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Chapelle de Planquetorte

Dossier IA33007290 réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

Genre d'hospitaliers
Appellations Planquetorte
Dénominations chapelle
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Hydrographies Gironde la
Adresse Commune : Saint-Vivien-de-Médoc
Lieu-dit : le Temple
Adresse : chemin du Loc , route du Temple
Cadastre : 2014 C3 non cadastré ; 1833 C1 324

La chapelle de Planquetorte était semble-t-il une dépendance de la commanderie d'Arcins. Elle fut rapidement supplantée par l'hôpital de Grayan, créé par les seigneurs de Lesparre en 1128 et donné à l'ordre des hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem vers 1168.

La carte de l'embouchure de la Garonne de 1759 indique "le Temple anexe (sic)".

Vendue comme bien national, la chapelle est acquise le 18 décembre 1792 pour la somme de 1225 francs par le sieur Fatin, en son nom et celui des habitants du village du Temple de Planquetorte. Elle figure encore sur le plan cadastral de 1833.

Par acte du 10 novembre 1889, passé devant Me Lespoux notaire à St Vivien, les co-propriétaires décidèrent de démolir les vestiges, de niveler la place et d'y élever une croix commémorative en 1890.

Période(s) Principale : 12e siècle

Aucun vestige de la chapelle n'est conservé. Seule une illustration dans l'ouvrage de H. de Marquessac en fournit une évocation.

Une croix en indique l'emplacement.

États conservations détruit
Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Documentation complémentaire

    MARQUESSAC H. de. Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Guyenne depuis le XIIe siècle jusqu'en 1793. Bordeaux, 1866.

    p. 200-201

    "La chapelle de Planquetorte, située entre Vensac et St-Vivien, se trouve sur un petit tertre de verdure, à l'entrée du village dit du Temple, en arrivant par Lesparre. La visite de 1784, parlant de cette annexe d'Arsins, disait : "Le temple de Planquetorte est un membre dépendant de la commanderie d'Arsins, distant d'environ dix lieues dudit Arsins et de quatre lieues de la ville de Lesparre ; il est situé dans le diocèse et sénéchaussée de Bordeaux. Le commandeur de Planquetorte est seigneur foncier, direct et patron de l'église, dont il a donné le service à M. Arnaud de Rougier, prêtre et curé de Vensac, comme il appert par l'acte du 20 juin 1686, accepté par Me Bertrand de Rougier son frère, procureur. Il existe une petite église sous le titre de l'Assomption de Notre-Dame, qui a été autrefois paroisse. La dîme est de peu de valeur ; elle est donnée au sieur curé de Vensac pour administrer les sacrements aux habitants dudit Temple. Dans la dite église il y a une fabrique dont le revenu consiste en quelques vaches qui l'entretiennent de tout ce qui est nécessaire. L'église a huit cannes de long et deux et demi de large, elle est bâtie de pierres ; l'autel est derrière la sacristie. J'ai fait rendre compte aux fabriquants, et j'ai recommandé au sieur curé de Vensac de faire payer les habitants de la fabrique et d'acheter une chasuble noire, deux cordons, un tabernacle, et de faire exécuter un lambris et autre chose nécessaire de l'argent qu'il retirera".

    De nos jours, et tel que le donne la planche 38, l'aspect de cette vieille masure est bien triste, puisque quelques maisons de paysans, éparses çà et là sur la route, sont à peu près les seuls lieux habités. La route de Lesparre qui passe au milieu de ce petit village, traverse avant d'y arriver des marais inondés dans lesquels se reflètent les gros pins résineux, les chênes séculaires et les haies épineuses envahies par les flots (...).

    C'était une affreuse masure, un toit de brique défoncé, un clocher à pignon détruit, deux pauvres portes refaites au XVIe siècle, un chevet plat sans ouvertures, un sol autour du temple tout défoncé, et en avant du côté gauche de l'angle sud-ouest de l'église, une énorme colonne de pierre d'une antiquité récente, surmontée d'une croix de fonte à dessins entrelacés. Tristement et par respect nous entrâmes dans l'église ; il n'y avait plus rien que des murs décrépits, et de l'eau, qui tombant goutte à goutte de la voûte entr'ouvertre, mouillait sans relâche la place déserte où devait se trouver autrefois le tabernacle de l'autel. Puis nous fîmes le tour de cette antique chapelle, et nous vîmes à la façon dont les moellons étaient posés, que les murs de l'église, plus respectés que le pignon et la toiture, devaient remonter au XIIe siècle. La porte et la façade avaient perdu leur ancienne architecture, sans doute par l'usure des années et la marche des événements. Devant une telle destruction, nous dessinâmes malgré tout et nous reprîmes après notre voyage ; notre tâche était achevée.

    Presque aussi heureux dans nos recherches que dans nos visites, nous allons énumérer notre travail en disant que la plus ancienne pièce sur Planquetorte est un cahier de baux à fief remontant à 1228. Dans ce résumé d'actes épars il n'y a rien d'intéressant, pas même les noms des commandeurs, qui ne s'y trouvent jamais. Voici ce qu'en disait l'abbé Baurein dans le temps de sa brillante administration : "Nous avons trouvé pour cette commanderie un livre terrier dudit Valeyrac et Planquetorte des recognoissances faites en faveur de M. frère Claude de Castellane Momméjan, commandeur d'Arsins, escrites en cinquante-et-un feuillets de parchemin, en l'année 1624, reçeues et signées par Devalz, notaire de Bourdeaux, ledit livre relié et couvert d'une peau de parchemin".

    Puis viennent ensuite deux pièces de plus d'importance et dont nous donnons le résumé. La première est une reconnaissance du 23 avril 1490, par laquelle discret home Mossen Guilhem de Bize, prêtre bénéficier et résidant en l'église métropolitaine de Saint-André de Bordeaux, reconnaît en faveur de noble damoiselle Bonefurt de Cassanet dona de Fossat, le fief dit du Temple et de Planquetorte. Cette demoiselle était femme "de noble home Johan de Donisan, escuyer, seigneur de la Motte de Cussac en Médoc, et de plusieurs autres pièces de terre".

    La deuxième pièce est une reconnaissance consentie par Gradède de Bize, femme de Jean Prébost, en faveur de noble damoiselle Bonefurt de Cassanet, dame de Sercins, du Temple, de Planquetorte et de la Motte Cussac, en Médoc, et femme de noble homme Nicolas de Lacoste, d'une maison, jardin, terre, etc, situées au Cornau de Toleron, au lieu appelé à Bise, par Listrac. Elle avait donné procuration à son mari le 7 juin 1504, noble homme Jean de Frontinhan ; et beaucoup d'autres furent témoins de cette procuration, faite le 3 octobre 1515 (Arch. de Bordeaux).

    PIGANEAU Emilien. « Essai de répertoire archéologique du département de la Gironde ». Société Archéologique de Bordeaux, 1897, tome 22, p. 89.

    Commanderie de Planquetorte au village du Temple, restes de la chapelle XIIe siècle, fenêtres du XVIe siècle.

    GALY-ACHE Charles. « Saint-Vivien-de-Begays. Vivianus de Begaïts au XIIIe siècle ». Les Cahiers Médulliens, 1973, n° 13, p. 20.

    Au lieu-dit Temple existait une chapelle du XIIe siècle aujourd'hui disparue, signale Piganeau ; d'après Marquessac, c'était un membre dépendant de la commanderie d'Arcins des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem ; une petite église qui a été autrefois paroisse y portait le nom de Notre-Dame-de-l'Assomption. C'était aussi l'une des stations du pèlerinage annuel de Lesparre à Soulac.

    GALY-ACHE Charles. « L’Hôpital de Grayan ». Les Cahiers Médulliens, 1973, n° 13, p. 88.

    A propos de l'Hôpital de Planquetorte : "il paraît bien en effet que Planquetorte, petit poste avancé du Temple dépendant d'Arcins, simple masure que Marquessac a visitée, ait été supplanté par Grayan, fondation directe de l'Hôpital qui en fit d'abord une préceptorerie et l'érigea plus tard en commanderie".

    AD Gironde. 2 O 3651. Lettre des habitants du Temple, 25 mars 1912.

    Vente par la commune des chaînes (sic) qui entourent la place du Temple et mise en place d'une taxe pour toute famille qui ira laver dans la lagune de Lardiley ; la place du Temple sur laquelle était édifiée une chapelle devint sous la Révolution bien national et fut achetée à l'adjudication qui eut lieu au district de Lesparre le 18 décembre 1792 pour la somme de 1225 francs par le sieur Fatin tant pour lui que pour les habitants du village du Temple de Planquetorte. Par acte du 10 novembre 1889, passé devant Me Lespoux notaire à St Vivien, les co-propriétaires décidèrent de raser et de démolir les vestiges d'une chapelle qui étaient sur la dite place, de niveler cette place, d'y élever un monument, de la délimiter par des bornes reliées par des chaînes, d'y planter des arbres et de vendre un excédent ; enfin, ils choisirent M. Faure fils comme leur mandataire qui, à ce titre, a exécuté les décisions prises d'un commun accord.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Chapellenies, Planquetorte à Saint-Vivien-de-Médoc (1625?).

    Archives départementales de la Gironde : G 834
  • Biens communaux, 1882-1933.

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 3651
Bibliographie
  • MARQUESSAC H. de. Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Guyenne depuis le XIIe siècle jusqu'en 1793. Bordeaux : impr. de Vve J. Dupuy, 1866.

    p. 200-201
  • ROUDIE Paul. L´activité artistique à Bordeaux, en Bordelais et en Bazadais de 1453 à 1550. Bordeaux : SOBODI, [s.d.]. Tome 1.

    p; 97
Périodiques
  • GALY-ACHE Charles. « Saint-Vivien-de-Begays. Vivianus de Begaïts au XIIIe s. ». Les Cahiers Médulliens, 1973, n° 13.

    p. 20
  • PIGANEAU Emilien. « Essai de répertoire archéologique du département de la Gironde ». Société Archéologique, 1897, tome 22.

    p. 89
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