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Église paroissiale Saint-Aubin

Arcature du choeur et chapiteaux de l'arc triomphal

Dossier IM40006058 réalisé en 2014

Fiche

Dénominations arcature, chapiteau
Aire d'étude et canton Mugron
Adresse Commune : Saint-Aubin
Emplacement dans l'édifice choeur

Le décor sculpté de l'abside romane de Saint-Aubin est daté par J. Cabanot (1987) de la seconde moitié du XIIe siècle en raison de ses rapports étroits avec la sculpture de l'abbaye bénédictine de Saint-Sever (distante d'une quinzaine de kilomètres). On retrouve ainsi à Saint-Aubin des thèmes déjà traités à l'abbatiale (Daniel entre les lions, le Sacrifice d'Abraham) et des traits stylistiques dérivés des modèles saint-severins : en témoigne, par exemple la proximité du chapiteau de Daniel avec les chapiteaux n° 40 et 103 de Saint-Sever.

L'arcature, autrefois dissimulée par "de fort belles boiseries montant à niveau de la voûte et encadrant un autel du XVIIe siècle", fut dégagée en 1879 et restaurée sous le ministère du curé Camiras en 1880. "La découverte fit aussitôt grand bruit dans le monde des archéologues, et Mgr Delannoy [...] vint tout exprès admirer la merveille" (abbé Lamaignère, 1938, III). Le même évêque, en accord avec le préfet des Landes, rejeta en 1905 un projet de reconstruction à neuf de l'église présenté par la fabrique (voir réf. IA40001600), qui aurait jeté à bas le chevet roman.

Période(s) Principale : 2e moitié 12e siècle

L'arcature en grès règne sur la travée droite de chœur et le mur semi-circulaire de l'abside, sous le niveau des fenêtres. Elle se compose de dix arcades en plein cintre, reposant sur sept colonnettes adossées et sur deux pilastres (ces derniers à la jonction de la travée droite et de l'abside, entre les deuxième et troisième arcades nord et sud). Le décor sculpté couvre les chapiteaux des colonnettes, les impostes couronnant les pilastres et le bandeau qui règne au sommet de l'arcature.

Deux autres chapiteaux sculptés couronnent les demi-colonnes de l'arc triomphal à l'entrée du sanctuaire.

Catégories sculpture
Structures d'applique
Matériaux grès, mouluré, décor en relief, décor dans la masse
Mesures :
Précision dimensions

Dimensions non prises.

Iconographies sacrifice d'Abraham, Daniel dans la fosse aux lions, Dalila coupant les cheveux de Samson, homme, lion, rinceau, palmette
Daniel dans la fosse aux lions, Glorification de la Vierge
Précision représentations

Arcature. Décor des chapiteaux et impostes, du nord vers le sud. Chapiteau 1 : sur la corbeille, deux personnages face à face, accroupis jambes écartées, l'un tenant l'autre par la taille et s'apprêtant à le frapper ? (le Sacrifice d'Abraham ?) ; sur la tailloir, des rinceaux de palmettes liés. Imposte du pilastre nord : cercles sécants avec palmettes. Chapiteau 2 : sculpture détruite. Chapiteau 3 : sur la corbeille (détruite aux deux tiers), des rinceaux de palmettes avec volutes affrontées angulaires ; tailloir détruit. Chapiteau 4 : corbeille presque détruite à l'exception du haut du buste et de la tête d'un personnage au milieu de la face ; sur le tailloir, des cercles sécants avec palmettes (identiques à ceux du pilastre nord). Chapiteau 5 : corbeille détruite aux deux tiers, reste sur le côté droit un personnage agenouillé (tête et bras détruits) sous une volute angulaire ; sur le tailloir (détruit aux deux tiers), une frise de fleurs à quatre pétales (deux seulement intactes). Chapiteau 6 : sur la corbeille, un personnage en pied au milieu de la face, encadré de deux lions sur les côtés, peut-être Daniel dans la fosse aux lions (personnage entièrement arasé, lions étêtés) ; sur le tailloir (détruit sur la face), des rinceaux de palmettes liés. Imposte du pilastre sud : frise de rinceaux de palmettes ; sculpté sur la face du pilastre, sous l'imposte, un personnage masculin de face, accroupi, jambes très écartées (buste à demi détruit, visage arasé). Chapiteau 7 : sur la corbeille, Dalila coupant les cheveux de Samson (celui-ci, glabre et à la chevelure coupée "au bol", est couché de tout son long, la tête dans le giron de Dalila qui manie ses "forces" ou ciseaux, aidée par un Philistin debout sur le côté gauche du chapiteau) ; sur le tailloir, une frise de rinceaux de palmettes. Décor du bandeau sommital : frise de rinceaux de palmettes (identiques à ceux des tailloirs des chapiteaux et des impostes des pilastres).

Arc triomphal. Décor du chapiteau nord : sur la corbeille, Daniel dans la fosse aux liens (Daniel, préfigure du Christ, tient un livre dans ses mains) ; tailloir biseauté nu. Décor du chapiteau sud : sur la corbeille, une femme assise, mains sur les genoux, entre deux personnages debout sous les volutes angulaires (glorification d'une sainte ou de la Vierge ?) ; tailloir biseauté nu.

États conservations mauvais état
Précision état de conservation

Presque tous les chapiteaux des colonnettes de l'arcature sont épaufrés et lacunaires ; la sculpture du chapiteau 2 est entièrement détruite, ainsi que la quasi-totalité de la corbeille du chapiteau 4 ; du chapiteau 3 ne subsiste que la moitié gauche, du chapiteau 5 la moitié droite ; le personnage en pied au milieu de la corbeille du chapiteau 6, ainsi que la face de son tailloir, sont arasés ; le personnage sculpté sous l'imposte du pilastre sud est à moitié détruit ; le bandeau couronnant l'arcature est très dégradé, surtout au nord-est et au sud-est.

Inscrit avec l'édifice.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections inscrit au titre immeuble, 1970/10/09

Annexes

  • Extrait de la monographie paroissiale de l'abbé Lamaignère concernant l'arcature du choeur

    A l'égal d'autres églises fières encore de les conserver, Saint-Aubin possédait jusqu'en 1879 de fort belles boiseries montant à niveau de la voûte, et encadrant un autel du XVIIe siècle. En 1880, l'abbé Camicas dont le zèle pour la Maison de Dieu était capable de toutes les hardiesses, entreprit à la demande de son évêque, de grands travaux de réfection. Les ouvriers étaient déjà à pied d'œuvre, quand une équipe de maçons mit inopinément à jour une galerie circulaire derrière les lambris. La découverte fit aussitôt grand bruit dans le monde des archéologues ; et Mgr Delannoy qui fut dans le diocèse le magnifique bâtisseur d'églises que l'on sait, vint tout exprès admirer la merveille.

    Sept colonnes et deux piliers de soutènement encadrent le sanctuaire. Ils sont surmontés de plein-cintres reposant sur des chapiteaux massifs hauts de 0 m. 65 et couronnés d'un tailloir en relief ; le tout est dominé par une frise d'entrelacs finement ciselés. Chaque colonne se compose d'une base de 0 m. 20 de haut et d'un fût de 1 m. 15 ; l'intervalle qui les sépare est d'environ un mètre. N'était leur dégradation actuelle, quatre au moins des chapiteaux pourraient être historiés ; on voit cependant, que l'artiste a voulu y faire figurer des scènes bibliques, entre autres le sacrifice d'Abraham. Beaucoup, en effet, se sont demandé d'où pouvaient venir les mutilations dont les murs portent la trace. Certains les ont attribuées aux huguenots qui, au moment des guerres de Religion en 1569, ravagèrent la Chalosse. D'autres accusent les novateurs de la Renaissance contempteurs farouches de tout passé artistique, qui pour placer leurs autels firent sauter au marteau tous les obstacles rencontrés. On prétend enfin que les plâtriers qui en 1901 montèrent les étais, ne seraient pas étrangers à ces déprédations. Quoi qu'il en soit, devant tant de ruines accumulées, les pierres elles-mêmes semblent aujourd'hui pleurer leur antique parure. Seuls, les deux chapiteaux de l'arc triomphal sont à peu près demeurés intacts.

    M. le Chanoine Besselère, mort à Maylis en 1913, en a fait une description (Bulletin de la Société de Borda, 1890), que nous résumons dans ces lignes. "Le chapiteau de gauche (sacristie) figure la Loi rappelée au monde par N.-S. J.-C. Il présente un personnage assis, tenant sur ses genoux un livre ouvert. Deux lions lui font cortège, la tête tournée vers le peuple, et ouvrant la gueule d'où sort une langue menaçante. Dans, chaque coin, émergent deux têtes humaines (l'une a été mutilée). Les animaux sont l'image du Christ faisant entendre à l'univers l'enseignement de l'évangile ; les deux têtes symbolisent l'ancien et le nouveau Testament, d'accord à nous montrer N.-S. sous l'emblème du Lion de Juda. - Le second chapiteau où apparaît un personnage pareillement assis et les mains sur les genoux, met sous nos yeux le jugement que les hommes auront, un jour, à subir sur la Loi observée ou méconnue par eux. De chaque côté, deux êtres humains semblent tenir un instrument de musique. Deux pignes ou pommes de pin complètent les volutes. (Celles-ci ont été rasées.) Ici, le Christ nous apparaît comme le Juge suprême ; et les deux musiciens, image des deux Testaments, proclament sans désaccord possible les grandes assises qui suivront la destruction du monde."

Références documentaires

Bibliographie
  • CABANOT Jean. Les débuts de la sculpture romane dans le sud-ouest de la France. Paris : Picart, 1987.

    p. 147 (fig. 196), 167 (fig. 237), 234-242 (sur Saint-Sever)
  • CABANOT Jean, MARQUETTE Jean-Bernard, SUAU Bernadette. Guide pour la visite de quelques églises anciennes de Chalosse. Amis des Églises anciennes des Landes. Dax : Barrouillet, 1987.

    p. 50-52
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Maisonnave Jean-Philippe