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Basilique Notre-Dame de Buglose

Dossier IA40001539 réalisé en 2012

Fiche

Œuvres contenues

Vocables Notre-Dame
Dénominations basilique
Aire d'étude et canton Dax nord
Adresse Commune : Saint-Vincent-de-Paul
Lieu-dit : Buglose
Cadastre : 2007 AK 107

La première mention du nom de "Berglosse" ou "Burglosse" apparaît au début du XIIIe siècle dans deux chartes du Cartulaire de l'hôpital Saint-Esprit de Dax. Le lieu dépendit, sous l'aspect religieux, de la cure de Pouy (devenue Saint-Vincent-de-Paul en 1828), avec quelques interruptions, jusqu'à sa propre érection en paroisse le 4 mars 1847. La légende de Notre-Dame de Buglose est évoquée pour la première fois en 1630 dans un ouvrage du Bordelais Gilbert Grymaud : il y fait état de la découverte en 1620 d'une statue miraculeuse de la Vierge à l'Enfant ("ensevelie depuis plus de cinquante ans") et de la construction immédiate d'une chapelle, peut-être à l'emplacement d'un ancien oratoire. Ce nouveau lieu de culte, béni par l'évêque de Dax Jean-Jacques du Sault le 16 mars 1622, que l'abbé Degert (1922) identifiait à tort avec l'actuelle chapelle des Miracles, était en réalité un édifice de plus grande ampleur, aujourd'hui entièrement disparu. Le développement du pèlerinage, consécutif à la constatation de nombreux "miracles" dès 1622, est attesté par plusieurs donations importantes, dont celle, en 1629, de Suzanne de Lauzières-Thémines, future duchesse de Ventadour.

En 1706, l'évêque Bernard d'Arboucave unit la cure de Pouy et le sanctuaire de Buglose et y établit des prêtres de la Mission (lazaristes), chargés de la direction d'un nouveau séminaire diocésain. Les décennies suivantes voient l'apogée du pèlerinage, avec la visite de la reine d'Espagne Marie-Anne de Neubourg (1709), la concession d'une indulgence plénière par Benoît XIII (1725) ou encore les fêtes de la béatification (1729) puis de la canonisation (1737) de l'enfant du pays, saint Vincent de Paul. Le sanctuaire se présentait alors sous l'aspect d'un édifice à vaisseau central et deux bas-côtés, celui du sud terminé par une chapelle dédiée à saint Vincent. Dans le chœur, séparé de la nef par une clôture de fer, se trouvait la niche abritant la statue miraculeuse, entourée de nombreux ex-votos en argent. Malgré l'existence d'un vaste porche destiné à accueillir les pèlerins, l’exiguïté de l'église incita les lazaristes à projeter un agrandissement et un exhaussement, qui ne furent toutefois pas réalisés.

La Révolution entraîne le départ des Pères de la Mission, la rédaction de deux inventaires (août 1790 et juin 1792), la vente des biens meubles et immeubles des religieux et l'envoi à la fonte de l'orfèvrerie cultuelle et civile. Après le Concordat de 1801, le culte est rétabli à Buglose, désormais rattaché à la paroisse de Gourbera. L'évêque d'Aire Dominique-Marie Savy (1827-1839) réorganise le conseil d'administration du sanctuaire (1831). Son successeur, Mgr Lanneluc (1839-1856), y réinstalle les missionnaires (1844), fait ériger Buglose en succursale (1847) et, devant la menace d'effondrement de la toiture de l'église, lance le projet d'une restauration, puis d'une reconstruction totale de l'édifice, confiée à l'architecte départemental Sibien. L'installation des pilotis nécessaires aux fondations commence au printemps 1850 et l'évêque pose la première pierre le 30 juillet suivant. Les travaux, confiés à une équipe principalement dacquoise (les entrepreneurs en maçonnerie Édouard et Prosper Legrand, les charpentiers Édouard et Joseph Lauquet, mais aussi le sculpteur montpelliérain Jean Layrolle), avancent alors irrégulièrement, en raison des difficultés de financement (85.348 francs furent dépensés pour cette première campagne). Au printemps 1855, le chœur, les chapelles orientales et les sacristies sont achevées et l'on procède à la translation de la statue (9 mai), à la consécration de l'autel (4 juin) et à la bénédiction de l'église (5 juin). Après une longue interruption, les travaux reprennent en 1858. En 1861, l'architecte bordelais Gustave Alaux modifie le plan d'ensemble, creuse des caves (dont une à vocation funéraire) sous les sacristies, perce des arcades entre le chœur et les chapelles latérales déjà construits et remanie piliers et voûtes. Enfin, il complète les deux tiers occidentaux de l'édifice en 1864-1865 (coût de cette seconde tranche : 166.296 francs). Des travaux secondaires seront exécutés au cours des trois décennies suivantes, mais certains détails prévus (comme les flèches des deux tours) ne seront jamais réalisés. En 1895 encore, l'architecte de la ville de Dax, Sanguinet, fait travailler "plombiers, ardoisiers, tailleurs de pierre et sculpteurs" à l'achèvement des deux tours occidentales avec leurs tourelles d'escalier (coiffées de dômes "byzantins" trop grêles, qui seront supprimés rapidement). L'ornementation sculptée de la tour sud (portail, modillons, chapiteaux) est confiée au sculpteur Métivier. A compter de la mort de Mgr Épivent (1876), la chapelle du Rosaire (au nord-ouest) devient la nécropole des évêques d'Aire et de Dax, qui y seront inhumés jusqu'au milieu du XXe siècle. Le dernier ajout d'importance est celui d'un carillon monumental, voulu par l'évêque Delannoy et inauguré en 1895. L'église, tardivement consacrée le 6 septembre 1965, est érigée en basilique mineure par le pape Paul VI en septembre 1966.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1850, daté par source
Auteur(s) Auteur : Sibien Jean Antoine Jules,
Sibien Jean Antoine Jules (1822 - )

Élève de Labrouste, beau-frère de Dupuy, chef de division au ministère de l'Intérieur ; agent en chef, puis architecte du département des Landes jusqu'en 1859 (remplacé par Alexandre Ozanne) ; architecte diocésain d'Aire-sur-l'Adour à partir du 15 mai 1849 ; démissionne pour raison de santé le 26 octobre 1880 et accède à l'honorariat le 1er novembre suivant (J.-M. Leniaud,Répertoire des architectes diocésains du XIXe siècle).


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architecte diocésain, architecte départemental, attribution par source
Auteur : Alaux Gustave,
Gustave Alaux (1816 - 1882)

Jean-Paul Louis Gustave Alaux, né à Bordeaux le 29 novembre 1816 à Bordeaux, mort dans la même ville le 23 mars 1882 ; fils du peintre Jean-Paul, dit Gentil-Alaux.


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architecte, attribution par source
Auteur : Sanguinet Victor,
Victor Sanguinet (1820 - 1894)

Architecte de la Ville de Dax.


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Auteur : Métivier, sculpteur, attribution par source
Auteur : Layrolle Jean,
Jean Layrolle

Sculpteur d'origine montpelliéraine ; travaille à Buglose en 1855, à Gabarret en 1856-1864 et à la cathédrale de Dax en 1864-1871.


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sculpteur, attribution par source
Auteur : Legrand Edouard,
Edouard Legrand

Entrepreneur, associé à son frère Prosper.


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entrepreneur, attribution par source
Auteur : Legrand Prosper,
Prosper Legrand

Entrepreneur, associé à son frère Édouard.


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entrepreneur, attribution par source
Auteur : Lauquet Edouard,
Edouard Lauquet

Associé à son frère Joseph.


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charpentier, attribution par source
Auteur : Lauquet Joseph,
Joseph Lauquet

Associé à son frère Édouard.


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charpentier, attribution par source

L'édifice, bâti sur pilotis en raison de la zone marécageuse sur lequel il est implanté, est en moellon calcaire enduit, à l'exception des clochers, entièrement en pierre de taille, comme les contreforts talutés, les encadrements des baies et les bandeaux régnant sur les élévations extérieures. De style néoroman (pour l'extérieur) et néogothique (pour l'intérieur), il comporte trois vaisseaux de cinq travées. Le vaisseau central est précédé par une avant-nef (chapelle des fonts baptismaux) flanquée au sud par un porche dans-œuvre et au nord par une chapelle funéraire, elle-même surmontée d'une chapelle haute à l'étage de la tribune. Prolongeant le vaisseau à l'est, une travée de chœur barlongue et une abside à trois pans empâtée par un vestibule (à l'est) et par deux sacristies (au nord et au sud) surmontant des caves. Le massif occidental est calé par deux clochers-tours, celui du nord couvert en terrasse, celui du sud surélevé par un beffroi à trois niveaux couvert d'un petit toit en pavillon (la flèche prévue ne fut jamais construite) ; deux tourelles d'escalier polygonales (autrefois couvertes de dômes oblongs, aujourd'hui découronnées) s'adossent à la face occidentale des tours. A l'intérieur, le vaisseau central est séparé des collatéraux par des grandes arcades en plein cintre sur piliers fasciculés ; il est couvert de croisées d'ogives, les doubleaux retombant sur des colonnettes adossées montant de fond. Les collatéraux et les parties hautes de la nef centrale et du chœur sont éclairés par des lancettes en plein cintre, les bras du transept par de grandes roses polylobées (aux rais constitués de colonnettes).

Murs calcaire
enduit
moellon
pierre de taille
Toit tuile plate mécanique, ardoise
Plans plan allongé
Étages 3 vaisseaux
Couvrements voûte d'ogives
Couvertures toit à longs pans
appentis
croupe polygonale
pignon découvert
terrasse
Techniques sculpture
vitrail
peinture
Représentations ange, trompette
Précision représentations

Décor sculpté du clocher sud : quatre statues d'anges sonnant de la trompette aux angles de la terrasse ; colonnettes d'angle encastrées surmontées de clochetons avec dôme à écailles de style roman poitevin ou saintongeais ; chapiteaux à crochets feuillagés.

Statut de la propriété propriété du département
Intérêt de l'œuvre à signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • Monographie paroissiale de Saint-Vincent-de-Paul, par le curé Duboscq, 1888.

    Archives départementales des Landes : 16 J 19
  • Projet d'érection en succursale et distraction de la succursale de Gourbera, 1844-1847.

    Archives départementales des Landes : 70 V 71/1
  • Demande de restitution d'une cloche, d'une horloge et d'un bénitier (1817-1818), réparations (1848), sépultures de Mgrs Epivent, Delannoy et Touzet.

    Archives départementales des Landes : 70 V 71/3
  • Inventaire des biens dépendant de la mense et de la fabrique, 1906.

    Archives départementales des Landes : 70 V 71/5
  • Budget et comptes de gestion de la fabrique, 1894-1905.

    Archives départementales des Landes : 70 V 71/8
Bibliographie
  • MAURIOL Raymond. Histoire de la Sainte Chapelle et des Miracles de Notre-Dame de Buglose. 1726. Rééd. 1916

  • DANOS B. Pèlerinage de Saint Vincent de Paul et de Notre-Dame de Buglose. Suivi de l'Art de sanctifier le Pèlerinage et des exercices d'une Neuvaine. 1844.

  • LABARRERE Antoine. Histoire de Notre-Dame de Buglose et Souvenirs du Berceau de Saint Vincent de Paul. Paris : H. Vrayet de Surcy, 1857 (rééd. 2001).

  • DEGERT Antoine. "La résurrection de Buglose". Revue de Gascogne, XVIII, 1923.

    p. 208-220
  • DULUCQ Louis. Buglose hier et aujourd'hui. Lyon : Lescuyer, 1965.

  • CAZAUNAU L., LESBATS Julien. Buglose. Nogaro : Dauba frères, 1970.

  • LERAT Serge (dir.). Landes & Chalosses. Pau : Cairn, 1984.

    t. II, p. 1125
  • CUZACQ René. Les statues de la Vierge dans l'Art ancien landais. Pau : Marimpoey, 1970.

    p. 9-19
Périodiques
  • BONHOMME Jules. "L'origine de Buglose". Revue de Gascogne, XXIII. Auch, 1882.

    p. 373-383
  • DUBARAT Victor. "Origine de Buglose". Revue de Gascogne, XXXIII. Auch, 1892.

    p. 289-290
  • BEAURREDON Joseph. "Les témoins de Notre-Dame de Buglose". Bulletin de la Société de Borda, 1895.

    p. 35-49
  • COSTE Pierre. "Les prêtres de la Mission à Buglose". Revue de Gascogne, 1909.

    p. 60-73
  • DEGERT Antoine. "Un ancien pèlerinage : Buglose. Le village et son histoire primitive". Revue de Gascogne, XVII, 1922.

    p. 22-23, 128-142, 174-181
  • DEGERT Antoine. "Les origines du pèlerinage". Revue de Gascogne, 1922.

    p. 128-142
  • DEGERT Antoine. "Organisation et dotation du pèlerinage". Revue de Gascogne, 1922.

    p. 174-181
  • DEGERT Antoine. "Patrimoine du "monastère" de Buglose avant la Révolution". Bulletin de la Société de Borda, 1922.

    p. 127-143
  • DEGERT Antoine. "Les historiographes de Buglose : Mauriol, Delmeja". Revue de Gascogne, XVIII, 1923.

    p. 27-37
  • DEGERT Antoine. "Buglose au cours du XVIIIe siècle jusqu'à la Révolution". Bulletin de la Société de Borda, 1923.

    p. 78-91
  • DEGERT Antoine. "Buglose sous la Révolution". Revue de Gascogne, XVIII, 1923.

    p. 117-128
  • ROUDIÉ Paul. "Réflexions à propos de la statue de Notre-Dame de Buglose". Bulletin de la Société de Borda, 1988, 410.

    p. 241-256
  • CAUNA Jacques de. "Notre-Dame de Buglose : la première fondation (1629)". Bulletin du Centre généalogique des Landes, 1993, 28.

    p. 313
  • PEYRESBLANQUES Jean. "Ancienneté de Notre-Dame de Buglose". Bulletin de la Société de Borda, 486, 2007.

    p. 127-132
  • DUVIELLA Marie-Claire. "Le pèlerinage des marins capbretonais à Notre-Dame de Buglose en 1872 et ses suites". Bulletin de la Société de Borda, 2007, 486.

    p. 133-146

Liens web

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