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Église abbatiale Saint-Sever

Châsse de saint Maximien

Dossier IM40006229 réalisé en 2015

Fiche

Dénominations châsse
Appellations de saint Maximien
Aire d'étude et canton Saint-Sever
Adresse Commune : Saint-Sever
Adresse : place du Tour du Sol
Emplacement dans l'édifice musée d'art sacré

Ce reliquaire contient, selon la tradition, les reliques de saint Maximien, martyrisé à Antioche en 363. Une inscription gravée sur la plaque de métal apposée sur l'une des faces résume les vicissitudes subies par le corps saint depuis le XVIIe siècle. En 1653, sous le pontificat d'Innocent X, don Francesco Capecelatro, chevalier napolitain, remit à l'église de San Severo (Pouilles) les reliques, qui furent par la suite authentifiées par le cardinal-archevêque de Bénévent Vincenzo Orsini, futur pape Benoît XIII (1649-1730). Un siècle plus tard, le 11 octobre 1754, le corps saint fut donné à l'abbatiale chalossaise de Saint-Sever conjointement par l'évêque de San Severo, don Bartolomeo Mollo (1696-1761), par l'illustre prince de San Severo, don Raimondo di Sangro (1710-1771), célèbre mécène et homme de science, enfin par Matthieu de Basquiat, baron de La Houze (1724-1792), natif de Saint-Sever, qui fut ministre plénipotentiaire à Naples, Rome, Parme et Dresde, enfin ambassadeur au Danemark. C'est sans aucun doute le baron, lié "par l'amitié la plus étroite" à l'évêque et au prince napolitains - rencontrés, semble-t-il, avant même sa mission diplomatique à Naples (commencée seulement en 1759) -, qui demanda et obtint la donation à l'intention de l'abbatiale de sa ville natale - plusieurs tableaux de sa collection devaient rejoindre plus tard la même destination (réf. IM40006267, IM40006268, IM40006269, IM40006270, IM40006271, IM40006272). Toutefois, si la donation et sans doute le cartouche gravé datent bien de 1754, le style du coffre reliquaire actuel, qui évoque plutôt le début du XIXe siècle, laisse penser que celui-ci a pu être remplacé après la Révolution.

Le moraliste Chamfort (Sébastien-Roch Nicolas, 1740-1794) conte, dans ses Caractères et anecdotes, une historiette plaisante à propos de l'obtention par le baron de La Houze d'un "corps saint" offert par "le pape Ganganelli" (Clément XIV, 1769-1774). L'anecdote, également narrée dans les Mémoires de l'abbé Morellet, ne semble pas, toutefois, concerner les reliques de saint Maximien, mais plutôt d'hypothétiques "reliques de saint Prosper" données à la paroisse de Larbey, dont La Houze était seigneur.

Période(s) Principale : 3e quart 18e siècle , (?)
Principale : 1er quart 19e siècle , (?)
Dates 1754, porte la date
Auteur(s) Personnalité : Sangro Raimondo di, dit(e) prince de San Severo,
Raimondo di Sangro , dit(e) prince de San Severo (1710 - 1771)

Raimondo di Sangro, prince de San Severo, né à Torremaggiore (province de Foggia, Pouilles) et mort à Naples. Inventeur, anatomiste, militaire, écrivain et académicien.


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Personnalité : Mollo Bartolomeo,
Bartolomeo Mollo (1696 - 1761)

Évêque de San Severo (dans les Pouilles) de 1739 à 1761.


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Personnalité : Basquiat Matthieu II de, dit(e) baron de La Houze,
Matthieu II de Basquiat , dit(e) baron de La Houze (1724 - 1792)

Baron de La Houze et de Bonnegarde, baron de Larbey, Baigts et Poyloault, seigneur d'Espaigne et de La Mirande. Né à Saint-Sever (Chalosse) le 11 février 1724, mort à Bagnères-de-Bigorre le 6 octobre 1792, il fit carrière dans la diplomatie : attaché d'ambassade en Espagne (1748), chargé d'affaires et ministre plénipotentiaire à Naples (1759-1762), à Rome (1762-1764), à Parme (1766-1770), à Hambourg, Brême, Lübeck et en Basse-Saxe (1772-novembre 1779), enfin ambassadeur au Danemark (décembre 1779-février 1792). Il fut aussi conseiller d’État (23 janvier 1770), commandeur et administrateur des ordres royaux de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem.


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Reliquaire de plan rectangulaire et d'élévation trapézoïdale reposant sur quatre pieds, couvercle en forme de toit à quatre pans surmonté d'une boule d'amortissement. Un cartouche chantourné en métal est fixé sur un des longs côtés. Ouverture sur un long côté avec abattant et serrure.

Catégories menuiserie
Structures plan, rectangulaire élévation, trapézoïdal pied, 4
Matériaux bois, décor en bas relief, décor rapporté, peint, polychrome, doré
métal, repoussé, ciselé, gravé, argenté, doré
Mesures h : 70.0
h : 40.0
h : 30.0
la : 72.0
pr : 51.5
la : 66.5
pr : 46.5
h : 18.5
la : 22.5
Iconographies symbole, couronne, palme
ornementation, boule
Précision représentations

La face est ornée d'un cartouche chantourné en métal doré flanqué de deux palmes en sautoir (en bois) ; le revers et les côtés sont décorés d'une couronne d'où sortent deux palmes adossées ; le couvercle est couvert, sur les côtés et le revers, de motifs peints en écailles ou en tuiles sur lesquels se détachent des palmes en relief (sauf sur la face principale) ; une boule sur piédouche amortit le couvercle.

Inscriptions & marques inscription, gravé
Précision inscriptions

Inscription gravée sur le cartouche en métal doré de la face principale : HAC IN URNA JACET S. MAXIMIANI M. INTEGRUM CORPUS / AB INNOCENTIO X D. FRANCISCO CAPYCIOLATRO EQUITI NEA=/POLITANO DONO DATUM AN. 1653. HINC AB EM° ET REV° FR. VINCENTIO / Ma URSINO CARDINALI, ET EPISCOPO BENEVENTANO, POSTEA BENE=/DICTO XIII ROMANO PONTIFICE, RECOGNITUM ; TANDEM AB ILLmo ET REVmo / DNO. BARTHOLOMEO MOLLO EPISCOPO CIVITATIS S. SEVERI EXCmo / D. RAYMUNDO DE SANGRO S. SEVERI PRINCIPI, ET AB HOC / ILLmo AC CLARISSIMO DNO. MATTHÆO DE BASQUIAT EQUITI / ET DNO. DE LAHOUZE SIBI STRICTISSIMO AMICITIÆ FOE=/DERE CONIUNCTO, DONATUM DIE XIa / MENS OCTOB. AN. MDCCLIV.

[Traduction : Dans cette châsse repose le corps entier de saint Maximien martyr, donné par Innocent X et par Don Francesco Capecelatro, chevalier napolitain, l'an 1653, puis reconnu par l’éminentissime et révérendissime frère Vincenzo Maria Orsini, cardinal et évêque de Bénévent, plus tard pontife romain [sous le nom de] Benoît XIII ; enfin donné conjointement à ce lieu par l'Illustrissime et révérendissime seigneur Bartolomeo Mollo, évêque de la ville de San Severo, par l'excellentissime seigneur Don Raimondo di Sangro, prince de San Severo, et par l'Illustrissime et clarissime seigneur Matthieu de Basquiat, chevalier et seigneur de Lahouze, liés par l'amitié la plus étroite, le 11 octobre de l'an 1754.]

Précision état de conservation

Œuvre en médiocre état de conservation, peinture très écaillée, en attente de restauration.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre objet, 2001/09/13

Annexes

  • Extrait des "Maximes et pensées, caractères et anecdotes" de Sébastien-Roch Nicolas, dit Chamfort (édition GF-Flammarion, 1968, p. 317)

    Caractères et anecdotes, 1227 :

    "Le baron de la Houze, ayant rendu quelques services au pape Ganganelli [Clément XIV], ce pape lui demanda s'il pouvait faire quelque chose qui lui fût agréable. Le baron de la Houze, rusé garçon, le pria de lui faire donner un corps saint. Le pape fut très surpris de cette demande de la part d'un Français. Il lui fit donner ce qu'il demandait. Le baron, qui avait une petite terre dans les Pyrénées, d'un revenu très mince, sans débouché pour les denrées, y fit porter son saint, le fit accréditer. Les chalands accoururent, les miracles arrivèrent, un village d'auprès se peupla, les denrées augmentèrent de prix, et les revenus du baron triplèrent."

  • Extrait de la "Revue de Gascogne", 1871, vol. XII, p. 287 et 334-335 (à propos d'un passage des "Mémoires" de l'abbé André Morellet)

    P. 287 : D'une anecdote de l'abbé-Morellet sur Basquiat de la House. / Morellet, parlant dans ses Mémoires (Paris, 1823. t. 1, p. 78) de son séjour à Naples en. 1758, s'exprime ainsi : "Le consul de France me donna quelques mémoires sur le commerce. Je tirai aussi plusieurs renseignements de l'ambassadeur, M. d'Ossun, et de son secrétaire, Basquiat de la House, qui a été depuis ministre de France en d'autres cours. Celui-ci était une espèce de loustic qui ne manquait pas d'esprit, et encore moins d'adresse. C'est lui, qui, ayant en Gascogne, sa patrie, dans un petit village un petit bien en vignes et en mauvais vin qu'on ne pouvait vendre, imagina de se faire donner par le pape un corps saint, qu'il baptisa d'un nom vénéré dans le pays, qu'il envoya avec toutes les bulles et indulgences possibles, et pour lequel il s'établit une fête et une foire, où le concours de tous les villages voisins lui a depuis fait vendre et boire chaque année tout son vin en huit jours."

    De quel village de Gascogne s'agit-il en ce passage? Qu'y a-t-il de vrai dans le piquant récit de l'ami de Diderot et de d'Alembert ? [...] T. DE L.

    P. 334-335. D'une anecdote de Morellet sur Basquiat de la House (Voyez la Question dans notre dernier numéro, p. 287). / Cauna, 4 juillet. Monsieur l'Abbé, / Seul, je n'aurais pas assumé la charge de répondre aux questions sur M. Basquiat de la Houze. Le chef de la maison de Basquiat-Toulouzetle, à St-Sever, m'autorise à être son organe en facilitant les moyens d'information : "Je connaissais les deux anecdotes de l'abbé Morellet relatives à M. de la Houze, et je puis vous mettre à même de répondre à la question de la Revue de Gascogne. C'est à la paroisse de Larbey que le diplomate gascon avait fait don des reliques de saint Prosper. II y possédait une terre que son frère, le chevalier, vendit, moyennant 6,000 fr. de rente viagère, à M. Domenger, père de celui que nous avons connu. — Baron DE TOULOUZETTE." M. Domenger (Bernard), acquéreur de la terre de Larbey Poyloault, l'a léguée à son fils Bernard-Boch-Marie Domenger, maire de Mugron et conseiller général, décédé le 14 avril 1865. Sa veuve, dame Blanche d'Antin-d'Ars, possède encore Larbey Poyloault. Nous ne saurions affirmer que Larbey ait été le siège d'une foire, dont l'usage du moins n'aurait pas été renouvelé depuis 50 ou 60 ans. Ne peut-on pas supposer que M. de la Houze, lorsqu'il était gouverneur de Grenade en Marsan, a favorisé cette petite ville de l'établissement de marchés et foires encore subsistants ? Ce n'est qu'une hypothèse. Cet homme d'esprit trop oublié était né à Saint-Sever-Cap en 1722, fils aîné de noble André de Basquiat, seigneur baron d'Arthos et de la Houze, et de Mlle du Vacquier d'Aubaignan. Il mourut à Bagnères-de-Bigorre vers 1793, après une longue et brillante carrière diplomatique. Il avait épousé dame Élisabeth Fabre de Favens, dont il n'eut point d'enfant. Après les nombreuses publications où le baron de Basquiat de la House est mentionné (Nobiliaire de Guienne, tome I, pages 433, 435, et tome II, pages 447, 450, 451 ; Armorial des Landes, tome II, pages 61, 485, 489 et 490), il serait oiseux d'entrer dans de plus amples détails. La famille conserve à St-Sever un buste de bronze de Matthieu de Basquiat, un grand portrait à l'huile et un cierge orné des armoiries peintes du noble diplomate, témoignage de sa présence à la fête de la Chandeleur à Rome. Il était qualifié de son vivant : "Matthieu, des anciens chevaliers de Basquiat et Engomez de la province de Guipuscoa, en Espagne, haut et puissant seigneur, baron, haut-justicier de Sainte-Eulalie, Sainte-Araille, seigneur de la Houze, Espaigne, La Mirande et Bonnegarde, baron de Larbey, Baigts et Poyloault (1), chevalier des ordres royaux hospitaliers du Mont-Carmel et de St-Lazare, chevalier de l'ordre de Malte, chargé d'affaires du roi près les cours de Parme, des Deux-Siciles, d'Espagne, du Saint-Siège, de Danemark et Norvége, etc., etc." - Baron C. DE CAUNA.

    Au moment même où venait de paraître la Question de M. T. de L. sur l'historiette de Morellet, je trouvais la même historiette, contée avec autant et plus d'esprit, et non moins de malice, dans les Caractères et anecdotes de Chamfort (presqu'à la fin). Je me contente d'indiquer ce récit, qui ferait double emploi avec celui de l'abbé Mords-les. Mais je ne puis m'empêcher de faire sur ce dernier quelques remarques, dont je laisse l'appréciation au lecteur. Le corps saint donné par le pape (Chamfort nomme Clément XIV, à qui Basquiat avait rendu quelques services) est baptisé, selon l'usage, d'un nom qui indique la sainteté, Prosper, nom qui n'avait pas de célébrité particulière en Chalosse. Mais la circonstance "d'un nom vénéré dans le pays" faisait bien dans le conte. — Le rusé gascon voulait débiter son "mauvais vin", dit le conteur. Malheureusement pour la bonne foi de ce dernier, le cru de Larbey est justement-estimé, et comme seigneur du lieu, le baron de la Houze ne devait pas être fort empêché de faire vendre ses denrées. La foire de Larbey est encore très probablement une invention, puisque depuis le commencement de ce siècle il n'y en a pas le moindre souvenir, au témoignage décisif de M. de Cauna, que nous remercions vivement de sa substantielle réponse, mais qui ne pouvait être pris au dépourvu, sur un des noms les plus honorables de la noblesse des Landes. Conclusion : ne nous étonnons pas qu'on ait prêté aisément au spirituel gascon (il était assez riche pour cela), et méfions-nous toujours un peu de l'Esprit dans l'histoire. L. C.

    (1) Les cartes de Cassini placent les lieux de Sainte-Eulalie, Espaigne, la Houze, entre Saint-Sever et Grenade. Larbey, Baigts et Poyloault sont près de Mugron.

Références documentaires

Bibliographie
  • CHAMFORT Sébastien-Roch Nicolas, dit. Maximes et pensées, caractères et anecdotes. Paris : GF-Flammarion, 1968.

    p. 317
  • MORELLET André. Mémoires. Paris, 1823.

    tome 1, p. 78
Périodiques
  • Revue de Gascogne : bulletin mensuel du Comité d'histoire et d'archéologie de la province ecclésiastique d'Auch. Auch, 1871.

    volume XII, p. 287, 334-335

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