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Ancienne maison noble, Château Tour Saint-Bonnet

Dossier IA33007562 réalisé en 2014

Fiche

  • Vue d'ensemble.
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  • Parties constituantes

    • resserre
    • chai
    • puits
    • cuvage
    • tour
    • logement d'ouvriers
    • portail
    • pigeonnier
    • jardin
    • tonnellerie
    • grange
    • étable
    • écurie
    • cabane
Précision dénomination château viticole
Appellations Château Tour Saint-Bonnet
Parties constituantes non étudiées resserre, chai, puits, cuvage, tour, logement d'ouvriers, portail, pigeonnier, jardin, tonnellerie, grange, étable, écurie, cabane
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Adresse Commune : Saint-Christoly-Médoc
Lieu-dit : Saint-Bonnet
Cadastre : 1831 D 616 à 621, 624, 627 ; 2012 D1 40, 43, 51, 654, 655

Au 16e siècle, la maison noble de Saint-Bonnet dépend de la juridiction du seigneur de Castillon et à ce titre lui rend foi et hommage. En 1519, elle appartient à Bertrand de Minvielle, écuyer, seigneur d’Escurac, de la Bernède et de Saint-Bonnet.

Au cours de la seconde moitié du 17e siècle, lorsque le domaine appartient aux familles De Beyres puis Desaigues, la viticulture devient la principale activité et ressource. Une partie du corps de logis, construite en moellon et abritant une cheminée en pierre sculptée, semble dater de la fin du 17e siècle. Toutefois, d'importantes modifications sont apportées au cours du 18e siècle (baies en arc segmentaire, pilastres à bossage) et les bâtiments sont agrandis. De même, les dépendances en retour d’équerre (à l’ouest) sont probablement bâties au 18e siècle mais les nombreuses modifications des ouvertures ne permettent pas une datation précise. L’organisation sur cour, visible sur la carte de Masse de 1708 et sur la carte du cours de la Garonne de 1759, est conservée au cours du 19e siècle et jusqu’à nos jours.

Sur le plan cadastral de 1831, le domaine, appartenant aux héritiers Maignol, est constitué d’un premier ensemble de bâtiments organisés sur une cour fermée, dotée d’un puits, comprenant : à l’est les bâtiments viticoles, au sud le logis et à l’ouest des dépendances agricoles. Le second ensemble, à l’ouest, regroupe des logements occupés par les ouvriers du domaine et un bâtiment rural (aujourd'hui ruinés). Enfin, au nord-est, est établi un pigeonnier aujourd’hui disparu.

La première édition du Traité sur les vins du Médoc et du département de la Gironde de William Franck (1824) indique une production importante de vin atteignant les 100 tonneaux. La forte baisse de la production, jusqu'à 35 tonneaux, entre 1845 et 1850, correspond à la vente du bien des héritiers de Maignol à Caranave.

Vers 1858, le puits est remanié, comme l'indique la date figurant sur la superstructure métallique. Selon le registre des augmentations et diminutions de la matrice cadastrale, Caranave entreprend divers travaux entre 1860 et 1877. Ils correspondent à la construction d’une grange-étable, d’une maison à étage dans le prolongement du logis et à la modernisation des installations viticoles, augmentant ainsi la production à 150 tonneaux.

Aucune source n’indique la date de construction de la tour située sur une parcelle, au nord, dominant l’estuaire. Elle est vraisemblablement bâtie dans le 3e quart du 19e siècle : dès la 2e édition (1868) de l'ouvrage Bordeaux et ses vins, le domaine est mentionné sous le nom La Tour Saint-Bonnet. Il s'agit certainement d'un ancien pigeonnier, comme le laisse supposer la présence d'une pierre d'envol sur la face sud.

Entre la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle, un incendie détruit l’étage des dépendances viticoles. Ne subsistent que les vestiges de l'escalier extérieur.

Au cours de la seconde moitié du 20e siècle, un hangar est bâti entre le cuvier et le logis.

Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle

Le domaine est situé au nord-ouest de la commune, au cœur de ses vignes, sur une "croupe" dominant l’estuaire et bordant à l’ouest les marais de Bégadan. Il est constitué d’un premier ensemble de bâtiments organisés sur une cour fermée comprenant le logis en fond de cour avec deux ailes en retour d’équerre, abritant à l’est les bâtiments viticoles et à l’ouest des dépendances.

Le corps de logis se compose de quatre éléments bâtis en moellons, avec la pierre de taille utilisée pour les chaînages d’angle et les encadrements, à l’exception de la maison, à l’est, qui est construite en pierre de taille. Ils témoignent des différentes phases de construction et d'agrandissement des bâtiments. Le deuxième logis, dont la façade sur cour est saillante et précédée d’un emmarchement, présente un vocabulaire de construction de l’Ancien Régime : pilastres à bossage encadrant l’élévation et la travée unique, gorge à profil segmentaire du chambranle de la porte et corniche à talon et doucine. A l’intérieur, la cheminée présente un manteau et une face en pierre de taille avec tables décoratives circulaire et rectangulaire, corniche à denticules, moulures et motifs végétaux.

Les ailes en retour d’équerre abritent à l’est les chais et le cuvier à étage, et à l’ouest les anciennes écuries ainsi qu'une ancienne tonnellerie dont la cheminée est conservée.

A l’ouest, se situent les anciens logements et des remises ainsi qu’une grange-étable bâtie en moellon avec la pierre de taille utilisée pour les chaînages d’angle et les encadrements harpés. Elle comprend un corps principal à étage flanqué par deux ailes en rez-de-chaussée. La large porte centrale présente un linteau en arc segmentaire à claveaux passants un-sur-deux.

Au nord du domaine, la tour circulaire en pierre de taille domine l’estuaire. Elle se compose d’un solin de mur, d’une porte dont l’arc brisé repose sur des pilastres. L’anneau médian mouluré forme l’appui des jours en arc brisé du niveau supérieur. Elle est couronnée par une corniche à modillons à la façon de mâchicoulis et d'un muret d'attique formant d'imposants créneaux.

Murs calcaire moellon
calcaire pierre de taille
Toit tuile creuse
Étages 1 étage carré, en rez-de-chaussée, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans demi-croupe
appentis
Escaliers escalier intérieur : escalier droit, en charpente
escalier de distribution extérieur : escalier droit, en maçonnerie
Typologies IC3
Techniques sculpture
Représentations denticule, feuillage

Estuaire

FORBAIE linteau droit (porte) ; linteau droit (fenêtre) ; arc segmentaire (porte) ; arc segmentaire (fenêtre) ; gorge (porte)
POSRUE en alignement
POSPARC autre
ORIENT nord-est
VUE vue étendue
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Compléments bibliographiques

    BAUREIN Abbé, MERAN Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1-2, 2è éd.

    p. 161 : "Indépendamment de la Seigneurie de Castillon, il existe dans la Paroisse de Saint-Christoly la maison noble de Saint-Bonnet, située au couchant et à un quart de lieue de l’Eglise. Cette maison appartient à M. Desaigues, Ecuyer. On n’en connaît point les anciens propriétaires, excepté qu’elle n’eût appartenu à Pierre de Sobrine, qui, dans un titre du 2 septembre 1519, est qualifié Ecuyer, de la Paroisse de Saint-Christoly en Médoc. On prétend qu’il existait dans les dépendances de cette maison une Chapelle érigée sous l’invocation de Saint Marc, mais il n’en subsiste aucun vestige".

    PLICHET Arnaud. La seigneurie de Saint-Bonnet-en Médoc : aujourd'hui châteaux-tours-Saint-Bonnet, Saint-Christoly de Médoc, 1998.

    "La seigneurie ou maison noble de Saint Bonnet, située dans la paroisse de Saint-Christoly de Médoc, dépendait de la juridiction du Seigneur de Castillon en Médoc et à ce titre, le Seigneur de Saint-Bonnet lui rendait foi et hommage. (…) C’est en 1519, que nous voyons pour la première fois apparaître dans les textes, la mention de la Seigneurie de Saint-Bonnet. Elle est alors en la possession de la famille de Minvielle qui est aussi seigneur d’Escurac, et des droits sur la seigneurie de la Bernède."

  • Cahier des charges pour la vente du domaine de Saint-Bonnet, 8 septembre 1845

    AD Gironde. 3 E 47700. Cahier des charges pour la vente du domaine de Saint-Bonnet, 8 septembre 1845.

    "A comparu par-devant Me Mazeau notaire à Lesparre, département de la Gironde soussigné,

    M. Étienne de Maignol Mataplane percepteur des contributions directes demeurant à Queyrac, canton d’arrondissement de Lesparre, lequel a dit qu’étant dans l’intention de vendre son domaine de St-Bonnet, par la voie des enchères volontaires qui seront reçues par le dit Me Mazeau, il requiert le dit notaire d’établir la désignation par lots et origine du dit domaine, ainsi que les charges, clauses et conditions auxquelles cette vente aura lieu.

    Désignation des biens et division par lots

    Le domaine de St-bonnet est situé sur le territoire de la commune de St-Christoly ; il ne forme aujourd’hui qu’une exploitation presque en un tenant mais pour en faciliter la vente il doit être divisé en lots :

    1er lot

    Le premier lot comprend la maison de maître, la maison de valet, chai, cuvier, autres bâtiments ruraux, la cour, l’ormière et la terre y attenant destinée à un jardin, les terrains en pacage et emplacement au devant et près de la cour, les pièces de vigne en plein et en jouales, connues sous les noms de la Garenne, la Fue-sud, la Fue-nord, le Carreau, la Chibalotte-sud, la Chibalotte-nord et le Puy-de-la-Rousselle, la pièce de terre labourable […]".

    (...)

Références documentaires

Documents d'archives
  • Cahier des charges pour la vente du domaine de Saint-Bonnet, 8 septembre 1845.

    Archives départementales de la Gironde : 3 E 47700
  • Registres des matrices cadastrales de Saint-Christoly-Médoc, 1853 -1908.

    Archives départementales de la Gironde
Documents figurés
  • Carte du marais de Bégadan et de Saint-Christoly dépendant des fiefs de Lesparre et de Castillon en Médoc sur le bord de la Garonne , s.n., 1702 (?).

    Archives départementales de la Gironde : 2 fi 814 bis
  • Marais de Castillon et de Bégadan, dans la juridiction de Lesparre. Papier, encre brune, par s.n., 18e siècle.

    Archives départementales de la Gironde : C 3675
  • Carte du 9e quarré de la généralle de Médoc. Dessin, encre, couleur, papier, par Claude Masse (géographe), 1708 [IGN, non coté].

    IGN (Institut national de l'information géographique et forestière)
  • Carte géométrique de la Guyenne dite Carte de Belleyme, feuille n°6, levés vers 1763-1764, éch. 1/43200 env.

  • Plan cadastral napoléonien de Saint-Christoly-Médoc, 1831.

    Archives départementales de la Gironde : 3 P 383
  • Carte postale, ancienne tour sur les bords de la Gironde, dépendance du château La Tour Saint-Bonnet, par Henry Guillier (éditeur), 1er quart 20e siècle.

    Collection particulière : n.c.
Bibliographie
  • BAUREIN Abbé, MERAN Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2è éd .

  • COCKS Charles. Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite, reproduction intégrale de l'édition de 1850. Bordeaux : Ed. Féret et Fils, 1984.

    p. 230
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1868 (2e édition).

    p. 157
  • FRANCK William. Traité sur les vins du Médoc et les autres vins rouges et blancs du département de la Gironde. Bordeaux : impr. de Laguillotière, 1824.

    p. 139
  • PLICHET Arnaud. La seigneurie de Saint-Bonnet-en Médoc : aujourd'hui châteaux-tours-Saint-Bonnet, Saint-Christoly de Médoc. Bordeaux, 1998.

(c) Conseil départemental de la Gironde ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Bordes Caroline