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Église paroissiale Sainte-Catherine

Châsse de la Vraie Croix

Dossier IM40006812 réalisé en 2017

Fiche

Dénominations châsse
Appellations de la Vraie Croix
Aire d'étude et canton Saint-Sever
Adresse Commune : Montaut
Adresse :
Emplacement dans l'édifice sacristie

Un dossier historique constitué en 1861 par l'abbé Sébie fournit plusieurs renseignements sur cet objet et sur la relique de la Vraie Croix qu'il renfermait : celle-ci fut donnée à la paroisse par l’abbé Pierre Cassiet (Montaut 1727-1804), supérieur des Missionnaires de Bétharram, qui l'avait lui-même reçue de la cour de Rome en 1764 en récompense de ses neuf années de mission au Canada. Après l'avoir fait authentifier par l’évêque d’Aire Playcard de Raigecourt (1758-1783), le Père Cassiet l'offrit à sa paroisse natale, alors dirigée par le curé Duhart (1746-1786). La relique était alors conservée dans "un petit reliquaire en bois doré, oblong, de forme triangulaire", elle-même protégée par un coffret de bois doré, qui servait de "trône d’exposition" les jours de fête et de châsse le reste de l’année (voir description en annexe). Vint la Révolution : en 1792, un nommé Siméon Moringlane cacha le petit reliquaire en lieu sûr et enterra la châsse dans le jardin de M. L*** (Lacoste ?) en oubliant de récupérer l’authentique ; lorsqu’on revint la déterrer après la tourmente, elle avait disparu. A son retour d'exil, l’abbé Bergoignan (1801–1813), curé titulaire, expliqua la situation à l’évêque de Bayonne et d’Aire, qui diligenta vers 1804 une enquête confiée au vicaire général du diocèse, l'abbé Lamarque, et à Bernard de Basquiat-Mugriet, de Saint-Sever, ancien vicaire général. Une fois la relique dûment reconnue, un nouvel authentique fut accordé par l'autorité diocésaine. La relique fut dérobée entre 1824 et 1825 mais, menacé par l’abbé Tisné de "la vengeance du Ciel", le ravisseur la restitua.

Si l'on en croit le récit de l'abbé Sébie, la châsse d'origine aurait donc été perdue à la Révolution. Les affirmations de cet auteur sont, cependant, parfois sujettes à caution - ainsi, quand il prétend que tous les tableaux de l'église furent brûlés en 1792. Il semble bien qu'on puisse identifier la petite châsse de style rocaille aujourd'hui conservée à l'objet prétendument égaré à la Révolution - à moins qu'elle n'ait été refaite à l'identique lors de la récupération de la relique au tout début du XIXe siècle.

D'après une note de l'abbé Honoré Lafitte dans le registre paroissial, l'église Sainte-Catherine possédait en 1920 trois reliques de la Vraie Croix. Les deux autres sont conservées dans des reliquaires du XIXe siècle.

Période(s) Principale : 2e moitié 18e siècle , (?)
Principale : limite 18e siècle 19e siècle , (?)

Coffret en bois peint (blanc et bleu) et doré sur assiette rouge, sur quatre pieds, d'élévation galbée ; médaillon ajouré sur la face antérieure, battant cintré et galbé en plan sur la face postérieure ; le sommet pyramidal, galbé en cavet, forme plateforme et comporte un tenon pour le maintien d'un élément disparu ; décor sculpté dans la masse.

Catégories menuiserie, sculpture
Structures plan, rectangulaire élévation, galbé
Matériaux bois, tourné, mouluré, décor dans la masse, doré, peint, polychrome
Mesures h : 33.5
la : 29.0
pr : 22.0
Précision dimensions

Battant : h = 12,5.

Iconographies La couronne d'épines, Les clous, lance, roseau, tunique, Les dés à jouer
Précision représentations

Instruments de la Passion sculptés sur trois côtés du corps : sur la face, les trois clous dans la couronne d'épines flanquée de la lance et du roseau ; sur le côté gauche, la tunique du Christ (jouée par les soldats) avec trois dés ; sur le côté droit, le fouet avec deux besants représentant peut-être les deniers reçus par Judas pour avoir livré le Christ. Décor poinçonné sur le battant.

États conservations manque
Précision état de conservation

Il manque le motif sommital (tenon sur la plateforme).

Châsse rocaille possiblement de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler

Annexes

  • SÉBIE, abbé. "M. l'abbé Cassiet ancien missionnaire de Bétharram". Revue de Gascogne, tome 4,1864, p. 484.

    "On avait fait faire une espèce de coffre carré, de bois artistement travaillé et revêtu d'une belle dorure. Ce petit coffre, dont la partie supérieure s'élevait en diminuant de volume et de surface, devait servir de trône à la relique, pour les jours d'exposition publique, et de châsse pour le reste de l'année. L'authentique romaine figurait dans la châsse, à côté du petit reliquaire contenant la relique.

    Lorsque le gouvernement révolutionnaire de la Terreur confisqua tout le mobilier des églises pour en faire de sacrilèges autodafés, M. Siméon Moringlane, que bien des gens de la génération présente ont connu, enleva de l'église la châsse et le reliquaire qui s'y trouvait renfermé. Il prit le petit reliquaire qui, à raison de son peu de volume, pouvait très facilement se cacher et le mit en lieu sûr. Quant à la châsse dont le volume plus grand pouvait embarrasser et compromettre sa famille, il alla l'enfouir dans le jardin de M. L***, avec l'agrément de ce dernier et en prenant des précautions pour préserver la dorure. Mais il oublia d'en retirer l'authentique de la relique de la vraie-croix.

    Après les orages de la Révolution et lorsque le culte fut rétabli en France, M. Moringlane s'empressa d'aller déterrer la châsse ; mais il ne trouva, dans la fosse, que les étoupes dont on avait eu soin d'entourer le coffre doré. Ainsi l'authentique avait disparu, et pour toujours, en même temps que la châsse. Pour ce qui est de la relique et du petit reliquaire qui la renfermait, M. Moringlane offrit de les remettre au pasteur de la paroisse."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Registre paroissial de Montaut, 1845-1951.

    Archives communales, Montaut
Périodiques
  • SÉBIE, abbé. "M. l'abbé Cassiet ancien missionnaire de Bétharram". Revue de Gascogne, tome 4,1864.

    p. 477-491

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