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Chais, cuvier et bâtiments de dépendance du château Pontet-Canet

Dossier IA33005610 inclus dans Château Pontet-Canet réalisé en 2012

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiées cuvage, logement, cour, écurie, bureau, fenil, remise, puits
Dénominations chai
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Pauillac
Adresse Commune : Pauillac
Lieu-dit : Pontet-Canet
Cadastre : 1825 C1 113 ; 2012 OB 125, 118, 119

Au milieu du 18e siècle, la présence d'un chai, d'un cuvier et de quelques bâtiments agricoles est attestée à Pontet-Canet. Le cuvier est évoqué sur le plan du château réalisé par François Lhôte, communiquant directement avec la façade postérieure de la demeure.

Sur le plan cadastral de 1825, la maison est accompagnée d'un vaste bâtiment greffé sur sa façade postérieure, à l'ouest, correspondant à l'ancien cuvier. Un autre bâtiment est disposé parallèlement et forme un L avec un bâtiment à l'ouest. Une aile de bâtiment au nord de l'ensemble achève la formation d'une cour en U correspondant à la cour des dépendances. Ces bâtiments apparaissent en partie sur l'illustration dressée par Gustave de Galard vers 1835. L'ancien cuvier situé sur la façade postérieure de la maison est quant à lui parfaitement visible sur une photographie de l’album de Danflou vers 1867 : on y voit un bâtiment en rez-de-chaussée percé de 6 baies de décharge et d'une porte ; un bâtiment perpendiculaire se situe à l'ouest, en rez-de-chaussée surélevé accessible par un escalier sur le pignon sud. Ce même bâtiment est également représenté dans l'édition de Cocks et Féret de 1886.

En 1888, des études pour la construction d'un nouveau cuvier sont réalisées par l'architecte Albert Labbé. C'est en 1890 qu'un nouveau cuvier est finalement construit sur les plans de l'architecte Simon Édouard Émerit. Les travaux sont bien documentés dans les archives du château et l'étude de Catherine Sarraute : en mai 1890, le charpentier Rapet démolit la charpente du vieux cuvier ; celle du grand cuvier avec ses trois frontons est également terminée à cette époque. Les fermes des charpentes métalliques sont apportées par la firme Morisseau et Volant (rue Borie à Bordeaux) ; Gustave Carde fournit les pignons décoratifs de toiture du cuvier, le balcon, les consoles, corbeaux et autres moulures en bois. Dans le cuvier et dans l'annexe, le maçon pose cette même année les dés sous les 24 colonnes en fonte du cuvier et de l'annexe fournies par Morisseau et Volant en avril. Le cuvier est pratiquement terminé, lorsqu'en juin 1891 Courbatère grave et peint l'inscription sur la pierre au milieu de la façade sud. La même année, le chai neuf est bâti en utilisant le mur nord de ce grand cuvier ; le chai ouest, perpendiculaire aux bâtiments précédents et formant le fond de la cour principale, est rénové comme le chai nord dans la cour ; leur toiture et les murs sont refaits en mars 1890. Les bâtiments de la cour nord sont certainement remaniés à cette époque pour rendre homogène l'ensemble. Le bâtiment à l'extrémité ouest de l'aile nord, qui abrite depuis 1986 le bouteiller, date peut-être du début du 19e siècle : il figure sur le plan cadastral de 1825 et sa mise en œuvre diffère des autres bâtiments.

Les écuries et logements de la cour ouest ne figurent pas sur le plan cadastral ancien. Les écuries sont représentées sur l'illustration publiée par Cocks et Féret en 1874 mais n'apparaissent pas sur la gravure de l'ouvrage de Charles de Lorbac vers 1868. Elles ont donc été construites entre ces deux dates. Une cour intérieure existait entre le chai neuf et le plus vieux cuvier servant aujourd'hui de chai et donnant sur la cour principale. Un plan dressé par Marcel Picard en 1926 donne la fonction des différents bâtiments à cette date : on distingue bien un ensemble de bâtiments dédiés à la vinification ; l'aile nord de la cour abrite le logement du régisseur, une cuisine des vendanges, une tonnellerie ; le bâtiment servant de bouteiller était un parc à bœufs. La seconde cour est appelée "grande cour de services" et se compose au sud des écuries et remises, à l'ouest d'écuries, de hangar à charrettes et de logement. Un hangar à charrettes fermait la cour au nord. En 1960, Michel Garros est sollicité pour des remaniements à apporter au cuvier (tuyauterie). En 1986, un nouveau cuvier inox est aménagé, il est abandonné en 2005. En 1996, le cuvier en chêne est réhabilité avec des cuves neuves de plus petit volume. En 2001, on renonce au système de pompage pour revenir au principe gravitaire comme au 19e siècle. A l'ouest, une cour a été ajoutée en 1998 pour des espaces de conditionnement et de stockage. En 2005, 32 cuves béton de 80 hl, à paroi épaisse, sont mises en place dans le précédent cuvier en ciment qui datait des années 1940 ; depuis cette même année, la pratique de la biodynamie est instaurée sur le domaine.

Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Dates 1890, daté par source
Auteur(s) Auteur : Emerit Simon Edouard, architecte, attribution par source
Auteur : Carde Gustave, fabricant, attribution par source
Auteur : Garros Michel,
Michel Garros (1923 - 2017)

Dynastie des Garros : Louis-Michel (ou Michel-Louis) Garros (1833-1911) installe son agence au 14 rue Lecoq à Bordeaux. Son fils Alexandre (1867-1953) prend sa suite, suivi par son propre fils Louis (1895-1956) son frère Marcel (1898-1956) associé. Michel, fils de Marcel, né en 1923, succède à son oncle et à son père (arrête son activité en 1993 mort en 2017) (fait la dation des archives de l'agence -133 ans- en 1997 aux archives municipales de Bordeaux).


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architecte, attribution par source
Auteur : Picard Marcel, architecte, attribution par source

Les bâtiments de vinification sont disposés à l'ouest du château. Imbriqués les uns aux autres, ils ont été remaniés et leur fonction a évolué depuis le 19e siècle.

Le cuvier à étage, de type médocain, présente une vaste façade de 9 travées au sud, dont trois, aux extrémités et au centre, plus larges, forment pignon et sont percées de vastes ouvertures qui étaient utilisées pour la réception de la vendange. Les trois pignons sont dotés de toitures à longs pans débordants avec des aisseliers en bois sculpté. La travée centrale est également agrémentée à l'étage d'un balcon avec garde-corps en bois. Sur le fronton, une table décorative porte l'inscription "Pontet Cannet". Le gros-œuvre est traité en moellons rustiques, avec un solin de mur, des jambes harpées, des encadrements de baies en pierre de taille de calcaire. Le rez-de-chaussée est percé d'étroites fenêtres, tandis que l'étage présente des ouvertures plus larges : toutes sont dotées de volets en bois. Le pignon oriental couvert d'une demi-croupe débordante avec aisseliers en bois sculptés est percé d'une large triple baie et de fenêtres de part et d'autre. Le pignon occidental est percé d'une large baie cintrée avec agrafes en ressaut.

A l'intérieur, le cuvier d'une quarantaine de mètres de longueur, présente un plancher supporté par 24 colonnes en fonte de 20 cm de diamètre et de 2m85 de haut. Traverses, linçoirs, plaques de liaison, consoles en fer créent un réseau métallique renforçant la structure. Un escalier à deux volées en bois permet d'accéder à l'étage, dont l'espace est aménagé aujourd'hui en salle de réception : le sol en béton ciré ne laisse donc plus apparaître le système de rails qui permettait la circulation des "maies" et pressoirs contenant le raisin. La charpente est composée d'arbalétriers supportant les pannes, reposant sur une console en bois et un corbeau en pierre. Les entraits, poinçons, étriers et tirants sont en fer rond. Une succession de 3 chais prennent place au nord de ce cuvier. Parmi ceux-ci, l'ancien cuvier est bien repérable avec ses baies de décharge encore ménagées dans le mur de moellons. Il longe le cuvier dans toute sa longueur avec une petite annexe à l'ouest ; un second chai a été aménagé en 1890 dans une cour intérieure qui était couverte d'une charpente métallique sommée d'une lanterne : on ne retrouve aucune trace de cette structure remplacée par une toiture à longs pans en tuiles creuses. Perpendiculairement à ce cuvier et aux chais se trouve à l'ouest le cuvier abritant aujourd'hui des cuves ovoïdes en béton et qui abritait avant 2005 des cuves en ciment et en inox aujourd'hui détruites. Un pavillon prolonge les chais et abrite un logement à l'étage et, au rez-de-chaussée, le passage vers les caves situées sous le troisième chai donnant sur la cour des dépendances. Ce pavillon construit en moellons présente des chaînes d'angle, des jambes, un bandeau médian et des encadrements de baies en pierre de taille. Les baies sont en arc segmentaire et plate-bande à crossettes. La travée centrale forme pignon traité en pierre de taille avec une horloge. Une arcade en plein-cintre surmontée d'une corniche à modillons donne accès à la cour de service. L'aile nord, qui abrite aujourd'hui des bureaux, présente le même traitement du gros-œuvre et des encadrements de baies. La toiture débordante est soutenue par des jambes de force prenant appui dans la maçonnerie du 1er étage. Cette aile se termine à l'est par un pavillon couvert d'une toiture avec demi-croupe qui servait de logement au régisseur. Sa façade sur cour est marquée par un balcon en bois au 1er étage, ainsi qu'une cloche portant la date de 1865 (?) et le nom d'Herman Cruse qui l'a fait fondre. On retrouve le même traitement de façade que pour le cuvier. Un accès était également possible depuis la rue située au nord du domaine. A l'extrémité ouest de cette aile, donnant sur la cour de service, un bâtiment appelé "le bouteiller" est percé sur son pignon occidental d'une porte haute dont les piédroits sont traités en pierres de taille harpées et le plein-cintre en petites briques. Ces mêmes briques sont utilisées pour les oculus de part et d'autre. La cour de service à l'ouest est formée par l'actuel cuvier béton, situé dans le prolongement des pignons du cuvier et du chai : le mur ouest présente de nombreuses traces de modifications. Au sud, se trouvent les anciennes écuries et remise : ce bâtiment est composé d'un corps de bâtiment central formant pignon, encadré de deux parties en rez-de-chaussée avec comble. Le gros-œuvre est en moellons enduits et pierre de taille pour les encadrements de baies, chaînages d'angles et bandeaux. Le traitement du niveau de comble est particulièrement soigné avec un appareillage en briques polychromes formant des motifs de carrés sur pointe. Les pignons du bâtiments traités de la même manière présentent des jours permettant l'aération du fenil. L'aile ouest, qui abritait des hangars à charrettes et des logements, a été réaménagée pour accueillir notamment des boxes pour les chevaux de trait utilisés sur le domaine.

Murs calcaire
enduit
moellon
Toit tuile creuse, tuile mécanique
Étages en rez-de-chaussée, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans
demi-croupe
Typologies cuvier médocain
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents figurés
  • GALARD, Gustave de. Album vignicole ou vues des châteaux et propriétés produisant les vins des meilleurs crus du Médoc et autres lieux du département de la Gironde. Bordeaux : s.d. [1835].

  • Croquis : Canet appartenant à Pontet, com. Pauillac. Dessin par Stahl, milieu 19e siècle [Bibliothèque nationale, cabinet des estampes, Collection Destailleur, Ve 26n fol. 54].

  • Plan d'ensemble du château et des dépendances attenantes, papier, encre, par Picard, Marcel (architecte), mars 1926 [Archives municipales, Bordeaux, Fonds Garros, 208 S 322].

  • Transformation du cuvier, solution A, papier, imprimé, par Garros, Michel (architecte), 20 mai 1960 [Archives municipales, Bordeaux, Fonds Garros, 208 S 322].

  • Avant-projet, coupe schématique du cuvier, papier, imprimé, par Garros, Michel (architecte), février 1961 [Archives municipales, Bordeaux, Fonds Garros, 208 S 322].

Bibliographie
  • BESCHI Alain, STEIMER Claire, BARROCHE Adrienne (Photographe) et al. Estuaire de la Gironde : paysages et architectures viticoles : Aquitaine Poitou-Charentes. Lyon : Lieux dits, 2015 (Images du patrimoine).

  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1893 (6e édition).

  • COUDROY DE LILLE, Pierre. Quelques plans de l´architecte Lhôte : maison à Bordeaux, château Pontet-Canet à Pauillac. Revue archéologique de Bordeaux, 1989, tome LXXX.

  • DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais. Bordeaux, s.d. [1867], t. 2.

  • LORBAC, Charles de. Les richesses gastronomiques de la France. Les vins de Bordeaux. I partie. Crus Classés, illustré par Charles Lallemand. Paris : Hetzel, [s.d.].

  • SARRAUTE, Catherine. Le château Pontet-Canet. TER d'histoire de l'art moderne : Bordeaux 3, 1995.

  • STEIMER Claire. "De la Pologne au Médoc : les Skawinski, une dynastie de régisseurs au service de la modernisation des domaines viticoles au XIXe siècle". France-Pologne : Contacts, échanges culturels, représentations (fin XVIe-fin XIXe siècle). Paris, Honoré Champion Éditeur, 2016.

  • STEIMER Claire. "Les Skawinski, une dynastie de régisseurs au service de la modernisation des domaines viticoles en Médoc au XIXe siècle", La construction de la grande propriété viticole en France et en Europe, XVIe-XXe siècles, actes de colloque sous la direction de Marguerite Figeac-Monthus et Stéphanie Lachaud. Bordeaux : Féret, 2015.

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