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Château Calon-Ségur

Dossier IA33007495 réalisé en 2013

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Précision dénomination château viticole
Appellations Calon-Ségur
Parties constituantes non étudiées orangerie, chapelle
Dénominations château
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Hydrographies Gironde la
Adresse Commune : Saint-Estèphe
Lieu-dit : Calon-Ségur
Cadastre : 1825 A2 398 à 411 ; 2015 OA 2068 à 2075, 127 à 131, 26

La maison noble de Calon dépendait au Moyen Âge du seigneur de Lesparre. Plusieurs actes concernent les seigneurs de Calon : au 14e siècle, on trouve mention du seigneur Gombaud, de sa petite-fille Salhida (Assalide) de Calon qui épouse Raymond de Pommiers.

Ce nom est étroitement lié à la paroisse qui apparaît dans les textes les plus anciens sous le nom Sanctus-Stephanus de Calones.

Au 15e siècle, leur petite-fille Létice de Pommiers épouse Jean de Lur, qui devient seigneur de Calon. Puis leur fille Jacquette de Lur épouse Pierre de Marsan le 10 juillet 1497. Devenue veuve, il semble qu'elle fut contrainte de vendre Calon pour payer les dettes de son fils Jean : Pierre de Valier achète la maison noble de Calon le 30 juillet 1530 pour la somme de 9000 francs bordelais.

Au 16e siècle, son fils Joseph de Valier est dit seigneur de Calon, et la fille de celui-ci, Esther, épouse le 18 août 1590 Jean de Gascq, fils de Guillaume de Gascq et de Beatrix du Puy.

Au 17e siècle, leur petite-fille Jeanne de Gascq épouse en premières noces Joseph de Pommiers puis, devenue veuve, se marie avec Jacques de Ségur le 7 octobre 1670 : ils ont deux fils, Alexandre (1674-1716) et Pierre de Ségur (1676-1743).

En 1695, Alexandre de Ségur (fils de Pierre de Ségur et de Marie Rocaute) épouse Marie Thérèse de Clauzel, héritière du domaine de Latour à Pauillac. En 1715, il achète le domaine de Lafite. Son fils, Nicolas Alexandre de Ségur (1697-1755) est le célèbre "prince des vignes", surnom que lui aurait donné Louis XV : il réunit entre ses mains les domaines de Latour, Lafite, et y ajoute en 1718 Mouton et Calon-Ségur. Il fut président à mortier au parlement de Bordeaux.

On peut penser que c'est lui qui fait construire le château de Calon, afin d'affirmer son ascension sociale et la puissance de sa famille. Des éléments du décor du 18e sont peut-être conservés à l'intérieur : cheminées à coquille, dessus-de-portes peints, lambris, ferrures.

L'une de ses filles, Marie-Thérèse (1723-1759), épouse le 10 novembre 1742 Alexandre de Ségur-Calon (1718-vers 1773), cousin germain de son père, conseiller au parlement de Bordeaux, puis prévôt de Paris. Un procès verbal de saisie du château daté du 23 octobre 1764 indique une procédure entre Da Costa et Alexandre de Ségur.

Nicolas-Marie-Alexandre (fils d'Alexandre, né en 1744-mort en émigration) dilapide son héritage aux jeux et ses biens sont saisis et vendus aux enchères le 6 mars 1778 (AD33 2 Mi 1156). Etienne Théodore Dumoulin acquiert ainsi la terre de Calon pour la somme de 300.500 livres, achat contesté par la famille Cazaux, déboutée le 22 juillet 1779.

Etienne Théodore Dumoulin meurt en 1808 (succession AD 33 3 E NC 3865 ; acte de partage du 11 mai 1808 Me Roumégous) ; ses propriétés restent en indivisis jusqu'à la vente par licitation du 14 septembre 1812 (Me Brannens AD 33 3 E 48641).

Le 6 mai 1824 chez Me Brannens, Calon est vendu à Pierre Firmin Lestapis, rentier demeurant à Bordeaux, pavé des Chartrons (AD33 3 E 48671). D'après les augmentations et diminutions du cadastre, il opère en 1872 une augmentation de construction d'une "maison", correspondant à l'aile de l'orangerie.

Georges Capbern Gasqueton, qui avait hérité du domaine de Capbern à la mort de son père, achète en 1894 - en association avec Charles Hanappier, oncle de sa femme - le château Calon Ségur, mitoyen de Capbern, formant ainsi un exceptionnel ensemble. Il meurt en 1922, laissant cinq fils. On lui doit certainement des remaniements dans le château : réfection des lambris, aménagement des deux volées d'escalier en bois, installation de la bibliothèque.

La propriété reste dans la famille Gasqueton jusqu'en 2012, date à laquelle elle est vendue au groupe d'assurances Suravenir, filiale du groupe Crédit mutuel Arkea.

Période(s) Principale : 2e quart 18e siècle
Secondaire : 2e moitié 19e siècle

Le château est situé au nord-ouest du bourg de Saint-Estèphe, sur une "croupe" de vignes, dominant les zones basses du chenal de Calon au nord.

Il se compose d'un corps de logis principal à toiture de tuiles creuses, encadré de deux pavillons aux toits brisés en ardoise. Une aile basse en retour d'équerre au sud-ouest abritait, semble-t-il, l'orangerie.

La façade sud compte 5 travées d'ouvertures en arc segmentaire, délimitées par des jambes à bossage ; l'étage est séparé du rez-de-chaussée par un bandeau mouluré. Certaines fenêtres présentent des allèges traitées en ressaut. La travée centrale est surmontée d'un fronton triangulaire avec volutes en amortissement. Les pavillons présentent le même type d'ouverture ; les toitures sont dotées de lucarnes à fronton en plein-cintre. La pavillon est abritait une chapelle, comme l'indique la croix sculptée au-dessus de la porte.

La façade nord, côté jardin, présente 8 travées d'ouvertures qui ne sont pas disposées régulièrement. Des contreforts épaulent les maçonneries ; les baies présentent des encadrements en pierre de taille traités en ressaut. Cette façade donne sur une terrasse avec un escalier permettant d'accéder aux jardins.

L'intérieur s'organise autour d'un vestibule central qui dessert deux salons de part et d'autre. L'escalier est rejeté à l'arrière sous la forme de deux volées divergentes en bois.

L'aile sud-ouest est percée à l'est et à l'ouest de portes cintrées ; cette aile est complétée au sud par un pavillon couvert d'une toiture en tuiles creuses, avec comble à surcroît abritant un pigeonnier (oculus et trous d'envol).

Murs calcaire moellon enduit
Toit ardoise, tuile creuse
Étages 1 étage carré, étage de comble
Couvrements
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit en pavillon
toit à longs pans croupe
Techniques sculpture
Représentations fronton, volute

Estuaire

TRAVEE 5
FORBAIE arc segmentaire (porte) ; arc segmentaire (fenêtre) ; chambranle mouluré (porte) ; chambranle mouluré (fenêtre)
POSPARC en retrait
POSTOPO terrasse intermédiaire
ORIENT sud
VUE vue étendue
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Documentation complémentaire

    -Lépicier, Jules. Archives historiques du département de la Gironde, 1888-1889 (voir Gallica)

    p. 267 : n° LXXIII, 24 juin 1492 : Traité entre Alain, sire d'Albret, et Jean, son fils, roi de Navarre, d'une part, et Pierre de Lur, vicomte de Longa, agissant au nom des enfants de son frère Jean, seigneur de Calon, d'autre, au sujet de la terre et seigneuriede Puynormand.

    Bibliothèque nationale. Collection Doat, vol. 225, f°56. Communiqué par M.A. Communay, transcrit par Dupont.

    -Baurein, tome 1, p.298

    Maison noble de Calon

    Cette maison est dans la Paroisse de Saint-Estèphe en Bas-Médoc, auprès d'un marais qu'on appellera ici de Verteuil, et auprès de la levée de Saint-Corbian. Le nom de cette maison paroît trop analogue à celui de Calones, que portoit anciennement la Paroisse de Saint-Estèphe, pour ne pas leur attribuer une seule et même origine. On hasardera ici quelques idées, qu'on soumet volontiers au jugement du Public, qui sera le maître de les admettre ou de les rejeter, selon qu'il les trouvera plus ou moins fondées. On observera d'abord, qu'anciennement il existait un chenal qui traversoit le marais de Verteuil depuis son extrêmité vers le couchant, jusqu'à la rivière de Gironde, où il avoit son embouchure. En second lieu, que ce chenal étoit assez spacieux pour que des petites barques, que nous appelons Chaloupes, pussent y entrer et en sortir aisément. Cette idée n'est pas dépourvue de fondement. Il y a encore à présent un lieu dans ce marais, auprès le la levée de Saint-Corbian, qui retient le nom de Calupeyre. Or les matelots de Pauillac, paroisse voisine de Saint-Estèphe, appellent encore à présent (en langage du pays), Calup, ce que nous appelons chaloupe en François. D'un autre côté, si on consulte le Dictionnaire Celtique de M. Bullet, on trouve que les mots cal, calon, signifoient bois anciennement ; et calones, des petits vaisseaux qui portoient du bois aux soldats. Que conclure delà ? Sinon que les petits vaisseaux ou chaloupes, qui entroient en ce chenal, y alloient prendre leurs charges de bois, dont les Paroisses qui bordoient ce chenal, ou qui en étoient voisines, étoient anciennement beaucoup plus pourvues qu'elles ne le sont maintenant, et que c'est ce qui a occasionné, selon les apparences, les dénominations de Calon et de Calones, qui sont trop analogues pour n'avoir pas la même origine.

    Quoi qu'il en soit, la maison noble de Calon, qui est mouvante de la Seigneurie de Lesparre, en étoit autrefois un des principaux fiefs. Le propriétaire de cette maison jouissoit anciennement de cette prérogative singulière de conduire par la Ville, en tenant le mors du palefroi sur lequel étoit montée la Dame de Lesparre, lorsqu'après son mariage elle y faisoit sa première entrée solemnelle ; c'étoit ce seigneur qui aidoit cette Dame à descendre lorsqu'elle étoit arrivée au château de Lesparre, aussi le palefroi et tout son harnois restoient-ils à ce Seigneur.

    Il paroît par la charte dont ces faits sont extraits, que la maison noble de Calon avoit appartenu anciennement à des Seigneurs nommés Gombaut de Lesparre, qui étoient de la branche cadette des anciens Seigneurs de Lesparre ; ces Gombaut avoient eu, selon les apparences, la maison de Calon pour leur apanage. Assalide, fille et héritière d'un de ces Gombaut, avoit épousé un R. de Pomiès, et ce fut en sa faveur que fut dressée la charte qui maintient ses descendants seigneurs de Calon dans le droit dont on vient de parler.

    Le fils de cette Assalide, qui, dans un titre du 8 octobre 1382, est qualifié Noble, en Gombaut de Pomeys, Donset, c'est-à-dire, Damoiseau, étoit Seigneur de Mauvesin et de Calon. Il paroît par un titre du 14 juillet 1481, que cette maison appartenoit pour lors à Noble et puissant Seigneur Messire Jean Delur, qui possédoit d'ailleurs dans le Médoc les Seigneuries de Podensac et de Semignan. Noble homme Pierre de Marssan, Ecuyer, Seigneur de Roquefort en partie, étoit aussi Seigneur de Calon en Médoc, suivant un titre du 5 août 1511. La maison de Calon a appartenu dans la suite à MM. de Gascq, et dans ce siècle-ci à M. le Président Ségur. elle appartient maintenant au sieur Du Moulin.

    Notes et preuves concernant la maison noble de Calon : il résulte d'une charte du 10 juin 1362, que Florimond, seigneur de Lesparre, reconnut que les descendants de Messire Gombaud de Lesparre, Chevalier, devoient jouir des droits suivans, en qualité de seigneurs de Calon : transcription de la charte.

    -Promenade en Médoc, 1855, p. 108.

    Dans les crus classés de Saint-Estèphe, il n'y a que Calon-Ségur, à M. Lestapis ou Phélan, qui produit davantage, et un fort bon vin balloté entre la troisième et la quatrième classe, suivant l'année. Ce domaine est tout à fait princier. A part ses vignes, dans les bois et les prairies qui baignent le littoral du fleuve sont des retraites délicieuses et agréablement variées. Le château, d'une forme élégante, a été remis à neuf et les bâtiments consacrés à la manutention des vendanges, sont des mieux entendus : chemin de fer, engrenages, grues, poulies, cuves recouvertes des pressoirs, rien ne manque pour la conversion en liquide des trésors enlevés aux pampres des coteaux. Là se trouvent résumés les meilleurs procédés de pressurage et de coulage. On peut appeler cuviers et chais modèles ceux dont on a apprécié les détails si bien entendus à Calon-Ségur.

    -Ribadieu, 1856, p.58

    Transcription de la charte datée du 10 juin 1352 qui donne droit de harnais et de palefrois au seigneur de Calon.

    -Danflou, vers 1868, p.105

    (...) M. le président Ségur en fit plus tard l'acquisition, et ce cru devint alors un grand dignitaire ; mais il était dans une sorte de décadence lorsque M. Firmin Lestapis l'acheta, en 1825, 600000 francs, somme très considérable à cette époque, où les vins du Médoc n'avaient pas atteint les hauts prix qu'ils obtiennent aujourd'hui.

    Château Calon est une des plus magnifiques habitations de Saint-Estèphe ; Cos-d'Estournel a des clochetons comme une pagode indienne ; mais M. Lestapis peut leur opposer des constructions somptueuses, ombragées de beaux arbres, entourées d'une verdoyante pelouse, de terrasses, de rampes sculptées, et le tout dans une position admirable. Calon est un des palais de la vigne girondine, et le visiteur y trouve toutes les prévenances de l'hospitalité la plus distinguée (...).

    -Saint-Estèphe, Bernard Ginestet, 1985, p. 110.

    (...) Selon la petite histoire rapportée par plusieurs chroniqueurs et Alexis Lichine dans son Encyclopédie des Vins, c'est le Prince des Vignes qui disait volontiers : "Je fais du vin à Lafite et à Latour, mais mon coeur est à Calon". Cette phrase est gravée sur la voûte de la cour du château. Elle expliquerait le cœur sertissant l'étiquette de Calon-Ségur. L’explication est charmante. Je suis tenté d'y souscrire. Mais il est également possible que ce cœur fut issu de l'étampe à feu qui marquait autrefois les fûts de grands crus avant leur expédition. on retrouvait souvent le symbole conventionnel du cœur sur les fonds des barriques, assorti de chiffres et initiales propres à authentifier l'origine. Le cœur surmonté du chiffre "4" aurait alors représenté le tonneau bordelais de quatre barriques comme le cœur anatomique est composé de quatre parties (...).

    -Synthèse historique fournie par le château.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Mémoire sur l'histoire de la terre de Lesparre et extraits relatifs à ses revenus, faits en vue d'en préparer la vente, 1501-1600, manuscrit.

    [numérisé et consultable en ligne sur Gallica]

    fol. 44 Bibliothèque nationale de France, Paris : Département des manuscrits, Français 5516
Documents figurés
  • Calon Ségur, app. à M. Lestapis (Firmin). Com. St Estèphe : [dessin] / [Stahl], Dessin à la mine de plomb ; 18,2 x 24 cm, Collection Destailleur Province, t. 9

    Bibliothèque nationale de France, Cabinet des estampes, Paris : EST RESERVE VE-26 (N)
Bibliographie
  • BAUREIN Abbé. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Labottière (frères), imprimeur libraires, 1784, t.1.

    p. 192-194
  • BUTEL Paul. Grands propriétaires et production des vins du Médoc au XVIIIe siècle. Fédération Historique du Sud-Ouest, XVIe congrès. Le Médoc. 1964.

    p. 143
  • DANFLOU Alfred. Les grands crus bordelais, Bordeaux : Librairie Goudin, 1867, t. 1 et 2.

    p. 105-107
  • GALARD Gustave (de). Album vignicole ou vues des châteaux et propriétés produisant les vins des meilleurs crus du Médoc et autres lieux du département de la Gironde. Bordeaux : de Logé, 1835.

  • GINESTET Bernard. Saint-Estèphe. Paris : Nathan, 1985. (Le Grand Bernard des vins de France).

    p. 108-112
  • GUILLIER Henry. Les grands vins de la Gironde illustrés. Libourne-Bordeaux, s.d. [vers 1910].

    planche 77
  • HIGOUNET, Charles (dir.). La seigneurie et le vignoble de Château Latour, histoire d'un grand cru du Médoc (XIVe-XXe siècle). Bordeaux : Fédération historique du Sud-Ouest, 1974, 2 tomes.

  • LORBAC Charles (de). Les richesses gastronomiques de la France. Les vins de Bordeaux. I partie. Crus Classés, illustré par Charles Lallemand. Paris : Hetzel, [vers 1868].

  • RIBADIEU Henry. Les châteaux de Gironde : mœurs féodales, détails bibliographiques et traditions, légendes, notices archéologiques. Episodes de l´histoire de Bordeaux au Moyen Age et dans les derniers siècles - état actuel des domaines. Paris : Chez E. DENTU (Librairie), 1856.

    p. 56-59
  • SAINT-AMANT Pierre-Charles (de). Le vin de Bordeaux. Promenade en Médoc (1855). Paris-Bordeaux, 1855.

    p. 108
Périodiques
  • AKA Michel. "Etienne Théodore Dumoulin père et fils, et les domaines de Calon-Ségur et Montrose-Ségur". Les Cahiers Méduliens, n°57, janvier-juin 2012.

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