Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Chapelle du cimetière, dite chapelle Saint-Michel

Dossier IA40001598 réalisé en 2014
Dénominations chapelle
Aire d'étude et canton Mugron
Adresse Commune : Mugron
Adresse : route de Pomarez
Cadastre : 2014 AD 117-118

Près d'une décennie après la translation du cimetière hors les murs du village, le curé Jean-Baptiste Marsan (1759-1828), à la demande de plusieurs notables locaux et avec l'accord tacite du maire, le baron Pierre Jean de Dieu d'Antin (1770-1840), - mais en contradiction avec les termes du décret du 23 prairial an XII - lança une souscription pour la construction d'une chapelle sépulcrale à l'entrée nord du champ des morts. La première pierre fut posée le 2 juillet 1813 (pierre encastrée dans le mur nord) et l'ouvrage achevé dans le courant de l'année. Le chêne de la charpente provenait d'une coupe effectuée en juin 1810 dans la forêt voisine de Labarthe (Besselère, p. 58). L'autel fut consacré en 1814 sous le vocable de Saint-Michel, patron de la bonne mort et archange psychopompe chargé de conduire les morts dans l'au-delà. Toutefois, la décision unilatérale, et contraire aux lois, de l'abbé Marsan d'utiliser la chapelle comme lieu de culte occasionna dès 1818 un conflit ouvert avec la nouvelle municipalité de Jean Campet, qui contestait notamment l'attribution par la fabrique de 39 concessions à son seul profit. La querelle ne s'apaisa qu'avec le retour du baron d'Antin à la mairie en 1821.

Seule la partie orientale de la chapelle, dite "grande chapelle", était Initialement destinée à accueillir des concessions de tombes (régularisées par une ordonnance de Charles X du 11 juin 1828). Par la suite, la partie occidentale ou "petite chapelle", d'abord réservée à la célébration du culte, fut aussi dévolue à l'inhumation. En dépit de la volonté affichée du conseil de fabrique, exprimée dans une délibération de 1827, de fixer un tarif de concession "relatif à la modicité de la fortune des habitants de la paroisse", la chapelle - qui contient actuellement 87 dalles funéraires - fut réservée dans les faits aux sépultures des seules familles de notables mugronnais ainsi qu'à celles des desservants de la paroisse (inhumés dans le chœur).

Dates 1813, porte la date, daté par source
Auteur(s) Personnalité : Marsan Jean-Baptiste,
Jean-Baptiste Marsan (1759 - 1828)

Né à Villeneuve-de-Marsan le 14 janvier 1759, mort à Mugron le 26 janvier 1828. Vicaire de Mugron en 1787 ; refuse de prêter le serment constitutionnel en 1790 et entre dans la clandestinité jusqu'en l'an VI ; curé de Mugron et chanoine de Bayonne au rétablissement du culte.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
promoteur, attribution par source

La chapelle est un simple bâtiment de plan rectangulaire, bâti en moellon entièrement enduit et couvert d'un toit à croupes en tuiles creuses. Deux portes percées dans chacun des murs nord et sud donnent accès à l'intérieur. Celui-ci est divisé en deux pièces ("grande chapelle" à l'est et "petite chapelle" à l'ouest) communiquant par une arcade en plein cintre percée dans le mur de séparation. Il est couvert d'une charpente apparente en chêne à sept entraits, poinçons, tirants et arbalétriers, autrefois dissimulée par un plafond de plâtre. L'autel-retable, séparé du vaisseau par une clôture de bois, est adossé au mur oriental de la pièce principale. Le sol des deux parties de la chapelle est dallé de terre cuite, mais sa plus grande partie est recouverte de 87 plates-tombes en marbre, calcaire ou grès.

Toit tuile creuse
Plans plan rectangulaire régulier
Couvertures croupe
États conservations mauvais état

Annexes

  • Extrait des arrêtés de comptes et délibérations du conseil de fabrique de Mugron (1826-1836) concernant les concessions à la chapelle du cimetière, 1827 (AP Mugron)

    - "1er avril 1827. Statuts ou règlement pour les concessions de tombes de la chapelle. / Séance du conseil de la fabrique de la paroisse de St Laurent de Mugron, tenu le premier du mois d'avril mil huit cent vingt sept par Messieurs le Baron d'Antin maire, Dubroca, J.ques Laplacette, Fabian Dangoumau, Pierre Hosseleyre, et présidée par J.n B.te Marsan curé. / Monsieur le Président a dit que nous touchions au moment de voir le terme des discussions qui s'étaient élevées entre la commune et la fabrique au sujet de la concession illégale de q[uel]ques tombes dans la chapelle du cimetière, qu'il était urgent de présenter des statuts ou un règlement pour les concessions des tombes à faire à l'avenir de manière à conserver aux premiers concessionnaires leur possession, mais en la faisant concorder avec les charges qu'auront à supporter les futurs concessionnaires, de manière encore que les trois établissements de charité de la commune profitent par portions égales du produit de ces concessions, de fixer enfin un tarif qui soit relatif à la modicité de la fortune des habitants de cette paroisse. / Le conseil, prenant en considération le rapport ci-dessus, après l'avoir longuement débatu [sic] a délibéré à l'unanimité les statuts ou le règlement dont la teneur suit, / 1° Que les concessions des tombes déjà faites au nombre de 61 qui ont produit la somme de 5769 francs, laquelle a été employée à la construction d'une partie de la chapelle sépulcrale et de la clôture du cimetière, seront reconnües en faveur des concessionnaires désignés au plan figuratif de lad.te chapelle, qui en a été dressé et lequel est joint à la présente [disparu]. / 2° Que le prix de concession à faire d'une tombe à perpétuité sera fixé à cinquante francs. / 3° Pour une tombe temporaire qui ne donnerait nul droit aux héritiers sera fixée à 25 francs. / 4° Pour chaque héritier en ligne directe qui serait enterré dans la tombe d'un concessionnaire, le prix sera fixé à 12 f. 50 centimes. / 5° Dans le cas où les héritiers du concessionnaire n'userait [sic] pas de leur droit de sépulture, ils seront tenus tous les 25 ans de payer à la fabrique le droit de 12 f. 50 centimes. / 6° Les tombes des concessionnaires ne pourront être ouvertes et employées de nouveau que tous les 5 ans. / 7° Les tombes des concessionnaires à tems [sic] ou à perpétuité pour lesquels ont aurait négligé de payer suivant les divers cas énoncés ci-dessus, rentreront de plein droit dans la propriété de la fabrique pour être concédées de nouveau. / 8° Les concessionnaires qui n'ont laissé ou qui ne laisseront pas à l'avenir des héritiers en ligne directe, sont cencés [sic] n'avoir eu qu'une concession temporaire et la fabrique pourra concéder ces tombes 10 ans après. / 9° D'après le vœu exprimé par le conseil municipal, par l'ad[ministrati]on de l'hospice et celle du Bureau de Bienfaisance, le trésorier de la fabrique faira [sic] la recette des droits sur les inhumations à la chapelle tous les ans à la session de mai du conseil municipal , il lui en présentera le compte préalablement arrêté par le conseil de la fabrique, le 1/3 des sommes perçue [sic] sera remise au trésorier de l'hospice, second 1/3 au trésorier du Bureau de Bienfaisance et le dernier 1/3 au profit de la fabrique. / La présente sera soumise à l'approbation de l'autorité supérieure. Délibéré à Mugron les jour, mois et an que dessu [sic]. / [signatures] P. Hosseleyre, Dangoumau, La Placette, Marsan, Dubroca."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Délibération du conseil de fabrique de Mugron concernant la régularisation de concessions au cimetière faites illégalement par la fabrique, 25 novembre 1820.

    Archives paroissiales, Mugron
  • Conseil de fabrique, arrêtés de comptes et délibérations (1826-1836).

    p. 8 (année 1827) Archives paroissiales, Mugron
Bibliographie
  • MEYRANX Louis-Bernard, abbé. Monographie de Mugron depuis sa fondation jusqu'à nos jours. Bordeaux : Imprimerie catholique "Jeanne d'Arc", 1911.

    p. 249-250
  • LAPORTE Pierre. Mugron, village chalossais, des origines jusqu'en 1911. Association Historique et Culturelle du Canton de Mugron, 2007.

  • BESSELÈRE Jean-Pierre. Petite chronique paroissiale à Mugron.

    p. 55-69
Périodiques
  • LAPORTE Pierre. "Les églises paroissiales de Mugron". Bulletin de la Société de Borda, n° 448, 1er trimestre 1998.

    p. 75-78
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Maisonnave Jean-Philippe