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Château Belle Rose, actuellement Château Pédesclaux

Dossier IA33005615 réalisé en 2012

Fiche

  • Vue d'ensemble.
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  • Parties constituantes

    • cuvage
    • chai
    • portail
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Á rapprocher de

Précision dénomination château viticole
Appellations Belle Rose
Parties constituantes non étudiées cuvage, chai, portail, latrine
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Pauillac
Adresse Commune : Pauillac
Lieu-dit : Padarnac
Cadastre : 1825 C2 495 ; 2012 AP 113, 313

Une pierre, certainement utilisée en remploi, porte la date 1755 : elle est située dans l'escalier menant au caveau.

D'après l’étude réalisée par David Souny, le domaine de Padarnac apparaît pour la première fois en 1794 dans la succession du défunt François Mondeguerre, ancien notaire de Pauillac, qui le possédait déjà lors de son mariage en 1770. La propriété portait alors le nom de « Domaine de Padarnac » et fut vendue par ses héritiers en 1797 à Louis Audinet, négociant à Bordeaux.

Louis Audinet se sépare de Padarnac dès 1804 au profit de Jeanne Mamy avec laquelle il venait de divorcer. En 1818, Thomas Bayle, juge de Paix à Bordeaux, achète la propriété : l’acte de vente précise que "tous les bâtiments étaient dans un état de dégradation avancé qui exigeait de grandes réparations".

Le plan cadastral de 1825 représente le bâtiment donnant sur une cour à l'ouest, formée par deux ailes de dépendance. Le château est donc probablement construit entre 1818 et 1825.

En 1842, le fils de Thomas Bayle revend le domaine à Jacques Bichon dont la famille reste propriétaire jusqu’en 1929 (Bichon, puis Bichon-Rabère après 1863 et enfin, Dupeyrat, du nom des héritiers jusqu’en 1929). L'édition de l'ouvrage de Cocks en 1868 mentionne d'ailleurs le domaine "A Padarnac" appartenant à Bichon-Rabère et produisant 60 à 70 tonneaux. D'après les augmentations et diminutions du cadastre, Jacques Bichon réalise plusieurs augmentations de construction sur la parcelle C495, en 1860 puis en 1868 (revenu passant de 75 à 90 francs).

En 1881, ce même propriétaire est à la tête du Château Padarnac qui produit 75 tonneaux.

Une illustration des bâtiments de vinification figure sous le titre Château de Padarnac dans l'édition de 1929 : on y voit un cuvier de type médocain, à étage, équipé d'un treuil pour charger la vendange. En 1929, la veuve de Jacques Dupeyrat (petit-fils de Jacques Bichon) cède la propriété, alors appelée « Château Belle-Rose Padarnac - Pauillac », à deux négociants en vin Bordelais, Raymond Dupin et Henri Fourcade.

Des cartes postales de la 1ère moitié du 20e siècle représentent la demeure sous le nom Château Belle-Rose. Pendant la guerre, le domaine est confié en fermage à Lucien Jugla. Dans l'édition de 1949 de Bordeaux et ses vins, on ne trouve plus mention de Château Padarnac mais de Château Belle-Rose appartenant à H. Fourcade.

En 1960, Lucien Jugla achète le domaine et le réunit avec celui de Pédesclaux acquis quelques années. Château Belle-Rose devient alors le second vin du Château Pédesclaux. À sa mort, la propriété est transmise à ses cinq enfants qui la conservèrent jusqu’en 2009. Des remaniements ont été apportés au château : une photographie de la demeure en 1974 indique que l'aile nord était alors en rez-de-chaussée ; elle a été surélevée, peut-être en 1999, date à laquelle le cuvier en inox est installé ; la salle de dégustation et le chai sont aménagés en 2003. En 2007, des travaux de réaménagement sont achevés permettant une ouverture au public.

Le domaine, qui comptait 26 hectares de vignes, est vendu en 2009 à Françoise et Jacky Lorenzetti qui procédent à une importante refonte de la propriété. Le vignoble de Pédesclaux est étendu par l’acquisition du Château Haut-Milon (13 hectares). D’autres achats et une réorganisation des parcelles portent aujourd’hui le vignoble de Pédesclaux à une cinquantaine d’hectares. En 2015, d'importants travaux de modernisation ont été réalisés par l'architecte Jean-Michel Wilmotte : la demeure a été enveloppée de parois de verre sombre. Un nouveau cuvier a été construit.

Période(s) Principale : 3e quart 18e siècle
Principale : 1er quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 2e moitié 20e siècle
Principale : 1er quart 21e siècle
Dates 1755, porte la date
Auteur(s) Auteur : Wilmotte Jean-Michel, architecte, attribution par source

La demeure est située dans le hameau de Padarnac, sur les hauteurs de Pauillac. Sa façade principale donne à l'ouest, tandis que la façade est s'ouvre vers la Gironde. Le corps principal de logis à étage, coiffé d'un toit en pavillon en ardoise, est composé de trois travées. La travée centrale est surmontée d'une lucarne avec ailerons à volutes. Deux bandeaux médians, dont l'un formé par les appuis des fenêtres de l'étage, séparent les deux niveaux. Les fenêtres du rez-de-chaussée sont à plate-bande tandis que celles de l'étage présentent un chambranle mouluré. Les chaînages d'angle sont traités en pierres de taille en bossage. De part et d'autre du corps central, les ailes latérales à étage carré présentent un toit terrasse. La façade postérieure reprend le même ordonnancement : les baies sont toutefois différentes. Celles du rez-de-chaussée sont en arc segmentaire, tandis que l'encadrement et l’allège des fenêtres de l'étage traités en continu forment un léger ressaut. La travée centrale est dotée d'une porte-fenêtre avec balcon. A l'intérieur, un vaste hall abrite un escalier à double volée soutenu par des colonnes en fonte. Un accès permet d'aller dans un caveau voûté aménagé aujourd'hui en salle de dégustation. Une tourelle indépendante du logis et situé à l'angle sud-ouest est couverte d'un toit à bulbe en zinc et devait abriter des latrines. Les bâtiments de vinification se trouvent à l'ouest du logis. Leur fonction a évolué au cours des différents remaniements (l'ensemble a été détruit et remplacé par un nouveau cuvier). Des logements d'ouvriers complètent l'ensemble (en partie détruits).

Murs calcaire
enduit
pierre de taille
moellon
Toit ardoise
Étages 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures terrasse
toit en pavillon
Escaliers escalier intérieur : escalier en fer-à-cheval, en maçonnerie
Typologies cuvier médocain
États conservations restauré
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Etude et documents fournis par David Souny

    David Souny : www.histoiresdepierres.fr

    - AD Gironde, 3 E 24 309, 13 pluviose an V (1er février 1797) : Louis Audinet achète le domaine de Padarnac aux enfants et héritiers de François Mondeguerre pour un montant de 87.000 livres (dont 27.000 de mobilier).

    "1er - Le bien et domaine appellé Padarnac situé susdite commune de Pauillac, bordant la rivière de Gironde, département du même nom, consistant en maison principale pour le maître, logement des cultivateurs, chai, cuvier, granges, parcs et autres bâtiments accessoires et nécessaires à l'exploitation dudit bien, cour, jardin, vignes en plusieurs pièces, prairies, aubarèdes, oseraie et autres nature de fonds, le tout contigü et ne formant qu'un tènement traversé par des sentiers et chemins de service à l'usage dudit bien seullement, de la contenance d'environ 200 sadons mesure de Médoc (...)

    2e - Une maison située au bourg principal de ladite commune de Pauillac, consistant en rez-de-chaussée, cour, étage et grenier au-dessus, telle que le père des vendeurs l'a acquise en l'année 17092, de Jean Lacombe marchand audit Pauillac.

    (...)

    Objets mobiliers :

    1 - Une paire de bœufs, les charrettes, outils aratoires, instruments d'agriculture et de jardinage, vaisseaux vinaires, gros et menus, étant dans ledit bien de Padarnac.

    (suite inventaire).

    - AD Gironde, 3 E 31 396, 8 germinal An XII (1804) : Louis Audinet revend le domaine de Padarnac à Jeanne Mamy (avec laquelle il vient de divorcer) pour un montant de 45.000 Francs (dont 5.000 pour le mobilier).

    "Le domaine appelé Padarnac (...), composé :

    1 : De la maison de maître avec terrasse, chai et cuvier garni des vaisseaux vinaires dont le détail sera cy-après, cour, grange et autres cours, maison du valet et jardin, jardin du maître avec terrasse, parc à cochon, chambre du jardinier, hangard pour coucher les vendangeurs, chai à bois, bûcher, caves, cavot de provision, deux fournières dont une meublée d'un bugeoir (?), maison du jardinier, poulailler, écurie, deux puits et autres dépêches (...).

    Vaisseaux vinaires et autres effets mobiliers :

    1- Cinq cuves écoulant la totalité, 43 tonneaux dont 2 de 12 ? chacune cerclée de six cercles de fer ??

    Deux grands pressoirs en chêne dont un neuf montés sur leurs supports en pierre et en chêne ;

    Deux grandes gargouils ;

    Cinq douils grands et petits ;

    12 bastes ;

    3 entonnoirs à tuyau de cuivre ;

    3 comportes ;

    3 cribles en fer ;

    deux paniers à pressoir ;

    Trois cannes cerclées en fer ;

    Six losangers (?) avec leurs caises cerclées ;

    12 barriques vieilles pour piquette ;

    Trois araires garnis en fer

    Un bugeoir (sic) en terre dans la fournière et ustensile pour le four ;

    2 grandes chevrées (?) en chêne pour les chais et cuvier ;

    Deux échelles pour cuvier et jardin ;

    Dix pelles de bois pour le cuvier ;

    4 râteaux et 5 griffons (?) ;

    5 canelles en cuir ce pour les cuves (?) ;

    finalement trois étampes en fer.

    (...)

    - AD Gironde, 3 E 31 461, 20 juillet 1818 : Jeanne Mamy vend le domaine de Padarnac à Thomas Bayle, juge de paix à Bordeaux, pour un montant de 40.000 francs.

    "Le domaine appelé Padarnac (...), composé :

    1 : De la maison de maître avec terrasse, chai et cuvier garni de ses vaisseaux vinaires, cour, granges et autres cours, maison du valet et jardin, jardin du maître avec terrasse, parc à cochon, chambre du jardinier, hangard pour coucher les vendangeurs, chai à bois, bûcher, caves, cavot de provision, deux fournières, maison du jardinier, poulailler, écurie, deux puits et autres dépêches (...).

    Il est observé que tous lesdits bâtiments sont dans un état de dégradation qui exige de grandes réparations.

    (...) de la vigne haute à l'ouest du portail de la cour ;

    (...) la fontaine, peupliers d'Italie.

    - AD Gironde, 3 E 36 735, 29 décembre 1841 : Pierre Dominique Théophile Bayle vend le domaine de Padarnac à Jacques Bichon pour 60.000 francs.

    Domaine appelé de Padarnac (...), consistant en maison de maître, bâtiments d'exploitation, logement des cultivateurs, cour, jardins, vignes, terres, prairies, oseraies, bois taillis et autres natures de fonds, le tout d'une contenance approximative de 13 ha, 70 a.

    - AD Gironde, Conservation des hypothèques de Lesparre, vol.663 & 665 art.82 - janvier 1897 : Catherine Bichon et Michel Rabère procèdent au partage anticipé de leurs biens entre leurs deux héritiers : leur fils Antoine Rabère et Jacques Dupeyrat, fils de Catherine Bichon issu de son premier mariage. La propriété appelée Château de Padarnac est alors partagée en deux parts égales entres les deux demi-frères ; les donateurs conservant l’usufruit sur une grande partie de la maison d’habitation.

    "1- Château de Padarnac (...), comprenant maison de maîtres, maisons de vignerons, bâtiments d'exploitation et de servitudes, jardins, fontaines, terres, prés, vignes, bois, landes et marais d'une contenance d'environ 12 ha (...)

    2- Maison à Pauillac, rue Bertrand Murat, n°1, faisant l'encoignure de cette rue où elle porte le numéro un et de la rue qui longe l'église composée de caves, rez-de-chaussée comprenant trois pièces au premier étage et grenier confrontant du nord à la maison, portant sur la rue Bertrand Murat le numéro 3 murs partout mitoyens du midi à la rue longeant l'église du levant aux servitudes de la maison portant le n° 5 sur la rue Bertrand Murat murs mitoyens dans toute la hauteur de la maison , avec explication qu'il existe dans le haut du mur de la maison présentement désignée un jour qui devra être complètement fermé, le jour où l'attributaire de la maison ci-après désigné viendrait à faire construire à la hauteur de ce jour ; et du couchant par sa façade à la rue Bertrand Murat.

    3- Maison à Pauillac rue Bertrand Murat n°3 : comprenant rez-de-chaussée servant d'atelier de serrurerie, cuisine, salle à manger, cour à la suite avec puits mitoyen avec M. Adoue (?), chai et servitudes dans la cour avec premier étage, ladite maison donnant par un retour d'équerre sur la rue qui longe l'église ce qui fait qu'elle contourne la maison rue Bertrand Murat n°1. Elle confronte dans son ensemble du nord à Mad. Lamire, murs partout mitoyens du midi partie à la maison rue Bertrand Murat n°1 murs mitoyens entre deux et pour le surplus par le retour d'équerre dot il est ci-dessus parlé à la rue qui longe l'église du couchant par sa façade à la rue Bertrand Murat et pour le surplus par retranchement à la maison rue Bertrand Murat n°1 murs mitoyens entre deux du levant à la maison de Adoue murs mitoyens (...)

    Réserve d'usufruit de toute la partie midi du Château de Padarnac : une cuisine au rdc, une salle à manger aussi au rdc, deux chambres à coucher immédiatement au dessus de la salle à manger et de la cuisine une petite chambre au premier dans laquelle on est obligé de passer pour aller dans les deux autres, le caveau à vin, le droit de service (?), latrines et de promenade dans tout le jardin qui entoure le château de Padarnac et tout le grenier du pavillon. Il est expressément convenu à ce sujet que la partie du grenier du pavillon qui donne au couchant sera séparée par une cloison en briques de façon à former deux chambres de domestiques dont chacune devra avoir sa porte fermant à clef et sera éclairée par une ouverture dans la toiture du pavillon (...).

    - AD Gironde, Conservation des hypothèques de Lesparre - 13 mai 1929. La veuve de Jacques Dupeyrat, Alix Coucharrière, vend la propriété alors appelée « Château Belle Rose – Padarnac » à Raymond Dupin et Henri Fourcade, négociants en vin à Bordeaux.

    "Un corps de bâtiment comprenant une maison d'habitation couverte en ardoises, élevée sur vastes caves, de rez-de-chaussée, premier étage, grenier dit pavillon, petit bâtiment au nord en forme de rez-de-chaussée comprenant une cuisine, une pièce servant de bureau, deux salles à manger et autre pièce servant de cuisine pour vendanges et à la suite, aussi attenants, bâtiments à usage de cuvier, chai, écurie, remise, hangar, tonnellerie, avec vastes greniers à fourrages au-dessus du chai et de l'écurie et terres en vignes, luzernières, prés, verger, jardins et cours dans laquelle se trouve un bâtiment à usage de buanderie, d'une superficie : les vignes d'environ 4 ha 13a 61 ca ; et les autres terres d'environ 80 ares. Le tout en un tenant situé à Padarnac, commune de Pauillac, dénommé "Château Belle-Rose-Padarnac-Pauillac".

    (...) Trois maison de vignerons attenantes avec emplacement au couchant (sur lequel est un petit arc en pierres compris dans la vente) au midi et au levant situées au village de Padarnac ; confronte au nord à une maison de vignerons du domaine de Pontet-Canet mur mitoyen (...).

    Dans la partie midi de l'emplacement se trouve une petite construction en pierres servant de water-closets pour les trois maisons de vignerons vendues et pour les deux maisons de vignerons du domaine de Pontet-Canet. Ces trois maisons de vignerons ont droit de puisage au puits du village aux charges de droit, et pour aboutir tant à ce puits qu’aux dits emplacements, les trois maisons de vignerons vendues ont droit de passage sur l'emplacement qui est au couchant des deux maisons de vignerons de Pontet-Canet.

    (...) Les immeubles par destination suivants se trouvant dans les bâtiments d'exploitation : trois cuves, une presse, deux pressoirs, une grue pour douils, un cheval, charrette et tombereau, outils agricoles et de chai ; droit de puisage aux charges de droit au puits qui est dans une pièce de vigne appartenant à M. Manoux (pièce du puits) ; et le droit exclusif à l'étampe des vins ainsi libellée : "Château Belle-Rose-Padarnac-Pauillac-Dupeyrat".

Références documentaires

Bibliographie
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : 2e éd. Féret, 1868.

    p. 138
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1881 (4e édition).

    p. 192
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : 10e éd. Féret, 1929.

    p. 262-264
  • SOUNY, David. Histoire du Château Pédesclaux, étude historique, février 2013 (document pdf).

Périodiques
  • SOUNY, David. "Le Château Pédesclaux, 5e Grand Cru Classé (Pauillac)", Les Cahiers Méduliens, n°70, décembre 2018.

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