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Ancien repaire noble du Cheylard

Dossier IA24001462 réalisé en 2011

Fiche

Appellations du Cheylard
Parties constituantes non étudiées ferme
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Vallée de la Vézère - Montignac
Adresse Commune : Les Farges
Lieu-dit : le Cheylard
Cadastre : 1988 B1 385 ; 1812 B 709

On ignore tout de l'origine du fief du Cheylard dont le siège se situe à faible distance de l'église qui, elle, pourrait remonter entre le IXe et le XIIe siècle ; ancien repaire noble et église se dressent au sommet d'une colline qui culmine à 211 m d'altitude et domine la rive droite de la Vézère. Cette implantation voisine des deux édifices et la position stratégique du site suggèrent toutefois une création ancienne des deux. La forme du parcellaire du cadastre ancien suggère également que les deux édifices étaient situés dans le même enclos, ce qui pourrait indiquer une origine castrale pour l'église. Mais faute de documents, rien de ceci ne peut être attesté.

Il faut préciser qu’il existe au Moyen Âge et à l’époque moderne plusieurs fiefs du Cheylard dans la vallée de la Vézère et qu’il est souvent difficile de les distinguer sans mention précise de leur localisation : outre celui qui nous intéresse, on trouve un fief du Cheylard à Brenac près de Montignac, tenu par un membre de la famille du même nom en 1541 ; et un autre dans la paroisse de Rouffignac tenu par les Calvimont au XVIe siècle. Au Moyen âge et encore à la fin du XVIe siècle semble-t-il, comme nous allons le voir, le fief semble appartenir à la famille du Cheylard. En tous cas, la seigneurie, tout comme la paroisse, faisait partie de la châtellenie de Montignac et en relevait directement. Pour preuve, la mention la plus ancienne, qui remonte à 1323, indique que Renaud de Pons, seigneur de Bergerac et Montignac, fait donation des seigneuries de Bars et « du Chaylar » et d’autres terres de la paroisse de Saint-Léon à Archambaud III, comte de Périgord (AD Pyrénées-Atlantiques, E 696).

La construction de la maison noble actuelle dut intervenir au milieu du XVIe siècle, d'après la mise en œuvre, en moellon pour les murs et en pierre de taille pour les parties vives, et les types de fenêtres : à traverses et croisillons en pierre, et à moulures classiques (doucine, réglet, bandeau, quart de rond) dans l'ébrasement et sur l'appui, critères qui se retrouvent également à l’ancien presbytère du Cheylard. Comme au repaire noble de Lascaux, le rez-de-chaussée abritait chai et cuvier ; le niveau supérieur était l'étage noble. De plan en L, il est desservi par un escalier en vis circulaire logé dans l'angle rentrant des deux corps. La grande salle, dotée d'une cheminée adossée au mur gouttereau ouest, se trouvait au premier étage de l'aile gauche ; les pièces du logis seigneurial étaient dans l'aile droite, avec un cabinet ou des latrines dans une logette en léger encorbellement au nord-est.

Le 20 janvier 1583, Jean de la Queyrerie (ou Laquérerie), « escuyer seigneur du Cheylar » rend hommage au roi de Navarre « comme mary de Jeanne du Cheylar pour la maison noble du Cheylar, à cause de son comté de Perigord » (AD Pyrénées-Atlantiques, E 671. Hommages au roi de Navarre). Si, en 1583, le fief relève encore directement de la châtellenie de Montignac, ce n’était pas le cas quelques temps plus tôt, entre 1578 et 1581, laps de temps au cours duquel le roi de Navarre, futur Henri IV, toujours en quête de liquidités, avait octroyé l’engagement de la seigneurie du Cheylard et les droits de justice sur la paroisse à François de Féletz (AD Pyrénées-Atlantiques, B 1864). A partir de 1600 et jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, la paroisse et la seigneurie relèvent de la juridiction du seigneur de Sauvebœuf.

Au XVIIIe siècle, la seigneurie appartient encore à la famille la Queyrerie du Cheylard, dont les membres possèdent dans le voisinage les fiefs de La Salle, à Saint-Léon, et de La Fleunie, à Condat : en 1708, « messire Joseph du Cheylard, seigneur du dit lieu, procédant en qualité de mari de dame Marguerite de Vivans, son épouse, demandeur en mainlevée, contre dame Marguerite de Chansart, veuve de messire Guy de Vivans, chevalier, seigneur de la Salle, en son vivant capitaine au régiment royal des carabiniers » (AD Dordogne, B 1729) ; en 1731, « Messire Joseph de La Quérerie du Cheylard, chevalier, seigneur de la Fleunie, accepte l'hérédité de feu dame Marie de Vins, veuve de Jean du Cheylard, écuyer, seigneur du Cheylard, sous bénéfice d'inventaire seulement, sans faire confusion de sa donation contractuelle et de ses autres droits et biens avec ceux de ladite hérédité » (Ibid., B 1718).

La planche n° 23 de la carte de Belleyme levée en 1768 n'apporte pas d'information sur la présence de la maison noble ; seule l'église est représentée, en ruine. La colline sur laquelle se dresse l’ancien repaire noble est alors couverte de vignes.

De nombreuses modifications ont été apportées au bâtiment principal au XIXe et encore au XXe siècle.

Période(s) Principale : milieu 16e siècle
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : 20e siècle

Le bâtiment principal se dresse au sommet de la colline du Cheylard. De plan en L, il comprend deux corps de logis disposés en équerre desservis par un escalier en vis circulaire logé dans l'angle rentrant. Les murs sont en moellon raidis par des chaînes de pierres aux angles ; les autres parties vives (portes, fenêtres...) sont également en pierre de taille.

Murs calcaire moellon enduit partiel
calcaire pierre de taille
Toit ardoise
Statut de la propriété propriété privée
Précisions sur la protection

Aucune protection.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Pyrénées-Atlantiques. E 696 (Carton. 5 pièces, parchemin ; 4 pièces, papier, 1316-1567).

    Lettres du don par Renaud de Pons, seigneur de Bergerac et Montignac, à Archambaud, comte de Périgord, des terres du Cheylar, toute la paroisse de Bars et autres terres de la paroisse de Saint-Léon, 1323.
  • Hommages rendus au roi de Navarre, comte de Périgord, 25 janvier 1583.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : E 671
Documents figurés
  • Carte de la Guyenne par Belleyme. Reproduction en fac-similé de l'édition du XVIIIe siècle conservée à l'Institut géographique national, par Pierre de Belleyme, IGN.

    Planche n° 23, levée en 1768 Archives départementales de la Dordogne : 1 Fi 2 Dordogne 0013
  • Plan cadastral de la commune des Farges. Dessin, encre et aquarelle, par Mazin, 1812.

    Section B Archives départementales de la Dordogne : 3P3 1945-1949
Bibliographie
  • FROIDEFOND DE BOULAZAC Alfred. Armorial de la noblesse du Périgord. 2 tomes. Périgueux : Jouve, 1891, Marseille : Laffitte Reprints, 2006.

    t. I p. 157 (Du Cheylard)
  • SECRET Jean. Le Périgord, châteaux, manoirs et gentilhommières. S.l. : Tallandier, 1966.

    p. 231
  • PENAUD Guy. Dictionnaire des châteaux du Périgord. Bordeaux : Sud Ouest, 1996.

    p. 70

Liens web

(c) Conseil départemental de la Dordogne ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Marabout Vincent - Pagazani Xavier