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Chapelle Saint-Roch de Poyaller

Dossier IA40001601 réalisé en 2014

Fiche

Œuvres contenues

Vocables Saint-Roch
Dénominations chapelle
Aire d'étude et canton Mugron
Adresse Commune : Saint-Aubin
Lieu-dit : Poyaller
Cadastre : 2016 C 483

Le quartier de Poyaller, au nord-ouest du bourg actuel de Saint-Aubin, était à la fin du Moyen Age et sous l'Ancien Régime le siège d'une seigneurie dépendant de la famille homonyme. Du château ne subsiste aujourd’hui qu'une tour. La chapelle, située à quelque distance du château, lui servait de chapelle castrale et de lieu d'inhumation pour la famille seigneuriale. L'édifice actuel ne conserve apparemment aucun vestige de la construction primitive - son plan et sa mise en œuvre d'une extrême simplicité ne comportent toutefois aucun élément datant (pour la légende attachée à sa construction, voir annexe). Il est probable qu'elle fut reconstruite à plusieurs reprises, notamment après sa dévastation par les troupes huguenotes des capitaines Castaignet, Touzin et Langlade, qui s'emparèrent du château en 1569 (verbal de Charles IX, 1572). Les murs gouttereaux et le chevet pourraient donc dater d'une reprise au XVIIe siècle, peut-être en 1629, date de la cloche toujours conservée. Progressivement délaissée au XIXe siècle, la chapelle, frappée par la foudre en 1892, fut restaurée et remeublée en 1912 par le curé Alexis Darcet (1911-1918).

Période(s) Principale : Moyen Age , (détruit)
Principale : 17e siècle , (?)
Principale : 1er quart 20e siècle

La chapelle est un petit édifice non orienté (dirigé sud-nord), bâti en moellon entièrement enduit à l'extérieur, décapé à l'intérieur. Il se compose d'une salle rectangulaire précédée d'une façade pignon percée à son sommet d'une arcade pour l'unique cloche et couronnée d'un petit toit à quatre versants en ardoises (le reste de la chapelle est couvert de tuiles creuses). Un escalier à volées convergentes donne accès à la porte d'entrée surélevée. La nef, terminée au nord par un chevet en hémicycle, est épaulée sur son flanc sud par une sacristie rectangulaire. L'intérieur est couvert d'un lambris moderne en bois de pin, à deux versants, laissant apparente la charpente en chêne.

Murs calcaire moellon enduit
Toit tuile creuse mécanique, ardoise
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
Couvrements lambris de couvrement
charpente en bois apparente
Couvertures toit à longs pans croupe ronde
toit en pavillon
Techniques vitrail
Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Extraits des archives paroissiales de Saint-Aubin concernant la chapelle Saint-Roch de Poyaller et son mobilier

    Recueil paroissial (1572-1906) : transcriptions de documents anciens par l'abbé Lamaignère, notes diverses prises en vue de sa monographie paroissiale de Saint-Aubin

    P. 36-38 : "Origine légendaire de la chapelle de Poyaller. / Le marquis de Bénac, seigneur de Poyaller, par suite d'un vœu ou d'une pénitence imposée, entreprend une lointaine expédition. Dès le début, il est fait prisonnier et reste longtemps enfermé dans un sombre cachot sans qu'il lui soit possible de donner la moindre nouvelle. Le bruit de sa mort se répand et sa prétendue veuve, après sept ans de séparation, se décide à convoler à de nouvelles noces. Elle va se marier avec un marquis du voisinage. Tous les préparatifs sont faits, on est à la veille de la cérémonie. / Sur le soir on voit arriver à Poyaller un étranger, portant dans toute sa personne les traces d'un long et pénible voyage. Il se présente au château, demande pour la nuit l'hospitalité qui lui est accordée, cause avec les domestiques de la maison et, le lendemain, suit le cortège à l'église de Poyaller [biffé] St-Aubin où doit avoir lieu la bénédiction nuptiale. Il entre dans l'église et va occuper un coin dans la partie réservée aux Cagots. / Après avoir prononcé le discours d'usage, le prêtre se dispose à demander leur consentement aux deux époux lorsqu'une voix forte et ferme se fait entendre au fond de l'église : "Je m'oppose au mariage de Madame la Marquise". En même temps l'étranger s'avance vers le prêtre et lui renouvelle son opposition. Quelles raisons avez-vous pour vous opposer à ce mariage, lui dit le prêtre ? Madame la Marquise n'est pas veuve, son mari n'est pas mort, car ce mari c'est moi-même. Un rire général accueille ces paroles ; on traite de fou cet étranger et l'on prie M. le curé de passer outre et de procéder à la bénédiction nuptiale. Je m'engage, reprend l'étranger, à prouver ce que j'avance. Que la cérémonie soit seulement interrompue, que le cortège retourne à Poyaller et là je prouverai si réellement je suis le marquis de Bénac, seigneur de Poyaller, parti il y a sept ans pour une expédition contre les infidèles. / Devant cette affirmation, devant l'assurance donnée de fournir des preuves, le curé n'ose passer outre. La cérémonie est donc interrompue et le cortège reprend la route de Poyaller. Arrivé au milieu du hameau, le seigneur [biffé] l'étranger lance un sifflet et immédiatement on voit la vieille jument du château qui paissait dans une prairie voisine, dresser les oreilles, puis franchissant tous les obstacles courir à travers la foule et venir avec des démonstrations de joie s'arrêter devant l'étranger qui l'appelle par son nom et dont elle reconnaît la voix. Un second sifflet se fait entendre et cette fois c'est la chienne de chasse qui accourt, distingue son ancien maître au milieu de la foule et l'accable de caresses. Malgré toutes ces preuves, la marquise refuse de reconnaître son époux dans cet étranger, elle s'obstine et veut à tout prix reprendre le chemin de St-Aubin pour y terminer la cérémonie interrompue. Alors l'étranger tire de ses poches une boîte renfermant un anneau d'or. C'était l'anneau nuptial portant les armes de la maison Bénac de Navailles. Force fut donc à la marquise de reconnaître son mari. / En souvenir de cet événement, celui-ci fit bâtir la chapelle actuelle sur le lieu même où il avait été reconnu par sa chienne et sa jument (légende du pays qui attache un caractère surnaturel et diabolique au retour du marquis à Poyaller)."

    - P. 40 : "Chapelle de Poyaller. / Mr Faudouas, ancien curé de St-Aubin, allait pendant une partie de l'année célébrer la messe à la chapelle de Poyaller, une fois tous les quinze jours, sur semaine. Ses successeurs ont réduit ce nombre. En 1888 Mr le curé voulut reprendre l'usage établi par Mr Faudouas et dire une messe par quinzaine depuis Quasimodo jusqu'à St Roch. Mgr l'évêque consulté n'a pas permis de célébrer dans la chapelle de Poyaller plus de quatre fois par an. La raison donnée par Sa Grandeur est qu'il faut éviter avec soin tout ce qui pourrait tendre à la création de nouvelles annexes. / La foudre qui est tombée sur la chapelle en 1892 l'a mise dans un état de délabrement tel qu'il n'est pas décent d'y célébrer le sainte messe. La pierre sacrée en a été retirée et portée provisoirement à St-Aubin. / La chapelle de Poyaller possède 1° une croix, 2° un ornement, 3° une aube donnée par quelques pieuses dames de Mugron, 4° une bannière du Sacré-Cœur donnée par Mme Soubaigné Loupret de Mugron."

    - P. 47 : "Le tombeau de la chapelle de Poyaller. / En 1842, Mr M.... faisant l'office du curé voulant se rendre compte de ce qu'il pouvait y avoir sous la pierre sépulcrale de la chapelle la fit lever. On y trouva quelques cordons en fil d'or, des restes de galons également en fil d'or. Un de ces restes a été gardé pendant plus de six mois par un nommé Jean Campet, cordonnier, qui le jeta ensuite, ne voulant plus garder une chose tirée d'un tombeau (renseignement reçu du fils de Jean Campet). Il est probable qu'on trouverait des documents touchant le château de Poyaller chez M. Fontanier de Mugron qui, dit-on, a fait l'acquisition de plusieurs objets venant dudit château."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Monographie paroissiale de Saint-Aubin.

    Archives départementales des Landes : 16 J 20 bis
  • Église (1830-1933).

    Archives départementales des Landes : 2 O 1779
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique, 19 février 1906.

    Archives départementales des Landes : 70 V 294/9
Bibliographie
  • LAMAIGNERE Raphaël. La paroisse de Saint-Aubin (Landes). Pages d'histoire locale d'après les documents officiels. Vaison-la-Romaine : imprimerie Bonne Presse du Midi, 1938.

  • LAMAIGNERE Raphaël. Poyaler et son château. Notes recueillies par l'abbé Raphaël Lamaignère, curé de Saint-Aubin, 1940.

  • DUCOURNEAU Alexandre. La Guienne historique et monumentale. Bordeaux : P. Coudert (imp.) 1842 (vol. I), 1844 (vol. II), 300 lithographies.

    vol. I
Multimedia
  • LAMAIGNERE Raphaël. La paroisse de Saint-Aubin (Landes). Pages d'histoire locale d'après les documents officiels, 1938. Document en ligne : http://dzt-isto.chez-alice.fr/st_aubin.htm

Liens web

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