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Château Angludet

Dossier IA33003087 réalisé en 2010

Fiche

Œuvres contenues

Précision dénomination château viticole
Appellations château Angludet
Parties constituantes non étudiées chai, cuvage, écurie, parc
Dénominations demeure, manoir
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Cantenac
Lieu-dit : Angludet
Cadastre : 1826 B 240 à 262 ; 1978 B 441, 443

La mention la plus ancienne d’Angludet remonte à une charte d'Édouard II d’Angleterre de 1313, qui stipule que la maison noble d’Angludet relève à foi et hommage de la seigneurie d’Audenge, placée dans les limites de la châtellenie de Blanquefort. Le domaine est acheté en 1350 par Rampnol de Corn, bourgeois et marchand de Bordeaux. En 1474, un acte mentionne l’appartenance de la maison à Jean de Treulon, "noble homme, damoiseau". Puis par héritage, la maison passe à Ramond de Makanan et reste dans cette famille anglaise jusqu’en 1631, date à laquelle Marc de Jousset, écuyer, en devient propriétaire.

Au 18e siècle, le domaine passe entre les mains de la famille Demons. A la mort de Jacques Demons, en 1744, il est partagé entre ses quatre neveux et nièces. Puis en 1754, M. Le Gras, ancien colon et capitaine de cavalerie à Saint-Domingue, achète Angludet et constitue un vignoble.

Les bâtiments sont représentés sur un plan de 1771 : le logis adopte un plan en U formant une cour fermée par un mur au sud, accompagné d'autres constructions à l’est. Le domaine se compose de prairies au nord qui longent la jalle, de vignes et de landes au sud et de terres à l’est. On distingue une tour, probablement un pigeonnier, ainsi qu'un moulin à vent. Les accès nord et ouest sont dotés d’un pont enjambant la jalle et bordés d’une allée arborée. Cette configuration est conservée sur le plan cadastral de 1826.

De cet ensemble, seuls deux corps de logis au nord et à l'ouest sont conservés, l'aile ouest a été détruite. Le logis à étage (nord), construit peut-être à la fin du 17e siècle ou au 18e siècle, conserve un escalier rampe sur rampe en pierre. Le corps de logis en rez-de-chaussée (ouest) a probablement été remanié à la fin du 18e ou au début du 19e siècle (porte). Le bâtiment abritant le cuvier porte la date 1784 sur le pignon nord. Il figure sur le plan cadastral de 1826, composé d'une succession de parcelles, indiquant une série de logements. Il aurait été transformé en cuvier au cours du 19e siècle.

Par mariage, l'ensemble revient dans la 1ère moitié du 19e siècle à Victor d’Anglade, alors maire de Cantenac. L'édition de 1850 de l'ouvrage de Cocks et Féret, mentionne Roborel de Lamolère, Danglade et Legras propriétaires à Angludet. Le classement de 1855 consacre le domaine parmi les 4e grands crus classés.

A la fin des années 1880, Jules Jadouin reconstitue le domaine et y apporte des améliorations. En 1891, il fait appel à l'architecte Ernest Minvielle pour bâtir un chai comme l’indique la date inscrite sur la façade. Un plan de 1896 correspond vraisemblablement à un projet d'agrandissement avec l'ajout de trois chais sur le même modèle. Il n'a, semble-t-il, jamais été réalisé. En revanche, une écurie et une bouverie, dont les plans sont datés de 1897, ont été édifiés au sud du domaine.

Au cours du 20e siècle, différents propriétaires se succèdent jusque dans les années soixante, époque à laquelle le domaine est acheté par Peter Sichel dont le travail est perpétué par ses fils.

Période(s) Principale : 1er quart 14e siècle , (détruit)
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Dates 1784, porte la date
1891, porte la date
Auteur(s) Auteur : Minvielle Ernest, attribution par source

Le domaine se situe au cœur de ses vignes sur les communes de Cantenac et d’Arsac. Les bâtiments sont construits sur une légère croupe longée au nord par une jalle qui alimente l’étang dans le parc situé à l’ouest.

Le corps de logis principal, construit en petit moellon, s’élève sur 3 niveaux. Le rez-de-chaussée est percé de 2 portes jumelles en plein cintre et de trois fenêtres. L’étage s’ouvre par 3 fenêtres et le comble en surcroît par 3 baies carrées. L'ensemble semble avoir été remanié. A l’intérieur, un escalier en pierre de taille rampe sur rampe dessert l'étage. Une porte ménagée sous la deuxième volée du rez-de-chaussée donne accès à un caveau voûté.

A l’ouest, l’aile en retour, abritant logements et bureau, présente une façade sur cour, construite en moellon, percée de 4 portes-fenêtres et 6 fenêtres. La porte centrale est encadrée par des colonnes soutenant un entablement avec corniche à denticules et surmonté d’un fronton à table portant l’inscription : ANGLUDET / CANTENAC – MARGAUX. La façade postérieure en pierre de taille compte 8 ouvertures donnant sur une terrasse aménagée au cours du 20e siècle.

A l'est, le cuvier construit en moellons est complété par des logements d'ouvriers. Semi-enterré, il abrite des cuves en ciment.

A l'est du cuvier, le chai à barriques, de plan rectangulaire, présente une façade pignon dotée de pierres d’attente. Il s'organise selon un rez-de-chaussée et un niveau de surcroît délimité par un bandeau. La travée centrale est percée d'une large porte et de baies géminées à l'étage ; elle est couronnée d'un écu orné d’un phylactère avec l’inscription ANGLUDET et la date 1891. Les baies aux encadrements harpés sont en arcs segmentaires traités en brique.

Parallèle au chai, un bâtiment abrite des logements d’ouvriers et un hangar à machines. Le pignon

ouest est soigné avec une baie avec un arc en brique, des pilastres d’angle et une table décorative.

Au sud, le hangar avec des logements à l’arrière est complété par les écuries sous un appentis. L’élévation ouest animée de jours en losange est scandée de contreforts.

Murs calcaire
moellon
pierre de taille
Toit tuile creuse
Étages 1 étage carré, étage en surcroît
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
appentis
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour, en maçonnerie

Estuaire

TRAVEE 3
FORBAIE linteau droit (fenêtre) ; arc plein-cintre (porte)
POSTOPO coteau
ORIENT sud-ouest
VUE vue étendue
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Compléments bibliographiques

    BAUREIN, Abbé, MERAN, Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2e éd :

    "Maison noble d´Angludet.

    Elle est située dans la Paroisse de Cantenac en Médoc, et relevant à foi et hommage de la seigneurie d´Audenge en Buch. On est sans doute surpris que cette maison dépende d´une Seigneurie aussi éloignée que celle d´Audenge, et située dans une contrée et une Juridiction différentes ; mais il n´en était pas ainsi dans le principe ; la Seigneurie d´Audenge n´était pas aussi étrangère qu´on pourrait le penser, à celle Blanquefort, dans le district de laquelle la maison noble d´Angludet est enclavée. On retrouve dans le recueil des actes de Rymer (t. II, part. I, p. 24), une charte d´Edouard II, Roi d´Angleterre, en date du 16 janvier 1313, de laquelle il résulte que la Seigneurie d´Audenge était pour lors placée dans les limites de la Châtellenie de Blanquefort (...), et que Bernard d´Audenge Damoiseau, propriétaire de la Seigneurie dont il portait le nom et refusait d´en rendre hommage à Bertrand de Gout, à qui ce Prince avait fait don de cette Châtellenie. (...) On trouve un Bernard d´Angludet qualifié de Miles, c'est-à-dire, Chevalier, dans un titre Latin du 20 mars 1273. (...) Ce Chevalier était-il le même que ce Bernard d´Angludet, à qui appartenait en 1319 la maison noble de ce nom, ainsi qu´il est justifié par un titre du 15 novembre de la même année ? (...) La maison noble d´Angludet, acquise en 1350 par Rampnol de Corn, était au pouvoir de Noble homme Jean de Treulon, Damoiseau, dans le siècle suivant, ainsi qu´il est justifié par un titre du 8 mai 1474. MM. de Makanan, originaires de Londres, et qui ont fait souche à Bordeaux, en devinrent peu après les propriétaires. (...) Suivant un titre du 31 Décembre 1631, la Seigneurie d´Angludet avait dès-lors passé sur la tête de M. Marc de Jousset, Ecuyer. MM. Demons en devinrent dans la suite propriétaires. Jacques Demons, Ecuyer, fils aîné de Messire Albert Paul Demons, Conseiller au Parlement, est énoncé Seigneur d´Angludet dans un titre du 28 Septembre 1676".

    HUGON P., Castelnau-de-Médoc et ses environs, statistiques du canton. Paris, res universis, 1857, réédition 1992 :

    "La maison noble d´Angludet était située dans la paroisse de Cantenac. De 1273 à 1319, elle appartenait à Bernard d´Angludet, chevalier : en 1350, Raimond de Donnissan qui possédait ce fief, en fit vente à Raimond de Corn. Elle a appartenu ensuite à noble homme Jean Treulon, damoiseau ; à M. de Makanan, originaire de Londres ; en 1676, M. de Mons, conseiller au parlement, la possédait. En 1790, les biens immeubles de cette maison appartenaient à M. Le Gras d´Angludet ; ses descendants les possèdent encore aujourd´hui".

    GUILLON, Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde, avec la description des communes, la nature de leurs vins, la désignation des principaux crux. Tome 3, Bordeaux, 1868 :

    "Cette construction ancienne, qui n´a de château que le nom, s´élève, dans l´ouest de Cantenac, sur une croupe graveleuse, qui domine la rive droite d´une petite jalle. C´est une ancienne maison noble, dont on retrouve des traces dès le commencement du XIVe siècle. (...)

    Angludet se compose d´une vieille maison sans ornements, sans décors, sans ordre d´architecture et qui ne remonte pas à plus de cent ans. En avant s´étendent deux ailes basses, entourant une cour commune, convertie en jardin ; à l´Est, sont les chais et autres servitudes. - Angludet n´est donc château que sur l´étampes de ses vins, mais sa position est charmante ; il est perdu dans de vieux arbres qui ombragent le petit vallon et sous lesquels le ruisseau entretient une fraîcheur continuelle ; en avant, s´étend le marais, traversé par la vieille avenue, à l´extrémité de laquelle les ombrages s´arrêtent brusquement. Sur les croupes d´Angludet sont des taillis, des pins et des vignes, dont les produits figuraient autrefois dans les cinquièmes crûs ; ils ont descendu depuis cette époque et figurent comme bourgeois supérieurs. La récolte, qui était autrefois de plus de 100 tonneaux, a aussi fait une chute et était descendue, selon Franck et d´Armaillacq, de 30 à 35 tonneaux : il s´en récolte aujourd´hui de 50 à 60".

    GABORIT, Michelle, FARAVEL, Sylvie, LARRONDE, Stéphane. Léo Drouyn en Médoc. Bordeaux : Les éditions de l'Entre-deux-Mers, 2003 :

    "Léo Drouyn a laissé quatre dessins du parc du domaine d´Angludet, à Cantenac dans le Médoc. Sans doute était-ce un lieu particulièrement agréable et pittoresque, ce qui explique cette activité artistique. (...) Le domaine d´Angludet, à Cantenac, appartenait, sous le Second Empire à Jean-André-Victor d´Anglade (maire de Cantenac en 1831) et à son épouse Marie-Eléonore (« Léonide ») Legras qui en avait hérité de sa mère, née Lussac, morte en 1832. Les Legras, avaient acheté ce domaine en 1754. En 1872, Victor d´Anglade vendit sa part du domaine d´Angludet, (...) à la famille Jadouin, imité bientôt par les autres branches de la famille Legras qui vendirent peu après, la même année, leurs parts au même acquéreur. (...) La présence de Léo Drouyn à Angludet est à mettre en relation avec le mariage le 17 août 1869 de son fils Léon Drouyn (né en 1839, mort en 1918) avec Anne-Octavie-Reine Godart de Blassy, née le 6 janvier 1849 à Angludet et y demeurant jusqu´à son mariage, décédée à Bordeaux en 1940, rue Léo Drouyn".

    COCKS Charles, FERET Édouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1886 (5e édition):

    p. 143 : "Château d’Angludet-Cantenac (Paul Promis)

    Le domaine d’Angludet (voir p. 144) formait autrefois une importante propriété appartenant à M. Legras. Son cru fort distingué était classé 4e. En 1771, au décès de M. Legras, le domaine fut partagé entre ses quatre fils, et deux de ces lots sont aujourd’hui la propriété de M. Paul Promis ; ils comprennent 60 hect., dont 22 hect. consacrés à la vigne donnent actuellement 45 tonn. Par suite de nombreuses améliorations introduites par M. Paul Promis dans ce vignoble, sa production atteindra d’ici peu 60 tonn. Il est complanté en cabernet-sauvignon, cabernet franc et surtout carmenère : il confronte avec les vignobles de Giscours, Kriwan , Desmirail, Cantenac-Brown.

    p. 144 : "Château d’Angludet-Cantenac (J. Jadouin)

    Ce cru, classé autrefois 4e, est un des crus bourgeois supérieurs, les plus recherchés du Médoc. Ses vins sont surtout appréciés en Angleterre, où ils sont fort connus par leur finesse, leur bouquet et leur belle couleur, ainsi que leur parfait développement en bouteilles. Ils ont souvent été préférés à des 3e crus, ce qui peut s’expliquer par la belle situation du vignoble, qui est d’ailleurs complètement entouré de 2e et 3e crus. Les cépages dominants sont le petit-verdot, et principalement la carmenère. La production actuelle est de 70 à 80 tonneaux ; elle arrivera dans les deux ou trois ans à une moyenne de 100 tonneaux."

    COCKS, Charles, . Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite. Bordeaux : Ed. Féret et Fils, 6e édition, 1893.

    p. 148 :

    "château d’Angludet (J. Jadouin)

    Le domaine Château-d’Angludet est un des plus ancien du Médoc ; on trouve qu’en 1150 il appartenait au chevalier Bertrand d’Angludet : au XVIIIe, il était la propriété de Pierre Legras ; en 1791, ce domaine fut partagé en quatre parties qui, juste un siècle plus tard, se trouvent réunies entre les mains de Jules Jadouin. Ce domaine, qui occupe une superficie de 130 hectares, a longtemps été connu sous le de : La République. Son vignoble, qui contient 55 hectares situés sur de belles croupes sablo-graveleuses à sous-sol ferrugineux, confronte avec ceux de Giscours, Brown, Desmirail et Kirwan ; le reste est en prairies et garennes, traversé par deux cours d’eau. Ce cru, classé 4e avant la Révolution, ne sortit de ce rang élevé à cause de sa division. Il est complanté en cépages fins, principalement en carmenère, cépage autrefois beaucoup plus répandu qu’aujourd’hui et qui a puissamment contribué à la renommée des vins du Médoc. On en retrouve à Angludet des pièces entières plus que centenaires. Le vin de ce cru se distingue par sa finesse, sa belle couleur, son bouquet et son développement en bouteille.M. Jules Jadouin a obtenu en 1887, une médaille d’or du Comice viticole du Médoc, et, en 1888, une médaille d’or de la Société d’agriculture".

Références documentaires

Documents figurés
  • Archives départementales de la Gironde, 3 P 091 : Plan cadastral, 1826.

  • Plan des lieux contentieux entre Monsieur de le Comte de Ségur, Monsieur le Marquis de Candale et Monsieur de Castelnau, coupure nord sud, 1771.

    Archives départementales de la Gironde : 2 Fi 645
Bibliographie
  • BAUREIN, Abbé, MERAN, Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2e éd.

    p. 371-374
  • COCKS, Charles, . Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite. Bordeaux : Ed. Féret et Fils, 6e édition, 1893.

  • GABORIT, Michelle, FARAVEL, Sylvie, LARRONDE, Stéphane. Léo Drouyn en Médoc. Bordeaux : Les éditions de l'Entre-Deux-Mers, 2003.

    p. 130-132
  • GUILLON, Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde, avec la description des communes, la nature de leurs vins, la désignation des principaux crux. Tome 3, Bordeaux, 1868.

    p. 213, 214.
  • HUGON, P. Castelnau-de-Médoc et ses environs, statistiques du canton. Paris, réed. Res Universis, 1992.

    p. 100-101
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1886 (5e édition).

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