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Chais et cuviers de Château Latour

Dossier IA33005631 inclus dans Château Latour réalisé en 2012

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiées cuvage, cour, puits
Dénominations chai
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Pauillac
Hydrographies Gironde la
Adresse Commune : Pauillac
Lieu-dit : Latour
Cadastre : 1825 H 187 ; 2012 OE 67

Un inventaire dressé en 1755 indique deux cuviers et 17 cuves écoulant de 6 à 1 tonneau. Deux pressoirs et deux fouloirs complètent l'équipement. Un grand chai sert au vin fin.

Un plan du domaine daté 1759 représente la tour-colombier avec au nord-est, à l'emplacement approximatif de l'actuel château, la "maison" entourée d'un jardin ; au sud un vaste bâtiment de plan carré abrite les "chay et cuvier". A la fin du 18e siècle, on comptait une vingtaine de cuves en bois de chêne ; au début du 19e siècle, le régisseur Poitevin fait cercler de fer ces cuves pour les rendre plus solides. En 1839, à l'occasion de l'achat d'une partie de Latour par les négociants Barton et Guestier et Johnston, le cahier des charges fournit une description du domaine : la contenance est évaluée à 66,15 hectares dont 45 hectares de vignes. On note l'existence de deux cuviers, d'"un chai pour le vin nouveau et de deux chais de conserve pour le vin vieux" ; on avait donc construit un deuxième chai de "réserve" ; les deux pressoirs de pierre avait disparu semble-t-il ; on ne décrit que "deux pressoirs en bois dont un avec une presse à vis de fer" ; dans le cuvier s'alignaient 17 cuves "de différentes grandeurs". Le cheptel comprenait "5 paires de bœufs, 2 paires de chevaux et 3 vaches laitières". L'architecte Duphot propose en décembre 1859 un plan pour un nouveau chai qui doit être construit au nord du cuvier. Les travaux se déroulent en 1860-1861 pour une somme de 4 656,60 francs : "le nouveau chai a été construit et on a pu y loger en temps convenable les 100 tonneaux de 1860... Sa construction est satisfaisante et dans de bonnes conditions ; au-dessus se trouve un grenier élevé, qui interceptera bien la chaleur et sera très utile". En 1875-1876, on construisit un autre chai (20 260 francs). Un incendie se déclara le 6 juillet 1892 dans la tonnellerie ; un chai contenant les vins de 1890 vendus, un autre chai garni de vieilles futailles et un troisième chai "contenant les barriques neuves et les caisses de vin de 1881 (vins vendus)" furent détruits ; les étables, les granges à foin, un hangar et cinq maisons de valets furent également la proie des flammes sans compter la "maréchalerie" et quelques autres barriques de vin.

Les travaux furent sommairement évalués par l'architecte Géraud (ou Gérand ?) à 58 500 francs, outillage et barriques neuves à acheter compris. Ils commencèrent dès le mois d'août 1892 et furent achevés vers le mois de juin de l'année suivante. On en profita pour ajouter aux logements détruits et reconstruits une maison pour le maître de chai et une autre pour le charretier. On fit aussi construire "un bâtiment pour le réfectoire des vendanges" et un chai nouveau "pour les piquettes". A cette époque, des modernisations furent apportées au cuvier : cimentage en 1898, remplacement des vieilles presses ; il fallait trouver une solution à l'insuffisance du nombre de cuves par rapport à l'accroissement de la récolte. Un puits fonctionnant à l'aide d'un manège à cheval permettait de fournir de l´eau. A la suite de l´incendie, un château d'eau fut élevé en 1913 selon les plans de l'architecte Lacroix : la maison Gaden de Bordeaux installa un "réservoir à eau" dans la "tour même, sous la coupole, soutenu par quatre poteaux en béton armé, partant depuis le sol » avec un moteur à essence chargé d'actionner la pompe. A la même époque, le domaine fut équipé d´une installation électrique. L'album photographique d'Henry Guillier fournit des représentations des bâtiments au début du 20e siècle. On peut voir notamment le porche crénelé qui donnait accès à la cour et qui a été modifié depuis. En 1926-1927, on construisit un chai souterrain pour augmenter la capacité de stockage. En 1963, 75% du domaine sont vendus à deux sociétés anonymes britanniques, la Hallminster limited et la société Harveys of Bristol. Elles vont engager une vaste modernisation du domaine : extension du vignoble, drainage, maintien des vieilles vignes, restauration des chais existants puis agrandissement. Au grand chai de première année rénové, mais de trop faible capacité, on ajoute un autre chai destiné au même usage, situé dans la partie septentrionale des bâtiments. Les aires souterraines de stockage sont également agrandies. Jouxtant l´ancienne petite cave, une grande cave, d´une contenance de 1000 barriques, est creusée et aménagée. Elle est surmontée d´un magasin de stockage où l´isothermie a été spécialement étudiée. La salle de mise en bouteilles est entièrement remaniée. Le 20 novembre 1963, le conseil d´administration décide l´installation et l´utilisation de cuves en inox : 12 cuves de 200 hectolitres de capacité chacune furent utilisées pour les vendanges de 1964. En 1967, pour pallier l´insuffisance de capacité de celui-ci, un cuvier annexe, le "petit cuvier", est aménagé avec 5 cuves en inox de 140 hectolitres chacune. Cette installation est complétée par deux presses pneumatiques. En 1993, le domaine est racheté par François Pinault qui engage des réaménagements profonds entre 1999 et 2003, menés par l'atelier d'architecte Mazières et le décorateur Bruno Moinard. Aujourd'hui, 66 cuves en inox sont utilisées, parmi lesquelles des cuves tronconiques. De nouveaux travaux sont actuellement en cours. Une écurie a également été récemment construite, le long du ruisseau de Juliac, pour le travail en biodynamie que souhaite développer le domaine.

Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 4e quart 20e siècle
Principale : 1er quart 21e siècle
Auteur(s) Auteur : Atelier des Architectes Mazières,
Atelier des Architectes Mazières

Atelier bordelais formé par les frères Bernard et Jean-Marie Mazières.

Fondé en 1975.

Depuis 2013, l’architecte Audrey Pédezert a rejoint l'équipe.


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architecte, attribution par tradition orale
Auteur : Duphot Théodore Henri,
Théodore Henri Duphot (1810 - 1889)

Père d'Abel Valentin Duphot


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architecte, attribution par source
Auteur : Gérand G., architecte, (?), attribution par source
Auteur : Cazalis et Lacroix,
Cazalis et Lacroix

Etienne Cazalis et Jules Lacroix, architectes à Bordeaux.


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architecte, attribution par source

Les bâtiments organisés autour d'une cour fermée sont situés au sud de la demeure. Ils ont été à de nombreuses reprises remaniés et leur fonction a donc évolué. L'aile sud abrite aujourd'hui les bureaux, la salle de dégustation et une salle de réception. L'aile orientale est composée de trois vaisseaux disposés parallèlement, abritant d'une part un salon, une salle à manger, une cuisine, d'autre part un cuvier et enfin les chais. Des chais souterrains augmentent encore la capacité de stockage du vin en barriques. Cette aile est dotée d'un porche formant pavillon, couvert d'un toit à croupes. L'aile nord abrite deux cuviers avec une réception de la vendange à l'étage. Enfin, l'aile ouest est consacrée principalement au stockage et à la mise en bouteilles. Depuis 2007, un procédé de traçabilité des bouteilles a été mis en place pour éviter la fraude et les contrefaçons. L'ensemble des installations sont performantes : tri optique, cuves tronconiques... Les différents espaces sont agrémentés d’œuvres d'artistes contemporains de la collection de François Pinault.

Murs calcaire
enduit
moellon
Toit tuile creuse
Étages en rez-de-chaussée, comble à surcroît, sous-sol
Couvertures toit à longs pans
croupe
États conservations restauré, remanié
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extraits de l'ouvrage de Charles Higounet, 1974

    HIGOUNET, Charles (dir.). La seigneurie et le vignoble de Château Latour, histoire d'un grand cru du Médoc (XIVe-XXe siècle) . Bordeaux : Fédération historique du Sud-Ouest, 1974, 2 tomes.

    Concernant les plans de Duphot conservés dans les archives du château, tome 2, p.437 [ces plans n'ont pas été retrouvés au château] :

    note 70 : Ils sont conservés dans le grand registre vert "Latour 1854 à 1865" ; ils sont au nombre de dix-neuf, dont deux sont des ébauches tracées par le marquis de Beaumont-Villemanzy lui-même ; l'architecte Duphot en signa dix-sept ; ils constituent trois projets successifs ; les deux premiers sont datés de septembre 1860 ; quatre plans, dont deux élévations tracées à l'encre de Chine, sont présentés sur calque toile avec couleur rose et jaune ; ils sont à l'échelle du 1/100 et constituent le dossier du premier projet, le plus ambitieux ; le second projet, daté du 29 septembre 1860, est illustré de cinq plans de même présentation graphique, à la même échelle, mais tous à l'encre de Chine ; ils comprennent trois plans, les caves, le rez-de-chaussée et le premier étage et deux élévations : la "façade postérieure, sur la cour" et la "façade principale sur la rivière". Le troisième projet, qui fut adopté, est daté du 20 septembre ; il est accompagné de huit planches sur papier calque bleu ; elles sont tracées au crayon ; on a utilisé la couleur rose ; elles comprennent : quatre plans, soubassement, rez-de-chaussée, premier étage et combles, une coupe transversale, deux élévations, façade latérale et façade principale ; "l'élévation d'une ferme" datée du 30 avril, complète ce dernier dossier.

    Ils correspondent à trois projets dressés successivement ; les deux premiers sont datés de septembre 1860 ; ils visaient à construire une demeure de belle apparence, surmontée d'un belvédère implanté au sommet de hauts combles couverts d'ardoises ; les façades principales, percées d'une dizaine de fenêtres rectangulaires, encadrant un registre central à trois plans, sommé d'un fronton courbe, reposaient sur un soubassement en bandeaux plats de belle pierre de Bourg et de Saint-Macaire ; elles étaient recouvertes d'un parement de même pierre dite de "La Roque" ou de Petit-Bourg. Le projet n°1 proposait une demeure à un étage, comprenant seize pièces principales et de nombreux "dégagements" et "cabinets" ; un bel escalier de pierre conduisait à l'étage. Le second projet conservait le même dispositif, mais il était un peu moins ambitieux ; l'architecte avait supprimé deux pièces principales, tout en conservant à peu près le même nombre de "dégagements" et autres "cabinets". Dans les deux cas, la naissance des combles était soulignée par une série de lucarnes rondes à œil de bœuf. A vrai dire, l'architecte avait divisé la demeure en deux appartements séparés : au midi, celui des propriétaires, au nord celui du régisseur.

    Duphot n'avait présenté qu'un seul devis estimatif pour le premier projet ; il s'élevait à 73 814,45 francs, soit près de 370 000 francs actuels. La correspondance qu'il échangea avec le marquis de Beaumont-Villemanzy montre qu'il ne souhaitait pas réaliser le second projet présenté ; il soulignait que le premier était "beaucoup plus commode et d'un effet bien meilleur". En fait, l'architecte défendait fermement son premier projet : "notre construction ne serait peut-être pas traitée à l'intérieur avec tout le soin qui a été mis à celle de M. Lalande" ; de plus, suggérait-il, "on pourrait, comme l'a proposé M. Roux, tout en édifiant l'ensemble, ne finir que les parties dont on aurait besoin, quitte à attendre quelque récolte comme celle de 1858 pour l'achever à l'intérieur".

    Mais le marquis ne l'entendit pas de cette oreille ; l'Assemblée générale de la société n'aurait d'ailleurs pas accepté d'engager de telles dépenses. On en resta là pendant un an et demi environ. Finalement, en septembre 1862, l'architecte se ralliait aux exigences des propriétaires ; il présentait un autre projet de construction, plus modeste, huit pièces principales seulement. Le plan d'ensemble rappelait le dispositif primitif, et les matériaux étaient de même qualité que ceux qui étaient prévus dans les deux premiers projets. Duphot travailla sur une ébauche que lui présenta le marquis de Beaumont. Le plan tracé par l'architecte tint compte des observations des propriétaires, le devis estimatif, daté du 20 septembre 1862, s'élevait à 45 568,85 francs, soit un abattement de près de 40% par rapport au projet primitif.

    Les travaux commencèrent dès l'automne de 1862 ; Roux fait savoir, le 23 novembre 1862, que Frénac, le maçon, avait "commencé la démolition de la maison" ancienne. Le marquis de Beaumont précisait, en tête de son rapport sur l'exercice 1861-1862 : "l'ancienne habitation a été démolie depuis la vendange. Les matériaux sont rangés selon leur nature et qualité. On utilisera tout ce qui en sera susceptible".

    [...]

    Le 24 octobre 1863, le marquis de Beaumont faisait le point en ces termes, dans son rapport annuel : "La nouvelle habitation est terminée extérieurement ; les cloisons et plafonds le sont également, sauf la couche de plâtre blanc qui ne sera donnée qu'au printemps ; les planchers, les portes et les fenêtres sont posés. Je pense que ce petit château sera habitable aux vendanges prochaines ; l'architecte me fait toujours espérer que le devis ne sera pas dépassé".

    Les travaux se poursuivirent régulièrement jusqu'à la mi-février 1864, où ils furent interrompus à cause des rigueurs de l'hiver. Dès le 20 mars 1864, ce fut la reprise ; on commença alors à construire la maison de l'homme d'affaires Cadate Landureau ; le 11 mai 1864, Roux signalait une difficulté imprévue : "le caveau est difficile à faire car des venues d'eau se sont produites à trois pieds de profondeur" ; le 2 juin 1864, Roux annonçait que l'intérieur du château était à peu près terminé. Le marquis de Beaumont était attendu pour régler les questions d'ameublement ; dans la deuxième quinzaine d'août 1864, Roux considérait que la construction du château et celle de la maison de l'homme d'affaires étaient pratiquement achevées ; on avait même édifié un hangar derrière la maison de Cadet. Tout était prêt pour les vendanges de 1864.

    [...]

    L'agrandissement des chais, p. 439

    Duphot, l'architecte, proposa en décembre 1859, une construction monumentale ; le plan de la façade principale prévoyait dix travées de pierres appareillées encadrant un haut portail soutenu par des piliers sculptés qui reposaient sur de larges bandeaux de pierres plates et surmonté par un fronton triangulaire timbré aux armes de Latour.

    [note 73 : il existe trois plans des chais dans les archives de Latour ; ils sont signés de Duphot ; le projet du marquis de Beaumont-Villemanzy, tracé à l'encre, a été conservé également ; il prévoyait une façade de 38,50 mètres entre deux hauts piliers rectangulaires ajourés de grands portails cintrés]. L'architecte avait élaboré deux projets ; le premier était évalué à 42 000 ou 44 000 francs ; le second, un peu moins somptueux, aurait coûté de 36 000 à 38 000 francs. Duphot répondait par avance aux objections sur le coût des travaux : "si vous trouviez le chiffre de la dépense élevée (sic), je vous ferais remarquer que le bâtiment qu'il s'agit de construire est grand, qu'il a plus de 66 mètres de longueur et qu'il couvrirait une superficie de près de 750 mètres carrés". il conseillait habilement le choix du projet le plus onéreux, car, écrivait-il, "l'importance du cru de Latour réclamerait quelque chose qui ne fût pas tout à fait commun".

    Le marquis de Beaumont-Villemanzy refusa ces premières propositions trop coûteuses ; l'architecte lui répondit, le 19 janvier 1860, en lui envoyant deux élévations-coupes qui constituaient une nouvelle esquisse [...].

    Le marquis de Beaumont-Villemanzy ne donna pas suite à ces propositions, et on différa la construction du chai projeté jusqu'en octobre 1860 [...]. On se passa des services de l'architecte et on confia l'exécution des travaux à des entrepreneurs locaux ; tout était terminé en septembre 1861 [...].

    Les plus gros travaux furent effectués en 1867 et 1868, où le marquis de Flers fit non seulement réparer les chais "de l'ouest du midi et de l'est", mais construire le mur d'enceinte du domaine, ajouter un hangar et creuser des puits.

  • Extraits d'ouvrages

    RIBADIEU, Henry. Les châteaux de la Gironde [...]. Paris : Dentu libraire, 1856.

    p. 59 à 72

    Comme une sentinelle avancée, s'élevaient, il y a plusieurs siècles, sur les bords de la Gironde, les fortifications aujourd'hui disparues du château de Latour. Les terrains d'alluvion que les dépôts successifs du fleuve ont formés sur cette rive, ont laissé en arrière les fondations, qui se trouvent maintenant situées à quelques centaines de mètres du rivage (...).

    Dans un état des dépenses faites à l'occasion d'une guerre qui avait eu lieu dans la province, au temps de Jean de Neuville, lieutenant du roi d'Angleterre à Bordeaux, il était question, entr'autres particularités, de reprendre la Tour de Saint-Mambert en médoc.

    Par cette pièce, qui se trouve dans le recueil de Rymer, on voit que, dès le 19 septembre 1378, on s'était déjà mis en mesure de faire le siège du château de Latour. On y porte en compte, sous cette même date, cent quatre-vingt-quinze francs, payés au nommé Gaston, capitaine d'un navire de Bordeaux, armé en course.

    Le corsaire bordelais s'était obligé, non seulement à transporter lui-même des vivres nécessaires aux assiégeants, mais encore à convoyer les barques ou les navires chargés des machines de guerre que l'on destinait au siège de la place. Le capitaine Gaston devait, en outre, garder la rivière et la défendre contre les ennemis qui pouvaient en troubler la navigation (...).

    Il n'était guère possible que cette tour isolée, et sans doute assez faiblement défendue, pût tenir longtemps contre ces différentes attaques : aussi fut-elle bientôt reprise.

    Cinquante et quelques années après ces guerres, nous retrouvons le château de Latour Saint-Mambert dans les mains de Bertrand de Monferrant. Bien des maîtres se succédèrent dans ce lieu. Voici les seuls noms qui soient arrivés jusqu'à nous :

    Bertrand de Monferrant, seigneur de Langoyran, 1429 ; Gaston de l'Isle, baron de La Brède, 1444 ; Gaston de La Touche, 1477 ; Denis de Mallet, 1606 ; MM. de Kellogon, Maisoncelle et Miroménil, 1785.

    En 1453, c'est-à-dire à une époque où la terre appartenait sans doute encore à Gaston de l'Isle, Latour vit passer sous ses murs les derniers débris de l'armée anglaise. Ce fut au pied du château, dans un chenal dont le lit d'un ruisseau indique actuellement la position, que les soldats amenés par Talbot vinrent s'embarquer (...). Le manoir, saccagé et brûlé à la suite de ces événements, ne fut point réparé ; il a porté la trace du feu jusqu'à sa complète démolition.

    (Le château de Latour ou plutôt le domaine de ce nom, est actuellement la propriété de la famille de Beaumont et de MM. de Courtivron et de Flers, en indivisis).

    DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais. Bordeaux, s.d. [1867], t. 1.p. 15-19

    Château-Latour se trouve sur le territoire de l'ancienne commune de Saint-Lambert, réunie à Pauillac en 1790. Les bâtiments sont neufs, très élevés, assez vastes, et présentent dans leur ensemble un aspect des plus gracieux ; on reconnaît à première vue une des principautés de la vigne. La tour qui a donné son nom à ce célèbre vignoble est située sur un mamelon qui domine le fleuve ; dans son isolement, elle est comme une sentinelle chargée de garder ce grand premier cru. (...) Il y avait autrefois, au midi de la petite tour dont nous donnons la photographie, un château-fort pour protéger les navigateurs bordelais, et mettre le pays à l'abri d'une invasion étrangère (...).

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : 2e éd. Féret, 1868.

    p.137

    Le château La Tour est dans la famille de Ségur - dont les propriétaires actuels [MM. de Flers, de Beaumont, de Graville et de Courtivron] sont les descendants - depuis près de deux siècles. Après avoir été morcelé pendant un certain temps, il fut adjugé publiquement en 1841 aux propriétaires actuels qui se sont réunis en Société civile du vignoble de La Tour, pour rendre son exploitation plus facile et donner plus de force à la gestion intelligente et éclairée du régisseur, qui est actuellement M. Roux, notaire et maire de Pauillac.

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

    p. 159, avec illustration.

    La terre de La Tour, acquise, en 1670, par M. de Chavanas, conseiller secrétaire du roi, passa, sept ans plus tard, dans la famille Clauzel, et de celle-ci passa, par mariage, dans la famille de Ségur, dont les propriétaires actuels sont les descendants (...).

    BERTALL, Charles-Albert d'Arnould, connu sous le nom de. La Vigne, voyage autour des vins de France, étude physiologique, anecdotique, historique, humoristique et même scientifique. Paris : E. Plon, 1878.

    p. 301

    Le château Latour est possédé par la famille de Ségur depuis près de deux siècles, malgré les vicissitudes apportées par les confiscations révolutionnaires.

    En 1841, des adjudications publiques, par suite de raisons de famille et de raisons d'Etat, se montèrent à 1 511 000 francs, et réunirent tout l'ensemble de la propriété, un instant divisée, entre les mains de la même famille de Ségur, maintenant représentée par MM. de Flers, de Beaumont, de Graville et de Courtivron, réunis en Société civile pour l'exploitation régulière du domaine de Latour (...).

    Jadis ce domaine était fortifié ; il commandait la Gironde, sans doute pour défendre le passage contre les invasions des navires ennemis.

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1886 (5e édition).

    p. 187

    Régisseur : D. Jouet, ancien élève de l'Institut national agronomique.

    BUTEL, Paul. Grands propriétaires et production des vins du Médoc au XVIIIe siècle. In Fédération Historique du Sud-Ouest, XVIe congrès. Le Médoc. 1964.

    p.142

    (...) Situé dans la paroisse de Saint-Lambert-du-Médoc, on y retrouve une place très importante réservée aux vignes ; les terres comprennent aussi des prairies, des pacages et des landes, on note des aireaux, terrains vagues autour de la maison, et les vimières. L'estimation est faite à 522 400 livres, elle est donc inférieure à celle de Laffitte, il y a 15 000 livres pour la pré-clôture, ce qui indique une maison très inférieure en dimension (d'après l'article 5 de l'inventaire successoral du 5 mai 1763). L'estimation faite sous la Révolution concorde avec ces indications et, comme pour Lafitte, elle présente l'avantage de nous donner la grandeur des terres. Le domaine était alors estimé à 811 000 livres pour 182 journaux (56 ha 82 a) ; seul d'ailleurs, le quart du domaine devait être adjugé à une veuve d'un médecin de Bordeaux, Jeanne Courrégeolles. Il appartenait alors à la famille de Ségur, le maréchal de camp Ségur-Cabanac ayant émigré. Il comportait 115 journaux de vignes, soit 32 ha 65, 61 journaux de pré et 6 journaux de terres labourables. L'inventaire de 1755 nous permet de comprendre, comme pour Laffitte, l'économie du domaine ; dans les deux cuviers mentionnés, il y avait 17 cuves écoulant de 6 à 1 tonneau, le nombre des cuves est inférieur à celui de Lafitte et, surtout, elles sont de dimension plus réduite. Deux pressoirs et deux fouloirs complètent l'équipement des cuviers. Il faut noter qu'ici on spécifie qu'un grand chai sert au vin fin, on y a inventorié 38 barriques de vidange et 24 barriques neuves pour les seconds vins ; la grange contient 4 charrettes ferrées et 2 tombereaux ; un parc à bœufs à 4 paires de bœufs à poil rouge. On ne précise pas le nombre des instruments aratoires. Comme pour la superficie et l'estimation, on a donc l'impression d'un domaine moins important que celui de Lafitte, mais encore notable.

    COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1969 (12e édition).

    p.340-341

    Il est sans doute le seul Premier Grand Cru classé à tirer encore en bouteilles à la main, c'est-à-dire à même la carasse, un vin ainsi parfaitement tranquille, mis sous verre paisiblement, sans avoir à subir le "choc" préalable du groupe de mise.

    Vue du cuvier avec cuves en inox.

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1982.

    p. 569

    La puissante impulsion donnée en 1963 par les nouveaux propriétaires et plus particulièrement par l'actionnaire principal, la Société Pearson and Sons, Ltd, a permis à château Latour de réaliser une profonde remise à jour technique.

    C'est ainsi que la vinification s'effectue en cuves d'acier inoxydable à refroidissement automatique et contrôlé.

    Cependant, l'élevage se fait toujours en barriques neuves de chêne merrain fendu.

Références documentaires

Bibliographie
  • BUTEL Paul. Grands propriétaires et production des vins du Médoc au XVIIIe siècle. Fédération Historique du Sud-Ouest, XVIe congrès. Le Médoc. 1964.

    p. 142
  • GUILLIER, Henry. Les grands vins de la Gironde illustrés. Libourne, Bordeaux : s.d.

  • HIGOUNET, Charles (dir.). La seigneurie et le vignoble de Château Latour, histoire d'un grand cru du Médoc (XIVe-XXe siècle) . Bordeaux : Fédération historique du Sud-Ouest, 1974, 2 tomes.

  • MOUCHEL, Guy. Pauillac (Mémoire en images). Saint-Cyr-sur-Loire : A. Sutton, 2001.

    p. 118
  • RIBADIEU, Henry. Les châteaux de la Gironde [...]. Paris : Dentu libraire, 1856.

Périodiques
  • STEIMER Claire. « De bois, de béton et d'inox, les chais médocains ». Le Festin, 84, 2013.

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