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Ancienne chapelle du Verdon

Dossier IA33003913 inclus dans Village du Verdon-sur-Mer réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

Dénominations chapelle
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Adresse Commune : Le Verdon-sur-Mer
Adresse : cours de la République
Cadastre : 1833 A1 1377

La chapelle est construite entre 1717 et 1722 à la suite de la requête des marins de l'estuaire, souvent stationnés dans la rade du Verdon en cas de mauvais temps et qui réclament une chapelle à proximité, l'église de Soulac étant trop éloignée. Les plans et les devis sont fournis par un entrepreneur du Verdon, nommé Buissière. La chapelle est desservie par un chapelain pour lequel un logement est également construit. Dès 1726, la toiture nécessite des travaux ; d'autres "dégradations réalisées par l'entrepreneur Buissière" sont mentionnées en 1729.

D'importants travaux sont également préconisés en 1748 : le bâtiment souffre de l'ensablement ; le bâtiment semble toutefois rester en mauvais état. À partir de 1793, elle n’est plus desservie par un chapelain ; elle est abandonnée et reconvertie en logement pour les militaires présents à la pointe de Grave.

La chapelle figure sur le plan cadastral de 1833 accolée au logement du chapelain et accompagnée d'un cimetière. En 1837 est évoquée la possibilité d'ériger la chapelle en succursale de l'église de Soulac, mais elle est jugée trop exiguë et trop dégradée (humidité, instabilité des murs causées par "un banc de sable qui touche sa toiture". La proposition est finalement rejetée et Le Verdon ne devient paroisse autonome qu'en 1849.

En 1870, la chapelle en ruine est démolie pour laisser place à une nouvelle église édifiée en 1872.

Période(s) Principale : 1er quart 18e siècle

Le bâtiment était composé d'une salle de culte et d'un autel. Il pouvait accueillir 50 fidèles environ. Le logement du chapelain et de son domestique y était accolé, comme l'indique la représentation sur le plan terrier de Soulac (2e moitié 18e siècle). Si l'on se fie également à ce plan, le bâtiment était doté d'un clocher. Un document indique d'ailleurs la présence "d’une belle cloche très suffisante pour le lieu" et d'"un très joli clocher fait par les soins et l’industrie du frère Meulh aumonier".

La chapelle était voûtée et construite en pierre, sur une hauteur de 12 pieds et demi. Deux fenêtres éclairaient le sanctuaire, qui était semble-t-il lambrissé. L'autel était accessible par une marche.

Le mobilier qui y est mentionné en 1748 comprenait : un confessionnal de trois places sans volets, un bénitier avec un crucifix dessus, un tabernacle en bois de noyer avec une Madeleine au pied de la croix et un tableau représentant saint Louis au pied d'une Vierge à l'Enfant.

Murs calcaire
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
Couvrements
États conservations détruit
Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Extraits des Archives nationales

    Archives nationales. MAR/D2/50.

    • Extrait des registres du Conseil d'Etat, 28 mars 1712.

    Requête présentée par les officiers, mariniers et matelots du Royaume et des pays étrangers qui fréquentent la rivière de Gironde : les vents contraires les empêchant souvent de sortir de cette rivière, ils sont obligés de rester pendant un temps très considérable à la rade du Verdon, où ils n'ont aucun secours spirituel, que même ceux qui meurent sont la plupart du temps privés des sacrements et de la sépulture, par ce que la paroisse de Soulac qui est la plus prochaine de laquelle dépend le dit lieu de Verdon est éloignée de cette rade de plus d'une grande lieue, et les chemins impraticables par les dunes de sable qui s'y rencontrent ; demande à l'archevêque de faire construire une chapelle qui serait desservie par un chapelain ; pour la construction, l'entretien de la chapelle et de la demeure du chapelain, demande que soient levés 5 sols sur tous les navires et bâtiments de 50 tonneaux et au-dessous et 10 sols sur ceux au-dessus de 50 tonneaux qui sortiront de la rivière.

    • Lettre de M. de Courson, concernant demande d'une chapelle au Verdon, 17 mars 1717.

    Proposition d'un entrepreneur d'un plan et d'un devis pour la somme de 7500 l. S'engage à finir la chapelle pour le mois d'avril de cette année et de donner 300l. pour acheter les ornements nécessaires.

    • Lettre de M. de Courson, 17 avril 1717.

    Il n'y a point de lieu plus désert en France qu'est celui du Verdon (…).

    • Lettre de M. de Courson : copie de l'adjudication de la construction de la chapelle du Verdon et du logement du chapelain, 1er juin 1717.

    Le nommé Buissière avait offert de faire l'ouvrage pour 7500 l. ; il s'est rendu adjudicataire pour la somme de 6200 l. Prévoit que l'ouvrage sera achevé au mois de mai de l'année prochaine.

    • Lettre de M. Boucher attestant de l'achèvement de la construction de la chapelle, 5 janvier 1723.

    Demande que le chapelain soit nommé.

    • Lettre de Boucher à propos de la nomination du chapelain (Thadée Grady) par l'archevêque, 21 mai 1723.

    • Mémoire concernant la chapelle du Verdon, s.d.

    Cette chapelle a été bâtie à la pointe de Soulac au bord de la mer, à cause des vaisseaux qui mouillent en cet endroit, pour y attendre les vents favorables pour pouvoir entrer en mer. Il s'y trouve quelque fois jusqu'à 80 vaisseaux dont les équipages viennent entendre la messe à cette chapelle. Cet endroit est un désert dénué de tout secours pour la vie ; jusqu'aujourd'hui les chapelains qui ont été nommés par le Roy pour desservir la chapelle ont été obligés d'abandonner, ne leur étant accordé que 450 l. d'appointement (...). On observera qu'ils sont obligés d'envoyer jusqu'à 4 lieues pour acheter des vivres, le pays n'est que sables où il ne croît rien et il faut qu'ils fassent venir du bois de plus de 6 lieues et presque tout ce qui leur est nécessaire (...) ; cette chapelle est actuellement dénuée de tous ornements et il y a une réparation considérable à faire.

    • État du produit pendant 10 années et 6 mois des 5 et 10 sols levés sur les vaisseaux sortis du port de Bordeaux et autres lieux pour la construction d'une chapelle au Verdon et pour l'entretien d'un chapelain.

    • Réparations nécessaires à la chapelle du Verdon en 1729 pour rétablir des dégradations, réalisées par l'entrepreneur Buissière ; 1726 : réparations aux couvertures ; 20 mai 1717 : adjudication de la construction de la chapelle et du logement du chapelain.
  • Extraits des Archives départementales

    AD Gironde, H 1049. Propriétés et seigneuries foncières de l'abbaye Sainte-Croix de Bordeaux. Soulac. 1601-1790 [non consulté].

    1. Protestation de l'abbaye contre la construction d'une chapelle au Verdon : la majorité des habitants sont huguenots : "Il n'y a que des cabarets, où on fait des grandes débauches" (s. d.).

    AD Gironde, C3328. Intendance, affaires religieuses : Demande d'érection d'une chapelle royale en rade du Verdon, à la sortie de la Gironde, formée par les marins français et étrangers dont ils offrent de payer les frais et l'entretien au moyen d'une imposition sur chaque navire qui sortira, 1711-1744 [non consulté - inventaire sommaire AD Gironde].

    -Lettres du comte de Pontchartrain renvoyant à l'intendant Lamoignon de Courson la proposition des marins, fondée sur l'éloignement et la difficulté d'accès de la paroisse de Soulac, où le curé réside, et sur le temps souvent considérable pendant lequel, retenus par les vents contraires, ils meurent au Verdon sans prêtre, sans sépulture et sans sacrements. L'imposition serait de 5 sols sur les navires de 50 tonneaux, et de 10 sur ceux de plus de 50, qui sortiront de la rivière ; le relevé de septembre 1716 à juillet 1718 donne 2 863 navires de 50 tonneaux et au-dessous, et 1 192 de plus de 50.

    - Arrêts d'établissement, plans, adjudication de la bâtisse terminée en 1722, sous le vocable de Notre-Dame de Bon-Secours et de Saint-Louis ; le Roi se réserve la nomination directe, spécialement en vue d'y placer des aumôniers de la flotte, qui puissent parler plusieurs langues étrangères ; on n'en trouve dans aucun port.

    - Ressource des prêtres irlandais, dont le premier titulaire du poste, l'abbé Mahony, essuie l'opposition de l'archevêché, comme ayant dû être investi par l'ordinaire.

    - L'abbé Lenan, 1725. - Les Cordeliers en 1726 (par intérim) ; le sieur Mitchell en 1727 ; O'Sullivan, 1729 ; Douglas, 1733 ; les aumôniers déportés dans ce lieu sauvage, se succèdent rapidement.

    - Augmentation en 1730 du traitement des chapelains, ils sont portés sur le budget de la Tour de Cordouan, et l'imposition sur les navires, qui ne donnait guère que 700 livres de produit, est supprimée.

    - Mention dans une lettre d'un chapelain à l'intendant, en 1742, d'une dune ou montagne de sable dans les environs de la chapelle, mobilisée par un défrichement intempestif des « fougères, gane, herbe de Sainte-Neige, et par l'abattage d'ormeaux », plantés et ensuite détruits par leur propriétaire.

    AD Gironde, C3329. Intendance, affaires religieuses [non consulté - inventaire sommaire AD Gironde].

    -Lettre de Tourny au comte de Maurepas, relative à la difficulté de pourvoir au poste d'aumônier au Verdon. « La solitude où il faut que l'aumônier « vive demanderait plutôt le caractère d'un bon hermite « que d'un prêtre ordinaire ; rien n'est si difficile à la pluie « part des hommes de n'être pas en mauvaise compagnie « quand ils sont seuls vis-à-vis d'eux-mêmes. », 1744-1768.

    -Les Récollets demandent le poste ; un des leurs, le P. Martin, y a resté sept ans.

    -Affaires diverses : main prêtée à la contrebande ; état des meubles enlevés de la maison du chapelain par le capitaine de la patache et l'ancienne servante du titulaire ; de la dépense pour la refonte de la cloche ; du pauvre mobilier de la chapelle et du logement.

    -Les sables gagnent sur l'édifice et menacent de le « submerger ».

    -Nouvelle digue en 1751, par corvée des habitants de Soulac, mais le temps de ce travail ayant été indiqué mal à propos pendant le moment du travail des salinières, une protestation universelle s'élève ; les travaux sont suspendus. Nouvelles réparations en 1768.

    AD Gironde, C3330. Intendance, affaires religieuses.

    -Lettre de Martin chapelain, du 30 mars 1748 : "Le grand progrès que le sable a fait à la chapelle depuis environ un mois, ne me permet pas de différer davantage à vous en donner avis et le besoin que la maison a d’être carrelée y contribue beaucoup, car en vérité elle est presque inhabitable (…).

    -Lettre du 12 février 1751 : mention de la mort du Père Martin Cordelier, aumônier de la chapelle du Verdon, le 2 février 1751.

    -25 août 1751 [ ?] : inventaire des effets contenus dans la chapelle du Verdon.

    -Paiement de Pierre Rousseau, tailleur de pierre, 1er septembre 1753.

    Veu l’adjudication par nous faite le 3 août dernier au M. Pierre Rousseau, tailleur de pierres, des ouvrages de maçonnerie, menuiserie, couverture, ferrure, vitrerie, peinture d’impression et autres, pour la réparation de la chapelle et du logement de l’aumônier du Verdon, moyennant la somme de 1640 #, le certificat de réception des ouvrages par le sieur Vimar, ingénieur des Ponts et Chaussées, ensemble la lettre à nous écrite le 18 juillet dernier par M. Rouillé, ministre et secrétaire d’Etat ayant le département de la Marine, par laquelle il nous autorise à en faire payer le montant du fond des droits qui se perçoivent pour l’entretien de la Tour de Cordouan (…).

    -Lettre du chapelain Meulh à Monseigneur : demande de renouveler le linge de la maison appartenant à la chapelle du Verdon (…), 11 juin 1758.

    -Etat des réparations urgentes et indispensables à faire à la chapelle du Verdon, Meulh, chapelain, 25 février 1762.

    -Etat des réparations faites à la chapelle royale du Verdon par les ordres de Monseigneur Boutin, intendant de Guyenne appelé à juste titre le restaurateur de la dite chapelle et maison, sous les yeux de Monsieur Basterot de St Vincent, écuyer subdélégué, et sous l’administration du frère Meulh religieux, prêtre aumônier de ladite chapelle qui a fait et présente cet état à M. Basterot, subdélégué afin qu’il lui plaise de statuer ce qu’il jugera à propos sur ce dit état pour être présenté à Monseigneur l’intendant, 5 juin 1764.

    Mention d’une belle cloche très suffisante pour le lieu ; un très joli clocher fait par les soins et l’industrie du frère Meulh aumônier, un beau cimetière fait par les soins et l’industrie du frère Meulh aumônier, tout le fond de la chapelle dans le sanctuaire boisé en plain.

    -Etat des réparations nécessaires à la chapelle du Verdon et aux deux chambres anciennes du chapelain, fait par Monseigneur Baguenard, commissaire député par Monsieur de Basterot subdélégué de Monseigneur l’Intendant et le père Lavignasse chapelain et de deux massons, s.d.

    -Etat des fournitures faites pour les réparations de la chapelle et maison du Verdon selon l’ordonnance rendue par Monseigneur l’Intendant : réparations qui consistent en la destruction d’une grosse masse [ ??] qui contenait un four tout à fait en ruine et hors d’usage. Cette masse occupait plus de la moitié de la cuisine maintenant dégagée, s.d.

    AD Gironde, C 1689. Correspondance de Boucher, de Tourny et Boutin, intendants de Bordeaux, avec les ministres de Maurepas, Rouille, de Machault, de Bourbon, de Moras et le duc de Choiseul, 1722-1762.

    -Réparation de la chapelle du Verdon et du logement de l'aumônier.

    AD Gironde, 5 V 205. Réunion du conseil de fabrique de l'église paroissiale Notre-Dame de Soulac pour ériger la chapelle du Verdon en succursale, 3 décembre 1837.

    La chapelle du Verdon est tellement petite que cinquante personnes pourraient avec peine s'y placer. Depuis trente ans au moins, il existe au nord de la chapelle un banc de sable qui touche sa toiture, lequel occasionne une humidité telle que la voûte menace de se séparer de ses murs. Les deux chambres adjacentes à la chapelle avec leur vestibule sont dans le même état. Il n'y a pas une seule porte ni contrevent de bons. Avant 93, la Marine y avait un aumônier qu'elle payait. Le service divin se faisait les dimanches à une heure fixée par M. le curé de Soulac. Les fidèles du Verdon étaient administrés par lui et M. l'aumônier n'avait même pas le droit de les admettre à la communion pascale. La population de toute la paroisse de Soulac, Le Verdon y compris, n'est au plus que de 7 à 750 âmes. Le Verdon seul, y compris la douane, ne peut en faire un nombre de 300 (...).

    Le conseil ajoute en outre que quoiqu'une ordonnance royale autorise la commune pour 1838 à s'imposer extraordinairement d'une somme de cinq cents francs pour réparation à l'église et à son presbytère, cette somme est loin d'atteindre le chiffre de celle reconnue indispensable d'après le devis des réparations à faire, que MM. les commissaires désignés par le Conseil municipal dans sa session du mois de mai dernier ont fait dresser. Le conseil ajoute qu'il verrait avec peine que l'idée d'ériger cette petite chapelle en succursale vint troubler les repos et l'unité qui ont toujours existé entre les fidèles composant cette paroisse ; projet rejeté.

    AD Gironde, 2 O 3822. Mandat de Paiement à Pierre Reversé pour réparation faite à la chapelle du Verdon, 29 septembre 1848.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Chapelle du Verdon, 1716-1729.

    Archives nationales, Paris : MAR/D2/50
  • Réunion du conseil de fabrique de l'église paroissiale Notre-Dame de Soulac pour ériger la chapelle du Verdon en succursale, 3 décembre 1837.

    Archives départementales de la Gironde : 5 V 205
  • Intendance, affaires religieuses, Soulac-Le Verdon, 18e siècle.

    Archives départementales de la Gironde : C3330
Bibliographie
  • BAUREIN Abbé, MERAN Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2è éd .

    p. 54-57
  • CAILLOSSE Pierre. La paroisse de Soulac de la fin du XVIe au milieu du XIXe siècle : les transformations d'un territoire littoral entre la Gironde et l'Atlantique. Thèse d'histoire, Université de La Rochelle, 2015.

    p. 249
  • CHAILLOT Roger. Petite histoire du Verdon et de la Pointe de Grave. [S.I.] : R. Chaillot et Louis Jung, 1974.

    p. 20
Périodiques
  • "Abbé Baurein, Chapelle et rade du Verdon". Médoc Enseignants, 1974, n° 31.

  • GASTEUIL Bruno. « La chapelle royale du Verdon (1717-1790) ». Histoire et traditions du Verdon, n°3, juillet 1996.

    p.7-9
  • « Religion et mentalités au Verdon XVIIIe-XXe siècles ». Histoire et traditions du Verdon, Juillet 2001, n°13.

    p. 2-26
(c) Conseil départemental de la Gironde ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Steimer Claire