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Château Branaire-Ducru

Dossier IA33004811 réalisé en 2011

Fiche

Œuvres contenues

Précision dénomination château viticole
Parties constituantes non étudiées cuvage, chai, orangerie, logement
Dénominations château
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Pauillac
Adresse Commune : Saint-Julien-Beychevelle
Lieu-dit : Beychevelle
Cadastre : 1825 D2 427 à 438 ; 2011 C3 1668, 1669

Le château Branaire dépendait du domaine de Beychevelle jusqu'en 1666, date à laquelle l'ensemble des biens du dernier duc d'Epernon revinrent à la couronne. La propriété fut vendue à Jean-Baptiste Braneyre en 1680 qui la transmit à ses petits-enfants, les Duluc. C'est probablement à Louis Duluc que l'on doit la construction du château en 1824 ; à la même époque, son frère Justin, propriétaire du château d'Issan à Cantenac, fait intervenir les architectes Hyacinthe Laclotte et Raymond Rieutord pour quelques travaux. Ces mêmes architectes auraient également conduit le chantier de Branaire. Un plan conservé à la bibliothèque de Bordeaux semble indiquer une intervention sur la façade postérieure du château avec l'adjonction d'une terrasse entre deux pavillons latéraux. L'aile nord du château ainsi que les bâtiments de dépendance qui forment une cour en U sont probablement plus anciens (constructions en moellons enduits et vestiges de baies en arc segmentaire). Le plan cadastral napoléonien de 1825 montre la disposition des bâtiments en U et autour de deux cours. En revanche, l'allée principale et l'allée nord ne sont pas percées. En 1850, la production est de 150 tonneaux. A partir de 1868, le domaine passe entre les mains de Gustave Ducru qui le conserve jusqu'en 1879. Ses neveux, M. le comte A. Ravez et M. le marquis de Carbonnier-Marzac, prennent le relai. L'orangerie et l'aménagement du parc doivent dater de la 2e moitié du 19e siècle. Le domaine appartient depuis 1988 au groupe familial Maroteaux. Une cuverie par gravitation est aménagée en 1991 et un nouveau chai à barriques en 1992.

Période(s) Principale : 4e quart 18e siècle
Principale : 1er quart 19e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Dates 1824, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Laclotte Hyacinthe, architecte, attribution par travaux historiques, attribution par source
Auteur : Rieutord Raymond, architecte, attribution par source, attribution par travaux historiques

Situé sur une croupe de vigne, le château est à proximité de la route Bordeaux-Pauillac. On y accède par une allée qui donne sur une cour formée par le château et les deux ailes de dépendance en retour d'équerre. Le château à étage carré présente une façade orientale à 9 travées, la travée centrale se distinguant par un porche à colonnes à chapiteaux ioniques et à corniche denticulée, des pilastres à chapiteaux corinthiens à l'étage et par un fronton triangulaire percé d'un oculus. Sur l'ensemble de la façade règne une corniche à modillons qui souligne également le fronton. Les baies sont à linteaux droits et chambranles moulurés, excepté la porte principale en plein-cintre. De part et d'autre, deux ailes en rez-de-chaussée correspondent à l'ancien chai (au sud) et à un espace habitable (au nord) : cette partie correspond peut-être à la chartreuse d'origine, complétée au début du 19e siècle par la demeure actuelle. La façade postérieure présente le même nombre de travées mais est formée d'un rez-de-chaussée formant avant-corps et rythmée par trois travées, une au centre et deux aux extrémités, qui opèrent un décrochement par rapport au mur de l'étage. Les travées latérales encadrées de pilastres sont surmontées de frontons triangulaires. La travée centrale forme au rez-de-chaussée un porche avec une grande arcade reposant sur des colonnes. Ces travées présentent des tables décoratives en brique situées sous les baies de l'étage. A l'est, les ailes de dépendance disposées en retour d'équerre ont subi de nombreux remaniements : elles devaient abriter des logements secondaires et des espaces de service. Le chai et le cuvier étaient à l'origine installés dans le vaste bâtiment qui se déploie en retour d'équerre vers l'ouest. De nouveaux chais et cuviers ont été construits au sud du domaine. Les cuves en acier inoxydable, thermorégulées de tailles différentes adaptées au parcellaire, sont installées de manière à permettre leur remplissage par gravité. Au nord, une cour formée par des bâtiments de dépendance a été largement remaniée pour servir de zone de stockage et pour abriter les machines agricoles.

Murs calcaire
enduit
pierre de taille
moellon
Toit tuile creuse
Étages 1 étage carré, en rez-de-chaussée
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
croupe
États conservations bon état
Techniques sculpture
Représentations fronton pilastre denticule

Estuaire

TRAVEE 9
FORBAIE arc plein-cintre (porte) ; chambranle mouluré (porte) ; chambranle mouluré (porte) ; plate-bande (fenêtre)
POSRUE en alignement
POSPARC en retrait
POSTOPO sommet
ORIENT est
VUE vue étendue
CLOT allée d'arrivée ; piliers de portail
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • ARCHIVES

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1792 : contributions mobilières et foncières.

    -28 (?) octobre 1793

    (...) sommes allés directement chez le citoyen Duluc, sommes entrés accompagnés de la citoyenne Chillot épouse du citoyen Duluc aîné en une chambre à côté de la salle à manger où un scellé était apposé sur un bureau ; la citoyenne Chillot nous ayant remis la clé en main, avons ôté le dit scellé et fait (?) l´ouverture du dit bureau ; après vérification faite, n´avons trouvé d´autres papiers que relatifs aux affaires de famille lesquels avons mis à la disposition de la citoyenne Chillot ; sortant de la dite chambre sommes entrés dans la chambre du citoyen Duluc du côté de la façade du midi où y avons reconnu le scellé apposé sur une armoire et sur un secrétaire ; nous ayant remis les clés en main avons brisé (?) le scellé et avons fait l´ouverture des dits armoire et secrétaire (...). De la chambre du citoyen Duluc aîné sommes montés en une chambre au premier façade côté du midi où il y avait un scellé apposé à un bureau (...).

  • Extrait des ouvrages de Bordeaux et ses vins (Cocks et Féret)

    COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Paris : V. Masson et fils, 1868 (2e édition).

    p. 133

    Le domaine de Branaire, connu sous le nom de Branaire-Du-Luc, auquel il était échu en partage depuis 1825, l'avait mis sur un pied de production magnifique. Ce domaine est aujourd'hui dans les mains d'un de ses parents, M. G. Ducru, dont l'expérience en matière de vinification, et les soins qu'il apporte à la culture de ce vignoble sont bien connus du commerce de Bordeaux (...).

    Le vignoble, composé de 50 hectares environ, est situé parmi les plus belles croupes graveleuses de la commune de Saint-Julien, près de Gruaud-Larose et de Beaucaillou. Sa production est de 130 à 160 tonneaux d'un vin qui se distingue par une richesse de sève rare, beaucoup de souplesse, un délicieux parfum et une grande fermeté.

    L'étendue totale du domaine en vignes, prairies, marais et landes, est de 280 hectares.

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1881 (4e édition).

    p. 182

    (...) Ce domaine qui a été ensuite et jusqu'en 1879 la propriété de M. G. Ducru, est aujourd'hui dans les mains de ses neveux, M. le comte A. Ravez et M. le marquis de Carbonnier-Marzac, qui y suivent les traditions de leur oncle, dont l'expérience et les soins, en matière de culture et de vinification, surtout, sont bien connus du commerce de Bordeaux (...).

    L'étendue totale du domaine en vignes, prairies, marais et landes, est de 220 hectares.

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 2007 (18e édition).

    p. 587

    Le château Branaire, connu sous le nom de Branaire-Ducru, devint une parcelle détachée du domaine de Beychevelle lorsqu'à la mort de Bernard de La Valette, duc d'Epernon, ses biens furent remis à la couronne de France en 1666. Il fut acquis en 1680 par Jean-Baptiste Braneyre qui le légua à ses petits enfants, les du Luc.

    Louis du Luc, auquel il échut en partage en 1825, le mit sur un pied de production magnifique. En 1855, Branaire-Ducru est ainsi classé dans l'aristocratie des Grands Crus, la seule qui lui manquât alors. Le domaine, qui est jusqu'en 1879 la propriété de Gustave Ducru, est ensuite celle du marquis Carbonnier de Marzac, du vicomte du Périer de Larsan et du comte et de la comtesse J. de la Tour, dont l'expérience et les soins en matière de culture et de vinification étaient bien connus du commerce de Bordeaux et de l'étranger. Le domaine est vendu à des tiers en 1919. Depuis 1988, il appartient à un groupe familial français présidé par Patrick Maroteaux.

    Depuis 1991, la vinification s'effectue dans un cuvier moderne fonctionnant par gravité.

    Propriétaires successifs et production d'après les éditions de Bordeaux et ses vins (Cocks et Féret)

    Cocks 1850 : Duluc, 140 tonneaux.

    Cocks 1868 : Branaire-du-Luc (Ducru) : 130 à 150 tonneaux.

    Cocks 1874 : Branaire-du-Luc (Ducru) : 130 tonneaux ; illustration p. 153.

    Cocks 1881 : Branaire-du-Luc (Cte A. Ravez et Marquis de Carbonnier-Marzac) : 130 tonneaux ; illustration p. 183.

    Cocks 1893 : Branaire-Ducru (Comte A. Ravez et Marquis de Carbonnier de Marzac) : 130 tonneaux ; illustration p. 198.

    Cocks 1898 : Branaire-Ducru (Comte A. Ravez et Marquis de Carbonnier de Marzac) : 130 tonneaux ; illustration p. 199.

  • Château Branaire (fascicule). Saint-Julien-Beychevelle : Château Branaire, s. d.

    Extraits :

    Jean-Baptiste Braneyre, propriétaire au village de l'Oeil Nègre, notaire royal à Saint-Laurent et juge des baronnies de Lamarque et Beychevelle (fin 17e) ; sa fille Marie Braneyre épouse Pierre du Luc, conseiller du roi Louis XV (début 18e) : leur fils, Laurent du Luc, naît en 1730. Plus tard, il épouse Marie de Chillaud des Foeux de Larenchère, fille d´un officier d´infanterie au régiment de la Rive. Laurent procède alors à des achats de terres sur Saint-Julien et Cussac.

    1793 : arrestation de Laurent du Luc, de son frère et de son épouse ; en 1803, au décès de sa mère, Laurent hérite des biens estimés à 154 000 francs ; il meurt en 1814 pendant la campagne de France de Napoléon. Sa femme achète en 1817 au Bourdieu une maison basse et en 1824, ses fils, Louis et Justin Duluc, y font construire le château actuel par les architectes Hyacinthe Laclotte et Rieutord.

    Mort de Louis Duluc en 1856, il était depuis 1825 le seul propriétaire : n´ayant pas d´enfants, le château revient à son épouse, son frère, sa sœur et ses neveux.

    En 1873, le château appartient à Gustave Ducru et à sa sœur Zélie Ravez ; Gustave rachète la part de sa sœur mais meurt en 1879. Zélie devient donc propriétaire jusqu´à sa propre mort en 1889. Trois neveux héritent : le marquis de Carbonnier de Marzac, le comte Ravez et le comte du Périer de Larsan, député de la Gironde. Ce dernier, à la suite d´échanges, laissa le château au comte Tristan du Périer de Larsan et à sa fille la comtesse Joseph de la Tour. Le domaine est vendu en 1919.

Références documentaires

Bibliographie
  • Château Branaire (fascicule) . Saint-Julien-Beychevelle : Château Branaire, s. d..

  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Paris : V. Masson et fils, 1868 (2e édition).

    p. 133-134
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1908 (8e édition).

    p. 142-143
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1969 (12e édition).

    p. 328-329
  • DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais. Bordeaux, s.d. [1867].

    tome 2, p. 17-18
  • DETHIER, Jean. Châteaux Bordeaux. Paris : Centre de création industrielle [Centre Georges Pompidou], 1988.

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