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Église paroissiale Saint-Barthélemy

Chapiteaux et frises du porche

Dossier IM40007359 réalisé en 2018

Fiche

Dénominations chapiteau, frise
Aire d'étude et canton Tartas ouest
Adresse Commune : Rion-des-Landes
Adresse : place des Droits-de-l'Homme
Emplacement dans l'édifice porche occidental

La construction d'un porche semble avoir été décidée postérieurement à celle du collatéral sud, projetée dès février 1864. Destiné à monumentaliser le massif occidental de l'édifice et à protéger le portail roman, seul vestige de l'ancienne église, il fut édifié en 1868 sur les plans de l'architecte bordelais Gustave Alaux (dont le nom est inscrit sur la clef de voûte). Les travaux de sculpture (chapiteaux et frises) furent sans doute exécutés par le même collaborateur qu'employa Alaux pour les collatéraux de l'église (ainsi que sur les chantiers de Buglose et de Saint-Laurent de Mugron quelques années plus tôt), le sculpteur Vincent Saint-Sébastien. Selon l'abbé Daugé (1912), qui donne une description précise de l'ouvrage, les "deux chapiteaux du nord" (nos chapiteaux 2 et 3) étaient encore inachevés au moment de la rédaction de son livre ; leur décor a donc été complété après cette date.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1868, daté par source, porte la date
Auteur(s) Auteur : Alaux Gustave,
Gustave Alaux (1816 - 1882)

Jean-Paul Louis Gustave Alaux, né à Bordeaux le 29 novembre 1816 à Bordeaux, mort dans la même ville le 23 mars 1882 ; fils du peintre Jean-Paul, dit Gentil-Alaux.


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architecte, attribution par source
Auteur : Saint-Sébastien Vincent, dit(e) Sébastien,
Vincent Saint-Sébastien , dit(e) Sébastien (1829 - )

Sculpteur ornemaniste à Bordeaux, collaborateur de l'architecte bordelais Gustave Alaux sur les chantiers des églises de Buglose (1864-1865), de Mugron (1866) et de Rion-des-Landes (1868), et de l'architecte Taillarda fils à l'église Saint-Nicolas de Nérac (1856) ; il travailla aussi à la chapelle de la Vierge de la cathédrale de Dax en 1864-1871. Il est nommé "M. Vincent" et "Vincent St-Sébastien" dans les archives de Buglose, "Vincent Saint-Sébastien" à Nérac, mais signe "Sébastien" tout court les sculptures de Mugron et de Rion.

Enfant trouvé le 23 janvier 1829 à la porte de l'hospice civil de Pau, Vincent Saint-Sébastien épousa le 29 novembre 1854 à Saint-Paul-lès-Dax (où il était alors domicilié) Jeanne Lamaison, institutrice, fille d'un tonnelier de Laurède (Landes), dont la sœur cadette Françoise devait épouser en 1858 le sculpteur nantais Aristide Belloc (1827 - 1888/1908), lequel succèdera à Saint-Sébastien sur le chantier de Buglose en 1861.


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sculpteur, attribution par source

Le décor sculpté néoroman du porche comprend : à l'extérieur, les douze chapiteaux des arcatures aveugles du niveau supérieur, les frises soulignant le cintre des arcades du niveau inférieur et des arcatures supérieures, les bandeaux séparant les deux niveaux, la croix en ronde bosse au sommet du pignon occidental ; à l'intérieur, les chapiteaux des six colonnes libres de l'arcature et les demi-chapiteaux des quatre colonnes adossées aux angles, les frises tenant lieu de tailloirs et d'impostes aux quatre chapiteaux angulaires et aux piédroits des arcades, la clef de la voûte. Tous ces éléments sont taillés dans un calcaire blond à grain fin.

Catégories taille de pierre, sculpture
Matériaux calcaire, appareillé, décor en relief, décor dans la masse, décor en ronde bosse, décor rapporté
Mesures h : 60.0
Iconographies ornementation, feuille d'acanthe, feuille, pomme de pin, palmette, raisin, besant, croisillon, bâton brisé, bouton, volute, ove, dard, entrelacs, oiseau, félidé, croix pattée, compas, plan, instrument, architecte
Précision représentations

Décor extérieur. Au niveau inférieur : bouillons de feuilles et pommes de pin dans les écoinçons des arcades, frise de pointes de diamant et de fleurettes sur le cintre des arcades. Sur le bandeau médian : entrelacs de motifs imbriqués en forme de navette (face sud), frise d''oiseaux ("grues", face ouest), frise de boutons crucifères sur deux rangs (face nord). Au niveau supérieur : palmettes, feuilles romanes et grappes de raisin sur la corbeille des chapiteaux (de deux modèles disposés en alternance) de l'arcature, dents de scie sur les tailloirs ; tresse sur l'extrados des arcs, surmontés d'une frise de dents de loups ponctuée d'agrafes d'acanthe ; deux têtes de félins démoniaques en haut-relief aux extrémités des rampants du pignon occidental ; une croix pattée et nimbée en ronde bosse en amortissement au sommet du même pignon.

Décor intérieur. Les chapiteaux des six colonnes libres et les demi-chapiteaux des quatre colonnes adossées angulaires se présentent par paires identiques (à l'exception des tailloirs pour les chapiteaux angulaires). Chapiteaux 1 (angle nord-ouest) et 5 (angle sud-est) : feuilles grasses lobées sur trois rangs, volutes affrontées angulaires (corbeille), bâtons rompus entrecroisés enserrant de petites croix pattées (tailloir du chapiteau 1), oves et dards (tailloir du chapiteau 5). Chapiteaux 2 et 3 (nord) : grandes feuilles dentelées avec nervure ornée d'une frise de petits carrés pointés, volutes ornées de besants et affrontées sur l'angle (corbeille), entrelacs de palmettes (tailloir). Chapiteaux 4 (angle nord-est) et 8 (angle sud-ouest) : feuilles de "persil" dentelées sur deux rangs, volutes ornées de dents de loup et affrontées sur l'angle (corbeille), oves et dards (tailloir du chapiteau 4), palmettes circonscrites (tailloir du chapiteau 8). Chapiteaux 6 et 7 (sud) : feuilles lobées sur trois rangs, à nervure perlée ou ornée de petits carrés pointés, deux rangs superposés de volutes angulaires affrontées sur l'angle (le rang supérieur orné de dents de loup), dés ornés de croisillons et d'un encadrement de besants (corbeille), bâtons rompus entrecroisés enserrant des boutons crucifères (tailloir). Chapiteaux 9 et 10 (ouest) : feuilles dentelées à tiges liées surmontées de pommes de pin sur l'angle, alternant avec des feuilles lobées surmontées de grappes de raisin et de palmettes, volutes angulaires affrontées ornées de carrés pointés (corbeille), entrelacs de palmettes (tailloir).

Clef de voûte. Décor en bas relief (entouré d'une inscription) : plan d'église, porte-mine, compas et règle d'architecte.

Inscriptions & marques inscription concernant l'auteur, gravé, peint
date, gravé, peint
Précision inscriptions

Inscription sur la clef de voûte (gravée et soulignée en rouge, entourant un trophée d'instruments d'architecte) : Gve ALAUX ARCHITECTE 1868.

États conservations bon état
Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Extraits de : Césaire Daugé, "Rion-des-Landes, son histoire", troisième partie, chapitre VI ("Rion municipal de 1864 à 1870. Agrandissement et restauration de l'église paroissiale Saint-Barthélemy"), p. 327-341

    "Désormais l'idée dominante est l'agrandissement de l'église, la construction d'un groupe scolaire et la mise en valeur des communaux. [...] Peu à peu, le projet se précise. D'ailleurs, le clocher en bois menace ruine. Dès lors, pas d'hésitation : on commence par l'église. En session de mai 1867, le conseil municipal de Rion émet un vote de 90.000 francs, suivant un plan et cahier des charges présentés par M. Alaux, architecte [note : Ibid., D. I, p. 14]. Un entrepreneur de Tartas, Jules Lespessailles, se rend adjudicataire des travaux qui commencent sans retard et sont en pleine effervescence le 27 mai 1868. [...]

    Le moment nous semble venu de décrire l'église ancienne et l'église nouvelle. [...] Décrivons l'église actuelle. Tout d'abord un porche roman de 7 mètres au carré précède le portail roman primitif. La voûte du porche, en pierre de taille de petit appareil, est soutenue par six colonnes de marbre, placées sur piliers de 1 mètre, y compris la base de la colonne qui mesure 31 centimètres. Les chapiteaux ont 60 centimètres de hauteur ; ils sont foliés excepté les deux chapiteaux du nord qui restent inachevés. La clef de voûte porte : "Alaux, architecte, 1868". Le plan de l'église à trois nefs est embrassé par un compas et un stylet.

    Aux encoignures, 4 fûts de colonnes en pierre, mesurant 1 mètre, 8 centimètres de hauteur comme les colonnes de marbre. Une colonnade superposée, formant cinq niches, orne l'intérieur du porche au nord, au midi et à l'ouest. La niche centrale de l'ouest est plus haute que les autres et percée d'une baie oblongue qui éclaire le porche. Une simple baie existe aux niches centrales du nord et du midi. Une croix de pierre, dans le style de l'édifice, surmonte le porche à l'ouest. / Ce porche, vaste et harmonieux, auquel on accède par trois marches de pierre de taille, protège heureusement le portail roman d'une belle venue, sans avoir les proportions grandioses des vieilles cathédrales [...]."

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Références documentaires

Bibliographie
  • DAUGÉ Césaire. Rion-des-Landes : son histoire. Bergerac : Imprimerie générale du Sud-Ouest, 1912.

    p. 327-341
  • CUZACQ René. Les Landes pittoresques. Mont-de-Marsan : éd. Jean Lacoste, 1960.

    p. 39-41
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