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Chalets commerciaux et échoppes de la Promenade horizontale

Dossier IA64002647 réalisé en 2018

Fiche

Aires d'études Pyrénées-Atlantiques
Dénominations échoppe
Adresse Commune : Eaux-Bonnes
Adresse : avenue Castellane
Cadastre : 2018 AN 174 à 185

L'essor du thermalisme aux Eaux-Bonnes sous le Second Empire et la Troisième république entraîne un ensemble d'activités économiques connexes en lien avec le tourisme. Outre les hébergements pour voyageurs, un ensemble de petits commerces emblématiques de la station voit le jour de 1859 à 1874 entre le Grand hôtel des Princes et l'entrée de la Promenade Horizontale, où le casino est implanté quelques années plus tard.

Cet ensemble commercial prenait la forme d'une série de petits chalets et étals pittoresques, dont il ne subsiste qu'un édifice de nos jours - le chalet de Mme Anglade -, en état de délabrement. La création de ces échoppes relève aussi bien de l'initiative privée que de la volonté publique. Trois vagues de construction se distinguent chronologiquement:

- entre 1859 et 1860, sont édifiés les chalets de Marie Rouch Lapoudre, Jean-Pierre Lacôme, Mariannette Battault et Philippe Sanchette ;

- entre 1862 et 1864, la commune construit six chalets et six magasins dans un premier temps, puis un chalet, huit magasins et sept étals ;

- entre 1873 et 1874, sont bâtis ceux de Bernard Laulhé, Joseph Filliat, Jacques Tauzy, André Gui-[de Lavillette ?], ainsi que le second chalet de Marie Rouch Lapoudre.

Certains sont démolis rapidement, tels celui de Jean-Pierre Lacôme dès 1866, l'atelier de photographie de Cazassus-Lanne en 1898 ou encore un chalet, six étals et six magasins communaux en 1911, au motif d'une réflexion d'aménagement urbanistique, notamment pour la création de la galerie commerciale en maçonnerie sous l'esplanade du casino dans les années 1890. Le casino lui-même est édifié à l'emplacement d'un ancien chalet à partir de 1875.

Les destinations commerciales de ces petites constructions étaient variées, complémentaires et adaptées aux attentes de la clientèle urbaine en villégiature, témoignant ainsi de l'essor du tourisme et de la société de consommation. Le chalet Pacault, qui publiait des encarts publicitaires dans la presse locale, était par exemple spécialisé en papeterie de luxe, maroquinerie, photographies et articles de "haute fantaisie". Celui de Mme Turon vendait des pralines et des bonbons, celui de M. Larrieu accueillait une librairie pyrénéiste, celui de Mme Anglade abritait un salon de thé, sans compter le Chalet des Beaux-arts ou encore l'atelier de photographie Cazassus-Lanne. Tout concourrait à la fabrication d'un cadre enchanteur et à la matérialité du voyage.

Les chalets de bois du début de l'esplanade du casino ont été remplacés par des constructions en béton dans les années 1930, lesquelles furent démolies dans les années 1980.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle

Les cartes postales et photographies de l'époque, ainsi que le dernier exemple subsistant (chalet de Mme Anglade), permettent de dégager un mode de construction commun et sommaire pour cette série d'échoppes et de magasins. Inspirés de la typologie du chalet alpin, très en vogue sous le Second Empire et la Troisième république, leur esthétique participait pleinement au cadre pittoresque de l'entrée de la Promenade Horizontale, à l'ombre d'un flanc de montagne sauvage.

Ces édifices aux proportions modestes, à la fonction strictement commerciale et à l'allure souvent rudimentaire, se composaient généralement d'un niveau unique, d'une à trois travées, et pouvaient être complétés au mieux d'un étage sous combles. Les pans de bois et les garde-corps découpés de leurs balcons, tous peints, dialoguaient avec les couvertures en ardoises pyrénéennes, rendues nécessaires par les conditions climatiques. La devanture commerciale s'ouvrait et se refermait grâce à un système de volets et abritait le chaland du soleil ou de la pluie avec des stores en tissu tendus vers la promenade. L'iconographie ancienne et les archives ne permettent cependant pas d'appréhender le degré de polychromie de cet ensemble.

Toits ardoise
Murs bois essentage de planches
Décompte des œuvres repérées 20

Références documentaires

Documents d'archives
  • Augmentations et diminutions survenues dans les contenances et les revenus portés sur les matrices cadastrales année 1863.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
  • Matrice cadastrale des propriétés bâties d'Eaux-Bonnes 1903-1904.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
Documents figurés
  • Plan cadastral des Eaux-Bonnes dressé par J. Turon le 17 septembre 1863, vu et approuvé par le préfet le 27 avril 1866.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
Périodiques
  • Courrier d'Eaux-Bonnes, 8 août 1878.

    P. 2-4.
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Université de Pau et des Pays de l'Adour - Delpech Viviane