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Chais de Château Lanessan

Dossier IA33001701 inclus dans Château Lanessan réalisé en 2008

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiées cuvage, tonnellerie, puits, hangar agricole
Dénominations chai
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Cussac-Fort-Médoc
Lieu-dit : Lanessan
Cadastre : 2010 AB 87

D'après Robert Coustet, les chais et les écuries, construits entre 1882 et 1888 sur les plans d'Henri Duphot, entraînent la démolition des anciens bâtiments, visibles sur le plan cadastral de 1826. Le pignon oriental du cuvier porte la date 1887. Le cuvier de type "médocain", avec niveau de plancher, abrite des cuves en ciment, les plus anciennes ayant été installées dès les années 1920. L'étage, accessible par un escalier à double volées, est encore équipé du treuil pivotant par lequel était chargée la vendange. La charpente à tendeurs métalliques offre un espace dégagé pour le travail des ouvriers. Auguste Petit-Lafitte mentionne dans l'Agriculture comme source de richesse en 1842, le vendangeoir ou cuvier de M. Delbos aîné à Lanessan : il s'agit d'un des premiers exemples de cuvier à étage construit au début de la décennie 1840. Le cuvier actuel lui a succédé en gardant le même esprit, afin de rationaliser au mieux le travail de vinification.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Dates 1882, daté par source
1887, porte la date
Auteur(s) Auteur : Duphot Théodore Henri,
Théodore Henri Duphot (1810 - 1889)

Père d'Abel Valentin Duphot


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architecte, attribution par source

Les bâtiments de vinification sont composés de six bâtiments accolés et disposés parallèlement suivant la déclivité naturelle du terrain. Le cuvier est organisé selon un rez-de-chaussée et un étage en surcroît. La façade sud est ordonnancée selon neuf travées. La travée centrale formant pignon s'ouvre par deux larges portes superposées : celle de l'étage, à arc segmentaire, permettait le chargement de la vendange, à l'aide d'un treuil, directement par le haut des cuves. La porte au chambranle mouluré avec trois claveaux centraux en ressaut est surmontée d'un bas-relief sculpté d'une grappe de raisin. Les fenêtres des deux niveaux sont dotées d'encadrements harpés. Le pignon oriental du cuvier est également ouvert de deux portes superposées. La toiture débordante est soutenue par des aisseliers en bois sculptés. Les deux bâtiments contigus abritent les chais et le suivant la tonnellerie : les pignons orientaux de ces bâtiments portent d'ailleurs des inscriptions confirmant ces fonctions. A la suite se trouve un hangar avec une cheminée (de forgeron ?), des charrettes et d'anciennes cuves en bois conservées.

Murs calcaire
enduit
moellon
Toit tuile creuse
Étages en rez-de-chaussée, comble à surcroît
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
croupe
Typologies cuvier médocain
États conservations bon état
Techniques sculpture
Représentations raisin vigne
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • PETIT-LAFITTE, Auguste. "Cuvier, ou vendangeoir, perfectionné". L'Agriculture comme source de richesse, comme garantie du repos social : recueil uniquement consacré aux progrès de l'agriculture, des sciences et des arts qui s'y rapportent, dans la Gironde et les départements environnants..., 1842, n°9.

    "Lorsque l‘étendue des vignes à exploiter, dit M. de Perthuis, est considérable, comme cela se rencontre souvent dans les grands vignobles, leur culture devient l’occupation principale du propriétaire ; elle est pour ainsi dire, exclusive de toute autre, parce qu'elle absorbe tout son temps, tous ses moyens et tous ses engrais ; et l‘habitation ainsi que les bâtiments nécessaires à une aussi grande exploitation sont tous disposés pour la rendre la plus commode et la moins dispendieuse. C'est alors que l’établissement prend le nom de vendangeoir (1)".

    La Gironde, adonnée spécialement à la culture de la vigne, nous offre en grand nombre des établissements que l’on pourrait nommer vendangeoirs et dont la création, soit dit en passant, a dû exiger des avances qui donnent une haute idée de ce qu’étaient autrefois parmi nous les profits de cette culture.

    Aujourd’hui, si des capitaux sont appliqués à de semblables constructions, c’est avec le désir d’arriver à des dispositions telles qu’elles puissent faciliter le besoin d’économie de plus en plus senti, tout en concourant également à la perfection des qualités du vin. Or, sous ce double rapport, nous ne pensons pas que l’on ait rien fait de mieux que ce que l’on voit dans le Médoc, cette terre classique de la vigne, au château de Lanessan, commune de Cussac, chez le même propriétaire qui nous a déjà fourni l’exemple d’une étable à bœufs perfectionnée (2), chez l’honorable de M. Delbos aîné.

    Voici la description détaillée de cette construction, que nous nommerons Cuvier, pour satisfaire à l’usage local et pour nous faire plus facilement comprendre. La planche lithographiée, que nous joignons à ce numéro, aidera d’ailleurs à l’intelligence des explicitations dans lesquelles nous allons entrer.

    L'édifice a la forme d’un parallélogramme, fig. 1, dont il est facile de reconnaître les dimensions au moyen de l’échelle de proportion établie an bas de la planche. Il comprend un rez-de-chaussée et un premier étage.

    Au rez-de-chaussée, fig. 2, sont rangées, à droite et à gauche les cuves, de la contenance de 11 tonneaux chacune. Ces cuves, plus élevées que le plancher, montrent au premier leur partie supérieure qui s’y trouve marquée pour chacune d’elles, en D, D, D, D, D, D. Entre ces cuves, toujours au premier étage et sur les mêmes rangs, sont établis des pressoirs C, C, C, C, C, C, supérieurs de quelques centimètres, par leur élévation, au sommet de ces cuves, afin que le produit du foulage puisse facilement et au moyen d’un tuyau, ou d’une noue, y être conduit. De plus, et pour la rapidité de l’opération, chaque cuve est surmontée d’un pressoir volant, ce qu’indiquent les carrés inscrits dans les cercles figurant leurs parties supérieures. Entre les deux rangées de pressoirs et de cuves, sont établis deux paires de rails, semblables à ceux des chemins de fer, E, E, E, E, et venant aboutir à la grande ouverture G, par où le raisin est introduit en venant de la vigne. Enfin, une claire-voie, indiquée en F, F, sépare ces deux paires de rails et, en donnant du jour au rez-de-chaussée, sert en outre à faciliter la communication, l’accord des ouvriers qui, pour la même opération, se trouvent répartis dans les deux portions de l'édifice.

    Les choses ainsi disposées, le raisin est transporté de la vigne, selon l’usage, par des charrettes à bœufs et dans des douilles ou cuviers, d’une capacité de 5 hectolitres environ. Ces charrettes viennent, à mesure, se ranger sous l'ouverture, ce que nous voyons à l’extérieur dans la fig. 3, et là une grue mobile et pivotante sert à enlever les douilles qui se trouvent munies de deux anses de fer pour pouvoir être accrochées, et à les placer sur le chariot ou wagon qui devra les conduire vis-à-vis tel ou tel pressoir. La manœuvre du renversement de ces douilles est aussi on ne peut plus facile, à cause du peu d'élévation des pressoirs et de leur rapprochement des rails.

    Telle est la disposition du cuvier ou vendangeoir de M. Delbos aîné. Il est facile de comprendre que de très grands avantages doivent résulter de combinaisons aussi simples, aussi ingénieuses, sous les divers rapports de l’économie de la main-d’œuvre, de la rapidité, de la perfection du travail, et de la facilité de la surveillance. De tels moyens peuvent peut-être contrarier un peu les usages traditionnels du Médoc, pour le grand travail des vendanges ; mais, à coup sûr, ils n’ôtent rien au caractère poétique qu’imprime ce travail à la saison durant laquelle on l’effectue. Les joyeux vendangeurs ne s’en livrent pas moins a ces accès de gaîté qu’inspira de tous temps la récolte du raisin, et l’homme qui écrase sous ses pieds la grappe vermeille peut encore, comme cela se faisait chez les Grecs au temps d'Anacréon, régler les mouvements cadencés de son corps par les refrains de la chanson du pressoir. Selon le nouveau dictionnaire d’agriculture

    (1) Le Vendangeoir, est un ensemble de bâtiments spécialement et exclusivement destinés à la fabrication et à la conservation du vin. C’est la réunion de deux bâtiments qui portent parmi nous des noms distincts (mais non admis par la langue française) ; le cuvier, construction qui renferme les cuves et pressoirs ; le chai, construction qui sert au logement des vins après leur fabrication et que nous devrions nommer cellier.

    (2) Voir l’Agriculture, 1842, p. 113.

Références documentaires

Documents figurés
  • PETIT-LAFITTE, Auguste. Cuvier, ou vendangeoir, perfectionné. In L'Agriculture comme source de richesse, comme garantie du repos social : recueil uniquement consacré aux progrès de l'agriculture, des sciences et des arts qui s'y rapportent, dans la Gironde et les départements environnants..., 1842, n°9.. Planche gravée, 1842 [Bnf].

Bibliographie
  • DES GROTTES Florence. Deux siècles d'histoire à Lanessan, 1793-1993, doc. datyl., 1996.

Périodiques
  • COUSTET, Robert. Lanessan, un château en Médoc. Revue Archéologique de Bordeaux, tome XCVI, 2005. p. 225-246.

  • LALLEMAND Charles. "Vignobles de M. André Delbos en Gironde. Château Lanessan, Château Veyrin-Domecq, Cru Fort-Médoc, Château Le Virou". Les Vignobles bordelais en 1900, revue mensuelle illustrée. Bordeaux : Imprimerie de G. Delmas, 1898.

  • PETIT-LAFITTE, Auguste . Cuvier, ou vendangeoir, perfectionné. L'Agriculture comme source de richesse, comme garantie du repos social : recueil uniquement consacré aux progrès de l'agriculture, des sciences et des arts qui s'y rapportent, dans la Gironde et les départements environnants..., 1842, n°9.

    p. 358-361
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Steimer Claire