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Ancienne église priorale Saint-Gilles, dite église du cimetière

Dossier IA40001617 réalisé en 2017

Fiche

Œuvres contenues

Vocables Saint-Gilles
Appellations église du cimetière
Dénominations église
Aire d'étude et canton Saint-Sever
Adresse Commune : Montgaillard

Selon le procès-verbal dit "de Charles IX", rédigé en 1571, et les notes rassemblées par l'abbé Vincent Foix au début du XXe siècle, l'ancienne église Saint-Gilles de Montgaillard était le siège d'un prieuré dépendant de l'abbaye bénédictine Saint-Gilles du Gard (diocèse de Nîmes), qui possédait le droit de collation (nomination des prieurs). L'édifice lui-même, qui servait aussi de paroisse à la communauté, datait probablement du XIVe ou du XVe siècle. Ruiné en 1569 par les troupes protestantes du capitaine Montaman, il dut être restauré et sans doute agrandi en 1657 par le curé Daniel Filhot, qui redécora le chœur à la même occasion. En 1756, l'édifice possédait un vaisseau central flanqué de deux bas-côtés. Parvenue dès la fin du XIXe siècle dans un état de délabrement complet (une chapelle latérale dut être démolie en 1881), l'église perdit son toit en 1937. Ses ruines furent rasées en avril 1954, à l'exception du clocher-mur, qui se dresse toujours au milieu du cimetière communal, flanqué au nord d'un petit corps de bâtiment moderne servant de réserve.

Dates 1657, daté par source

L'église, dirigée nord-ouest / sud-est, entourée par un cimetière, comprenait avant sa démolition un vaisseau principal, prolongé par un chœur en abside semi-circulaire légèrement plus étroit, et un collatéral de deux travées au nord, ouvrant par des grandes arcades en arc brisé (le bas-côté sud, signalé en 1756, avait donc déjà disparu au XIXe siècle). Si le vaisseau central avait perdu dès 1569 son voûtement d'ogives (remplacé par un simple lambris de bois), le collatéral avait conservé le sien, orné de belles clefs de voûte (aux armes de France et à rosace), d'un style proche de celui des clefs de l'église d'Arx (réf. IA40001486) et aujourd'hui déposées aux Archives départementales des Landes à Mont-de-Marsan. Hormis ces vestiges déplacés, ne subsiste actuellement in situ que le clocher-mur, au pignon triangulaire percé de trois baies campanaires en plein cintre, auquel s'adosse un petit corps de bâtiment rectangulaire moderne, en maçonnerie de moellon, qui a remplacé l'ancien porche. Un départ de voûte à nervures prismatiques est encore visible à l'angle nord-ouest du collatéral disparu.

Murs calcaire moellon enduit
Techniques sculpture
Représentations armoiries, rosace
Précision représentations

Les clefs de voûte du collatéral nord (XVe ou XVIe siècle), aujourd'hui déposées aux Archives départementales des Landes, sont sculptées, pour l'une, de l'écu de France à trois fleurs de lys, pour l'autre d'une grande rosace à six rangs de pétales.

Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Procès-verbal de l'état des églises du diocèse d'Aire en vertu des lettres clauses de Charles IX, roy de France, en date du 5 octobre 1571" (dans Revue de Gascogne, 1860, tome I, p. 319)

    [p. 319] PRIEUR DE MONTGAlLLARD. Le Prieur de Montgaillard est dépendant de l'abbaye séculière et auparavant régulière ordre de St Benoit de Me St Gilles au Diocèse de Nîmes est a la collation du dt Abbé, et est tenu d'aider ou de faire aider le curé du dt Montgaillard a dire les messes parroissialles et administrer les sacremens et autres services divins. — En est Prieur Me Jean Duvignau clerc Mtre ezarts étudiant à l'université de Paris en la faculté de théologie et fait faire le service par un Sacristain qu'il y a commis — Si est ce qu'il y est troublé en la possession et y a procès par devant le Senechal des Lannes au siège de St Sever entre Messire fortis Castay complaignant et le dt Duvignau et Me Dominique de Laborde opposant.

    [p. 320] MONTGAILLARD BOULIN. L'eglise parroissialle de Montgaillard et annexe de Boulin est a la collation de l'Eveque D'Aire et a cure d'ames. En est curé Me Bernard de Ceta prêtre Bachelier en droit chanoine D'Aire, qui réside au dt Aire, et va souvent faire le service et exhorte les peuples, et l'endoctrine au St Evangile. Selon la détermination de notre Mère Ste Eglise Catholique et Romaine et y tient deux vicaires gens de bien savoir est Me Jean de Lalanne et Dominique de Tris qui y font tous les jours le divin Service et administrent les Sacremens comme était accoutumé. L'église parroissialle de Montgaillard et aussi la chapelle qui étoit dans le lieu, ont été ruinées et découvertes, les autres églises démolies — les ornemens joyaux et livres pillés et emportés par les gens de guerre des Vicomtes — Les fruits du dt curé es années 1569 et 1570 jusques à la publication de la paix ont été pris par ceux de la Garnison que le S' de Montaman tenoit et la ville de S' Sever et par un nommé Seris trésorier de la cause en la dte ville, en sorte que le curé n'en a rien joui.

  • Extrait de la monographie paroissiale de Montgaillard, 1887 (Archives diocésaines de Dax)

    Il y avait autrefois deux églises et une chapelle seigneuriale. L'une de ces églises, sous le vocable de saint Jean, n'existe plus ; elle était située dans un lieu proche de l'Adour.

    Saint-Gilles a été brûlée en 1559 (sic). Traces de cet incendie à l'intérieur et à l'extérieur. La voûte de la nef principale a dû être démolie et remplacée par un mauvais plancher enduit d'une couche de mortier. L'année dernière [1886], le sanctuaire fut diminué et l'autel démoli et porté vers le mur du chevet. Dans le tombeau de l'autel on trouva un pot de terre renfermant quelques débris d'ossements humains, le tout recouvert d'une brique, et une quantité de tisons éteints. Pas un papier, pas un parchemin pour éclairer ces objets. / Le plafond du chœur en s'effondrant endommagea les boiseries de l'autel et les colonnes qui les soutenaient. Les colonnes ont servi à consolider la tribune qui menaçait ruine. Les boiseries encadrent l'autel dont on vient de parler.

    Cette église avait encore, il y a six ans, un bas-côté à la façade du nord, une chapelle à la façade du midi s'ouvrant sur la nef principale. Le bas-côté du style ogival du XIIIe siècle a deux travées, il est voûté en briques à plat avec nervures en pierre, avec formeret et arc doubleau. Les clefs de voûte portent l'une des armes de France, et l'autre une simple couronne avec des nœuds. Au-dessus de l'autel était un tableau représentant l'Immaculée Conception, il a été déplacé et mis en face de l'autel, contre le mur du couchant. La chapelle du midi du XIIIe siècle aussi était dédiée à la Ste Vierge. Du moins la clef de voûte porte le monogramme de Marie.

    Le portail de l'église est du XIIIe siècle. Les croisées sont toutes romanes sauf deux carrées et posées en biais. Ce sont celles du sanctuaire.

    Le chœur est circulaire. Le mur qui le ferme offre plusieurs retraites, l'une à 0m60 au-dessus du sol et l'autre à 2,80 m. La chaire est en pierre de forme ronde, terminée à la base en hélice ou colimaçon.

    Le clocher n'est rien d'autre que le mur de la façade du couchant où l'on a pratiqué l'ouverture servant de portail. Le mur s'élève de 6m au moins au-dessus de la toiture de l'église et se termine en ogive.

    Saint-Gilles, au bourg, avait trois chapelles orientées au levant : celle de droite dédiée à Notre-Dame de Pitié, celle de gauche à Notre-Dame de l'Assomption, celle du milieu à Saint-Roch. En 1836 puis en 1841, les habitants sont invités par leur évêque à réparer Saint-Gilles et à rétablir la voûte de la nef principale détruite en 1559 (sic). Ils n'en firent rien. En 1854, la chapelle seigneuriale devint église paroissiale. A partir de cette date, Saint-Gilles fut délaissé et dépouillé des quelques tableaux et statues qui s'y trouvaient. On démolit une chapelle latérale en 1881. Saint-Gilles ne servait en 1887 qu'aux offices des morts.

  • Extraits des notes de l'abbé Vincent Foix sur Montgaillard (AD Landes. II F 915)

    [Les notes commençaient à la page 19, qui a disparu.]

    [p. 20] Saint-Gilles devait être un prieuré. En 1569, les protestants ruinèrent l'église paroissiale et une autre chapelle (Revue de Gascogne, 1860, p. 320). Le prieuré valait 2000 livres de rente au XVIIIe siècle (Cazauran, p. 119). Le 4 avril 1531, un prêtre bailla à ferme, au nom de Charles de Gramont, archevêque de Bordeaux, à Johan Noguer, marchand de Saint-Sever, "los fuis et rendes du priorat de Montgaillard" pour 430 francs bordelais (Arch. des Landes, H 50).

    [p. 21] Église Saint-Gilles. La visite épiscopale du 23 mai 1756 indique qu'à gauche, sous un collatéral voûté, s'ouvrait la chapelle de Notre-Dame de l'Assomption dont le tableau était fort crasseux. Autre chapelle dédiée à Notre-Dame de Pitié ouvrant le collatéral de droite. Il y avait une chapelle de saint Roch. Le tableau représentant l'Immaculée Conception existe encore à Saint-Gilles dans la chapelle du midi dédiée à la Vierge (Monographie de Montgaillard).

    Le curé Daniel Filhot (1657) restaura l'église et y fit placer des boiseries encore conservées. Elles portent sur deux cartouches les armes d'un évêque d'Aire et le chiffre du curé restaurateur (M. Daugé, Arch. Soc. de Borda).

    Depuis trente ans on ne fait plus d'offices à Saint-Gilles. En 1854, on restaura l'ancienne chapelle seigneuriale du bourg de Notre-Dame. Elle sert aujourd'hui d'église paroissiale. Saint-Gilles n'est plus qu'une ruine. Une des chapelles latérales a été démolie, le reste va périr qui ne sert plus que pour les offices des morts (Monographie de Montgaillard).

    [p. 22] Découvertes archéologiques. En réparant en 1886 l'église qui dépendait du prieuré, on a trouvé dans le tombeau de l'autel que l'on démolissait, au-dessous de la pierre sacrée, un vase à goulot en terre cuite de couleur gris de cendre et dans l'intérieur de ce vase des ossements humains mêlés à des débris d'une châsse en bois ornée de sculptures mérovingiennes ou carlovingiennes analogues à celles découvertes à Dax avec les ossements attribués à saint Vincent de Xaintes.

    Une ancienne pierre tombale provenant du cimetière qui entoure l'église porte en relief sur les deux côtés les attributs ou la profession de laboureur ayant un aspect franchement gallo-romain.

    A l'extérieur de l'abside on voyait un bandeau seigneurial aux armes de la famille de Montgaillard et d'une autre qui lui était probablement alliée... C'étaient peut-être celles d'un prieur, elles étaient accolées à celles d'un Montgaillard et écartelées aux 1 et 4 d'or, aux 2 et 3 de gueules, à chaque un besant de sable (Dufourcet, Les Landes, p. 263).

    En 1889, M. Joseph de Laporterie découvrit dans les ruines de la chapelle Notre-Dame de Pitié, sur le côté ouest de l'église Saint-Gilles, une pierre cylindrique haute de 40 à 45 cm et ayant de 28 à 30 cm de diamètre, creusée à l'une de ses extrémités pour recevoir une urne funéraire ou même directement des cendres... C'est évidemment un tombeau d'un genre spécial et remontant à l'époque gallo-romaine (Rev. de Borda, 1889, LXXVIII et LXXIX).

    [p. 22 bis-23] Noms de certains prieurs de Montgaillard. Jean de Saint-Orens, signalé en 1513, était moine bénédictin de Saint-Sever (A.D. Landes, H 49). Charles de Gramont, archevêque de Bordeaux, 1531 (A.D. Landes, H 50). Jean Pontac, abbé de Nerbis et prieur de Montgaillard, 1694-1724.

    [p. 23] L'église paroissiale de Montgaillard avait pour annexe Boulin et pour dépendance la chapelle de Notre-Dame de Pitié qui est aujourd'hui paroissiale. L'église paroissiale était de collation épiscopale.

    [p. 23 bis-24] Liste des curés de Montgaillard.

  • Extraits de l'inventaire des biens de la fabrique dans l'ancienne église priorale Saint-Gilles de Montgaillard, 22 février 1906

    - "Inventaire des biens dépendant de la fabrique, 22 février 1906 (copie). / N° 4927/25 [...] Commune de Montgaillard, canton de St Sever. / Inventaire des biens de la fabrique de Montgaillard, dressé en exécution de la loi du 9 Xbre 1905. / L'an 1906, et le 22 février, à 1h 1/4 du soir, en présence de MM. 1° l'abbé Moncade, curé de Montgaillard, 2° de Laporterie, président du bureau des marguilliers, demeurant le premier à Montgaillard, le second à St Sever, Nous soussigné, Gaillard, sous-inspecteur des domaines à Mont-de-Marsan, dûment commissionné et assermenté, spécialement délégué par le directeur des domaines à Mont-de-Marsan, avons procédé ainsi qu'il suit, à l'inventaire descriptif et estimatif des biens de toute nature détenus par la fabrique de Montgaillard. / [...] Église de St Gilles. / Chapitre II. Biens dont la fabrique n'a que la jouissance. / Sacristie. Néant. / Sanctuaire. / Autel en bois surmonté d'un dôme doré le tout fixe. / 1. Sur l'autel une croix - 1. / 2. 4 chandeliers - 2 f. / 3. Un petit crucifix - 1. / 4. 4 bouquets - 1. / Dans le chœur sont : 6 stalles en bois fixe, revendiquées par Mme la Marquise de Castelnau. / 5. Un dessus d'autel - 0,50. / 6. Un devant noir - 1. / 7. Un lustre en bois - 0,50. / Report : 7. / 8. Un tableau détérioré - 1. / Bas-côté unique : un autel fixe surmonté / 9. d'une statue de la Vierge - 1. / 10. Petite table - 1. / 11. Tableau de l'Assomption - 5. / 12. Un confessionnal - 10. / 13. Un vieux corbillard - 5. / 14. Une armoire très vieille - 2. / La chaire est en pierre, fixe. / 15. Un vieux chemin de croix - 2. / 14. 25 chaises - 11. / 17. 5 bancs de bois - 1. / Total 45 f.

    [...] L'église de St-Gilles, annexe de la précédente [l'église du bourg], et située à 150 mètres environ, est très ancienne. Sa superficie est de deux ares, et la valeur du terrain de 20 f. L'édifice semble appartenir à l'État. [...]

    Observations d'ordre général. Mr Moncade et Mr de Laporterie nous ont lu chacun une protestation que nous avons annexée après l'avoir revêtue de la mention "ne varietur". / MM. Moncade et de Laporterie, requis par nous de déclarer qu'à leur connaissance il n'existe pas d'autres biens susceptibles d'être inventoriés que ceux portés au procès-verbal, ont refusé de faire cette déclaration. En conséquence, nous avons clos le présent inventaire contenant six rôles. 22 février à 5 h du soir, et après lecture faite, nous l'avons signé seul, les comparants ayant refusé de le revêtir de leur signature."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Dossier "église (1774-1955)".

    Archives paroissiales, Montgaillard
  • Monographie paroissiale de Montgaillard, 1887.

    Archives diocésaines, Dax
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique (22 février 1906).

    Archives départementales des Landes : 70 V 230/9
  • Monographie paroissiale de Montgaillard, 1887.

    Archives diocésaines, Dax
  • Service du patrimoine et de l'Inventaire. Dossier de pré-inventaire de l'église de Montgaillard, 1969.

    Service du patrimoine et de l'Inventaire, région Aquitaine
Bibliographie
  • AD Landes. II F 904. Notes de l'abbé Vincent Foix : vieux clochers, vieilles églises.

    Archives départementales des Landes : II F 915
  • DAUGÉ Césaire. Montgaillard pendant la Révolution. Aire-sur-l'Adour, 1909.

  • SOUSSIEUX Philippe. Dictionnaire historique des Landes. Études landaises, 2012.

    p. 542-543
  • LERAT Serge (dir.). Landes & Chalosses. Pau : Cairn, 1984.

    tome II, p. 1102-1103
Périodiques
  • CAZAURAN Jean-Marie (abbé). "Pouillé du diocèse d'Aire", Bulletin de la Société de Borda. Dax, 1884, p. 21-34, 97-119, 201-216 ; 1885, p. 131-162, 229-244, 255-286 ; 1886, p. 1-29, 281-283.

    1884, p. 97-119
  • LAPORTERIE Joseph de. "Marques de tâcherons de l'église et de l'abbaye de Saint-Sever-sur-l'Adour et des églises de Montgaillard et de Bostens (Landes)". Bulletin de la Société de Borda, 1900, tome 2, p. 105-107.

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