry. Les châteaux de Gironde : mœurs féodales, détails bibliographiques et traditions, légendes, notices archéologiques. Episodes de l´histoire de Bordeaux au Moyen Age et dans les derniers siècles - état actuel des domaines. Paris : Chez E. DENTU (Librairie), 1856.

    p. 105-117
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