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Ancienne Usine Electra ou Villa de l'Électricité

Dossier IA64002648 inclus dans Station thermale des Eaux-Bonnes réalisé en 2018

Fiche

Précision dénomination marbrerie
usine électrique
villa de villégiature
Appellations Villa de l'Electricité, Usine Electra, Villa Electricité, Maison Battault
Destinations usine de fabrication de matériaux de construction
Dénominations maison, centrale hydroélectrique
Aire d'étude et canton Pyrénées-Atlantiques
Adresse Commune : Eaux-Bonnes
Lieu-dit : Pont d'Aas
Adresse : V.C. n° 8 d'Eaux-Bonnes à Aas
Cadastre : 2018 AN 81

Cette bâtisse fut édifiée par le marbrier Paulin Battault, qui contribua à plusieurs chantiers de la station des Eaux-Bonnes, notamment à la reconstruction de l'église. Le 5 mai 1855, il sollicita auprès de la commune un terrain pour installer une usine de fabrication de marbres, le seul emplacement opportun se trouvant au-delà de la source d'Orteig, au bord du Valentin, après le moulin. Ainsi, le 13 septembre de la même année, la commune accéda à sa requête et lui concéda un terrain de 215 m2 pour la somme de 1160 francs, correspondant à un bail de 30 ans contre une indemnité annuelle de 40 francs (soit quasiment trois fois plus que la proposition de Battault). Ce terrain communal, situé sur la rive gauche du Valentin, était alors inutile car rocailleux et recouvert de broussailles. Le pont Battault, tout proche et menant à la route d'Aas, doit de toute évidence son nom à la présence de cette manufacture qui, à la fin des années 1870, était signalée en tant que marbrerie ou "tournerie" dans les guides touristiques. Au début des années 1890, l'affaire, appartenant alors aux frères Edmond et Jean-Pierre Battault, commença à péricliter, les contraignant à vendre l'établissement et à installer chacun leur propre atelier à Laruns - où ils confectionnaient des objets de décoration, probablement comme aux Eaux-Bonnes auparavant.

C'est pourquoi, en 1894, l'édifice est acquis par les entrepreneurs Supervielle et Candau, lesquels, en tant qu'adjudicataires de la commune et négociants à Oloron, venaient d'installer l'usine électrique sur la cascade du Valentin, à quelques centaines de mètres en aval. C'est probablement de cette époque que date la façade principale, singulière aux Eaux-Bonnes, composée de parement de briques polychromes et surmontée d'une frise de toit à la façon helvétique. Rebaptisée "Villa de l'Électricité", mais aussi mentionnée en tant qu'"Usine Electra", la bâtisse abritait désormais une petite centrale hydroélectrique complétant l'usine principale installée sur la cascade du Valentin. Ainsi, vers 1900, les deux établissements alimentaient-ils 750 lampes privées et les 140 lampes des espaces publics des Eaux-Bonnes. Cependant, à partir de 1904, les relations entre les entrepreneurs et la commune se tendirent, aboutissant à une série de procès, les deux centrales ne produisant plus d'électricité depuis 1908. A la suite d'un appel au Conseil d’État en 1912, ce n'est qu'en 1913 que l'affaire Candau, et donc la villa, fut rachetée par la commune pour la somme de 24.439 francs. L'exploitation en fut concédée aux entrepreneurs Arcos et Néron. Enfin, en juillet 1914, après une dizaine d'années de marasme, on procéda à l'inauguration du nouvel éclairage électrique communal.

Cet édifice témoigne des avancées techniques et industrielles sous la Troisième république, mais aussi des besoins croissants d'équipements de confort générés par la forte fréquentation du site des Eaux-Bonnes, en raison de la villégiature et du thermalisme. Pour sa localisation et son allure pittoresque, la bâtisse apparaît sur de nombreuses cartes postales sous des appellations mettant en valeur sa vocation industrielle, telle que "l'Usine électrique", associée à sa fonction résidentielle, sous le nom de "Villa de l'Électricité" ou de "la Villa Électricité".

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Dates 1855, daté par source
Auteur(s) Auteur : Battault Jean-Pierre, marbrier, attribution par source
Auteur : Battault Paulin,
Paulin Battault

En activité aux Eaux-Bonnes en 1866.


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marbrier, attribution par source

Implantée sur la rive gauche du Valentin, à proximité du pont menant à Aas, la Villa de l'Électricité se trouve légèrement isolée de la rue de la Cascade et des anciens Thermes d'Orteig en raison de sa vocation artisanale initiale, puis industrielle, et des éventuelles nuisances sonores qu'elle pouvait produire. Sa construction associe les influences de l'architecture vernaculaire, mais aussi l'inspiration pittoresque du chalet helvétique en vogue sous le Second Empire et la Troisième république - esthétique la rapprochant du pavillon de la Source froide et de la Villa Bellevue.

De plan rectangulaire, elle s'élève sur deux niveaux et un étage de combles. Contrairement à la plupart des constructions des Eaux-Bonnes, sa façade principale est sous pignon. Son élévation latérale nord est en soubassement dans le flanc de la montagne tandis que l'élévation opposée borde le Valentin. Sa façade d'apparat, composée de trois travées et d'un rez-de-chaussée surélevé avec balcon, est ornée dans les deux derniers niveaux de briques de parement disposées en frises géométriques, produisant une polychromie singulière avec l'enduit blanc apposé en bandes horizontales et le lambris du premier étage. Le mode constructif est cependant caractéristique de l'architecture locale, avec l'emploi du moellon recouvert d'enduit, la pierre de taille d'Arudy pour les chaînages d'angle et la couverture en ardoises pyrénéennes. La toiture déroge à la règle vernaculaire avec son lambrequin, ornement plus habituel dans l'architecture helvétique.

Les élévations latérales et postérieure sont en revanche plus sommaires avec leur revêtement d'enduit blanc. Celle du côté du Valentin est dotée d'une annexe, sans doute pour abriter des équipements techniques.

Murs moellon enduit
pierre pierre de taille
brique
Toit ardoise
Étages étage de soubassement, 2 étages carrés, étage de comble
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Matrice cadastrale des propriétés bâties d'Eaux-Bonnes 1903-1904.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
  • Voirie, dossier Battault, 1855.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes : V1
Documents figurés
  • Plan des Eaux-Bonnes, dans Guide Joanne, Hachette, 1894.

Bibliographie
  • ARRIPE René. Ossau 1900. Le canton de Laruns. Toulouse : Laboutières, 1987.

    P. 58-60, 132-134.
  • JAM (BOUILLÉ R. de). Guide de Pau aux Eaux-Bonnes : suite des excursions à pied. Pau, E. Vignancour, 1869.

    P. 85.
  • JOANNE Paul. Pyrénées. Paris : Hachette, édition de 1888 (collection des guides Joanne).

    P. 70.
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