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Ancienne chapelle Saint-Antoine, devenue église Notre-Dame, puis église paroissiale

Dossier IA24001459 réalisé en 2011

Fiche

Vocables Saint-Antoine, Notre-Dame
Parties constituantes non étudiées chapelle seigneuriale
Dénominations chapelle seigneuriale, église, église paroissiale
Aire d'étude et canton Vallée de la Vézère - Terrasson-Lavilledieu
Adresse Commune : Beauregard-de-Terrasson
Adresse : rue de l'Eglise
Cadastre : 1825 B1 288 ; 1988 AB 148
Adresse

Le vicomte de Limoges, Jean de Bretagne, fonde la "chapelle" de Beauregard en 1309. Le petit sanctuaire, bâti en moyen appareil de pierre de taille, se limite alors à un simple édifice de plan rectangulaire (env. 18 x 8 m), la nef actuelle. Celui-ci est ouvert à l'ouest par un portail en arc brisé : colonnettes sur bases informes, fûts torique ou à profil à fin listel, petits chapiteaux à palmettes, tailloirs. Tous les éléments verticaux (colonnettes et moulures) se prolongent par des moulures du même type qui dessinent des arcs brisés cernés autour du portail par une archivolte moulurée (scotie et tore) saillante, à retours horizontaux sur les côtés jusqu'aux contreforts du clocher-mur. Ce portail a clairement pris modèle sur celui de la proche église abbatiale de Saint-Amand-de-Coly (début XIIIe siècle). Les murs gouttereaux de la nef présentent encore par endroits de petits corbeaux et des vestiges de la corniche en pierre qui les couronnaient à l'origine.

Le clocher-mur, également en moyen appareil de pierre de taille, est adossé à la façade occidentale un peu plus tard, afin de mettre en défense l'édifice. Une bretèche en bois (dont les trous de boulin se voient encore dans l'appareillage), accessible par la porte en arc brisé aujourd'hui fermée par un vitrail, surplombait le portail pour en défendre l'accès. Ce clocher-mur a été ajouté après coup, comme l'indiquent les assises des pierres qui ne sont pas liaisonnées avec celles du mur du portail occidental. Cette mise en défense du sanctuaire date probablement de l'époque des troubles graves qu'a connus le Périgord au Moyen Âge, au milieu du XIVe siècle, plus précisément peut-être les années 1350-1360, époque qui vit également celle de l'église abbatiale de Saint-Amand-de-Coly.

Le chœur actuel est également ajouté à l'est à une époque plus récente, comme l'indique sa maçonnerie en moellon raidie par des chaînes de pierre de taille aux angles et les baies en plein-cintre qui l'ouvrent. Il était alors couvert par une voûte quadripartie en pierre, dont subsistent les vestiges des arcs formerets dans les murs. Ce chœur et la partie supérieure du clocher-mur avec ses quatre baies campanaires datent peut-être du moment où la chapelle devint église, annexe de celle de Bersac, à la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle. C'est à cette époque qu'elle changea également de vocable : placée jusqu'ici sous le patronage de saint Antoine, elle adopte alors celui plus prestigieux de Notre-Dame. Dans un acte du 28 juin 1626, le vicaire de Beauregard s'y trompe d'ailleurs encore, écrivant dans son registre "dans l'esglize de St-Anthoyne de Beauregard", puis rayant ce nom pour le remplacer par "Nostre-Dame". Le petit hameau initial qui s'est développé autour de l'édifice est en effet devenu entre temps un véritable bourg, et le sanctuaire est agrandi pour recevoir le nombre croissant des fidèles. En 1645, une chapelle seigneuriale placée sous le vocable du Saint-Rosaire est adossée contre le mur gouttereau nord de l'église (archives du château de Mellet). Une seconde chapelle est également bâtie dans le prolongement de la première, au nord-ouest. Une pierre de l'un des contreforts nord de l'église, qui porte la date de 1735, est peut-être liée à la fondation de cette chapelle aujourd'hui disparue. Ces deux chapelles sont ouvertes sur la nef par de grandes arcades. Plus tard, entre 1733 (AD Dordogne, B 1487, mention) et 1758 (AD Dordogne, B 1324, mention), l'essor du bourg de Beauregard devient tel que les rôles sont inversés : l'église de Beauregard, qui était jusque-là une simple annexe de celle de Bersac, est érigée en église paroissiale au détriment de celle-ci, qui devient son annexe.

D'importants travaux de restauration sont entrepris au XIXe siècle. Ils ont sans doute d'abord touché le clocher-mur, dont les baies campanaires accueillent deux nouvelles cloches : la première est fondue par le chevalier Malnuit Petitfourque et bénite par Guillaume Taillardat, curé de Beauregard, en 1828 ; elle a pour parrain Jean-Baptiste, comte d'Abzac, juge de paix, et pour marraine Françoise Virginie, comtesse de Marcillac ; la seconde est fondue en 1851 sous la direction de Clément Demeaux-Lagrange, maire de Beauregard, et de François Chavignez, curé de Beauregard, avec pour parrain le marquis François Hercule de Royère, propriétaire du château de Peyraux, et pour marraine Coralie Demeaux-Lagrange. Ensuite, dans les années 1870-1880, les travaux concernent le couvrement du chœur, qui est sans doute modifié afin de permettre l'agrandissement des fenêtres ; celles-ci sont alors décorées, tout comme celles de la nef, de verrières commandées au peintre verrier Jean Besseyrias, actif à Périgueux entre 1871 et 1884. Enfin, les travaux suivants touchent la toiture. Selon les comptes-rendus de fabrique de la paroisse, il semblerait qu'avant 1895, l'église était recouverte aux deux tiers de "pierres" (des lauzes), remplacées ensuite par des ardoises d'Allassac. Une partie des verrières (fenêtres perçant le gouttereau nord) a été réalisée en 1902 par le maître verrier bordelais Marcel Feur, fils de Henri Feur, également maître verrier.

En 1975, la chapelle nord-ouest est détruite (et ses arcades de communication avec la nef sont murées) afin de permettre l'élargissement de la rue.

Période(s) Principale : 1ère moitié 14e siècle , daté par source
Secondaire : 2e moitié 14e siècle , daté par source
Secondaire : 1ère moitié 17e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle , daté par source
Dates 1309, daté par source
1645, daté par source
1735, porte la date
Auteur(s) Auteur : Besseyrias Jean ,
Jean Besseyrias (1846 - 1942)

Jean Besseyrias a d'abord été un collaborateur dans l'atelier d'Émile Thibaud où se sont aussi formés Joseph Villiet et Guillaume Fabre. Son atelier est repris par Félix Gaudin en 1879. Après la retraite d'Émile Thibaud, il s'établit successivement à Rodez, dans l’Aveyron, puis à Périgueux en Dordogne en 1871 où il fonde un atelier au 4 rue Icarie. Il s'installe ensuite à Ambert, dans le Puy de Dôme en 1884. À Rodez, il a travaillé en association avec Claude Grenade en 1870. Ce dernier le rejoint à Ambert en 1884.


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peintre-verrier, signature
Auteur : Feur Marcel,
Marcel Feur (1872 - 1934)

Né à Bordeaux le 9 janvier 1872, mort dans la même ville le 28 septembre 1934. Fils d'Henri Feur (1837-1921), qui lui confie en 1908 la direction de la fabrique familiale de verrières.


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maître verrier, signature

L'église de plan rectangulaire allongé présente une nef couverte d'une fausse voûte en berceau. Le vaisseau ouvre à l'est sur un chœur de plan carré coiffé d'une fausse voûte d'ogives plate. Les fenêtres sont décorées de verrières. La nef ouvre au nord sur la chapelle du Saint-Rosaire, également dénommée Notre-Dame. A l'ouest, l'imposant clocher-mur en pierre de taille présente quatre baies campanaires. La composition d'ensemble de cette façade est typique de l'architecture des églises du sud-est de la Dordogne. Le portail d'entrée en arc brisé est couronné d'une petite tête sculptée non identifiée.

Murs calcaire moyen appareil
calcaire moellon
Toit ardoise
Plans plan allongé
Couvrements fausse voûte en demi-berceau
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier droit, cage ouverte
Techniques vitrail
Représentations saint Antoine, saint Paul
Précision représentations

Vitrail réalisé en 1902 par le maître verrier bordelais Marcel Feur, fils du maître verrier Henri Feur.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Précisions sur la protection

L'église ne fait l'objet d'aucune protection

Annexes

  • Eglise Notre-Dame, cloches

    Description des cloches, d'après BERTHELÉ Joseph, BRUGIÈRE Hippolyte. Exploration campanaire du Périgord. Périgueux : Impr. de la Dordogne, 1907, p. 419 :

    - Inscription : J'ai été fondue l'an 1851, sous la direction de M. Clément Demeaux-Lagrange, maire de Beauregard, et de M. François Chavignez, curé de Beauregard. Parrain, le marquis G. Fr. Hercule de Royère ; marraine, Mlle Coralie Demaux-Lagrange. Paintandre, fondeur à Turenne (Corrèze)."

    - Inscription : "Eques Malnuit Petitfourque artifices, 1828. M. J.-B. Cte d'Abzac, juge de paix, parrain. Dame FRse VI ce de Marcillac, née Apprederis de Gonzague, marraine. Bénite par Mr Gme Taillardat, curé de Beauregard."

    - Poids : 150 kil., environ.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Fondation de la chapelle de Beauregard par Jean de Bret, 1309.

    Bibliothèque nationale de France, Paris : vol.29, f° 9
  • AD Dordogne. 5 MI 54605 (registres paroissiaux de Bersac, puis de Beauregard-de-Terrasson ; Baptêmes-Mariages-Sépultures), 1617-1728.

    fol. 15r° Archives départementales de la Dordogne : 5 MI 54605
  • Acte de fondation de la chapelle du Saint Rosaire, à l'initiative de Catherine de Bailhot, 1645.

    Archives privées
  • Compte-rendu de la fabrique de la paroisse de Beauregard, 1897.

    Archives de l'évêché de Périgueux et Sarlat : RG 288 et 293
Documents figurés
  • Travaux de rénovation, architecte A. Dubet (?), 1897.

    Archives départementales de la Dordogne : 12 O 31
Bibliographie
  • CARLES Alcide. Dictionnaire des paroisses du Périgord. Bayac : Editions du Roc de Bourzac, 1884, réédition 1986.

    p. 137
  • GRAND Victor. Les Annales du Terrassonnais : histoire, géographie et statistique des dix-sept communes du canton de Terrasson... 1889 (reprod. en fac-sim. de l'éd. de 1889 : Bayac, Editions du Roc de Bourzac, 1990).

    p. 126-130
  • BERTHELÉ Joseph, BRUGIÈRE Hippolyte. Exploration campanaire du Périgord. Périgueux : Impr. de la Dordogne, 1907.

    p. 419
Périodiques
  • BARDE Karine. "L'église de Beauregard : histoire, architecture et mobilier". Mémoire de Beauregard, 1, 2012.

    p. 4-8
(c) Conseil départemental de la Dordogne ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Becker Line - Pagazani Xavier