Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Chais et cuviers de Château Loudenne

Dossier IA33006626 réalisé en 2013

Fiche

Parties constituantes non étudiées tonnellerie
Dénominations chai, cuvage
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Lesparre
Adresse Commune : Saint-Yzans-de-Médoc
Lieu-dit : Loudenne
Cadastre : 1831 B1 150-151 ; 2014 134

Avant 1875 et l'acquisition du domaine par les frères Gilbey, les chais et cuviers sont installés dans l'aile sud qui forme la cour de la maison de maître. Un plan datant probablement de 1876 montre l'emplacement prévu pour la construction de nouvelles installations au sud de l'allée menant à l'estuaire. Les travaux sont confiés à l'architecte bordelais Ernest Minvielle. Il propose en novembre 1876 les plans d'un cuvier de type médocain, avec plancher, abritant 11 cuves, encadré de deux vastes ailes abritant les chais. Une voie ferrée est également établie, reliant un port aménagé sur les bords de l'estuaire, permettant l'exportation directe des barriques sur des bateaux à destination de l'Angleterre. C'est cette date 1876 que l'on retrouve inscrite à deux endroits sur la façade ouest du cuvier.

L'ensemble est agrandi par l'ajout de chais supplémentaires : les plans en sont dressés en 1890, à nouveau par Ernest Minvielle, avec un projet de façade côté fleuve scandée par les cinq vaisseaux de chais aux portes cintrées surmontées de frontons sculptés. Finalement, la façade réalisée est bien plus monumentale, en brique et pierre, avec un large fronton cintré et des créneaux.

En 1887, le château obtient la médaille d’or du vignoble le mieux tenu du département, décernée par le ministère de l’agriculture : dans l’édition de 1893 de l'ouvrage de Cocks et Féret, il est indiqué que "les soins parfaits apportés à la culture, les labours faits par d’énormes chevaux anglais, la lutte efficace contre les fléaux qui frappent nos vignes et les perfectionnements de toute sorte dans l’entretien des vignes et dans le cuvier et les chais, font de ce magnifique domaine une des attractions du Médoc."

Les vues du domaine publiées par Henry Guillier au début du 20e siècle montrent les alignements de barriques (400 tonneaux sont produits à l’année) et le chemin de fer Decauville reliant les chais au port. Des cuves en béton portent les dates 1923 et 1926, indiquant l'époque de leur installation en remplacement des cuves d'origine en bois.

Dans l’édition de 1949 de l'ouvrage de Cocks et Féret, le château ne produit plus que 100 tonneaux.

Dans la 2e moitié du 20e siècle, un cuvier en béton est aménagé sous les chais existants.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 2e moitié 20e siècle
Dates 1876, porte la date, daté par source
1890, daté par source
Auteur(s) Auteur : Minvielle Ernest, architecte, attribution par source, signature

Les bâtiments sont situés à l'est du château. De plan massé, ils se composent d'un cuvier rectangulaire présentant sa façade à l'ouest sur une cour, encadré de deux ailes abritant les chais et formant un U côté est. L'espace central est occupé par un vaste chai à barriques, sous lequel un autre chai en béton a été aménagé, utilisant la dénivellation naturelle du terrain.

La façade du cuvier, à l'ouest, traduit l'organisation intérieure du bâtiment sur deux niveaux. Les cuves sont alignées au rez-de-chaussée, chargées de la vendange par une large porte haute qui était équipée d'un treuil. Un niveau de plancher permettait d'accéder directement aux parties supérieures des cuves. Ces deux niveaux sont matérialisés à l'extérieur par un large larmier, tandis que la façade est rythmée de 7 travées d'ouvertures délimitées par des pilastres. Les trois travées centrales forment pignon avec fronton sculpté d'un phylactère portant l'inscription CUVIER et orné de pampres de vigne et de raisins. La date 1876 est gravée au-dessous. Le rez-de-chaussée, enduit, est percé de doubles baies carrées ; la porte centrale est traitée en arc outrepassé mouluré avec clé en ressaut. Sur le côté gauche se trouvent inscrites les initiales EG et la date 1876. L'étage est ouvert au centre d'une large porte haute à plate-bande avec coussinets. Sur le pilastre de gauche figure la signature de l'architecte Ernest Minvielle. Les fenêtres des autres travées présentent des encadrements en pierre de taille harpés, avec plate-bande en arc segmentaire en brique et clé en pierre de taille en ressaut. Le bâtiment est coiffé d'un clocheton équipé d'une horloge (LUSSAULT TIFFAUGES). Couvert de tuiles en écaille, il présente des parois en bois ajouré.

Le cuvier est encadré, côté ouest, de deux ailes disposées parallèlement qui abritaient à l’origine des chais. La façade ouest est percée de portes en plein-cintre surmontées d'un pignon interrompu d'un fronton en amortissement. Les fenêtres sont encadrées de pierre de taille avec arc segmentaire en brique.

Les façades des chais, à l'est, laissent également transparaître l'organisation intérieure des bâtiments. La partie centrale correspond au vaste chai, ajouté en 1890 entre les deux ailes de chais préexistantes formant une cour en U. Cette façade imposante compte deux niveaux et 9 travées d'ouvertures. Elle est traitée en brique, la pierre de taille étant utilisée pour le solin de mur, les bandeaux, les pilastres, la travée centrale, le rampant du fronton cintré avec la table décorative portant l'inscription CHAIS et les créneaux. La travée centrale est percée au rez-de-chaussée d'une large porte cintrée avec claveaux en ressaut et, à l'étage, d'une triple baie à traverse et meneaux. Les fenêtres sont géminées, couvertes d'une archivolte à denticules au rez-de-chaussée et d'un bandeau à l'étage. Au sud, l'aile formée par deux vaisseaux de chais parallèles est encore visible, tandis que l'aile nord, symétrique, est occultée par la présence d'un vaste hangar. Les façades de ces chais sont percées en leur centre d'une porte en plein-cintre avec clé à ressaut, surmontée d'un pignon interrompu par un fronton en amortissement.

A l'intérieur, le plancher n'est pas conservé et les cuves en bois ont été remplacées par des cuves en béton et en inox. La charpente en bois est équipée de tirants métalliques. Un escalier à double volées métallique donne accès à la partie supérieure des cuves. Au centre du vaisseau, une porte communique avec les chais disposés au centre de l'espace en U formé par les deux ailes latérales. L'espace est scandé de poteaux en fonte soutenant des entrevous de brique.

Un ancien chai (ou une ancienne tonnellerie ?) sert d'espace muséal en présentant d'anciens outils viticoles.

Un chai en béton a été aménagé sous terre : il reprend la structure du chai principal avec des colonnes, des poutres maîtresses et des entrevous en béton.

Murs calcaire moellon
Toit tuile creuse
Étages en rez-de-chaussée
Couvertures toit à longs pans
Typologies cuvier médocain
Techniques sculpture
Représentations raisin, vigne, phylactère, fronton, pilastre
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • GUILLIER Henry. Les grands vins de la Gironde illustrés. Libourne-Bordeaux, s.d. [vers 1910].

  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1898, revue et augmentée de 450 vues de châteaux viticoles (7e édition).

  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1929 (10e édition).

(c) Conseil départemental de la Gironde ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Riberolle Jennifer - Steimer Claire