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Ancien repaire noble de Mouney

Dossier IA24001320 réalisé en 2011

Fiche

Parties constituantes non étudiées grange, étable, étable à chevaux, remise, chai
Dénominations manoir, demeure
Aire d'étude et canton Vallée de la Vézère - Montignac
Adresse Commune : Montignac
Lieu-dit : Mouney
Cadastre : 1813 C 607 ; 2011 AL 48

Le toponyme Mones (ou Monnès, Monneix, Monneyx, Mouney) semble attesté dès 1288. Le lieu tire sans doute son nom de la famille de Mones, lignage qui est probablement originaire de la châtellenie d'Hautefort et dont une branche semble être installée à Montignac dès le XIIIe siècle. Le moulin dépendant de ce fief fut probablement construit au moment de la création de la dérivation du Laurence sur laquelle il se trouve, au plus tard au milieu du XIVe siècle. En 1452, Galiot Aramande est dit "domicellus, domine de Mones". En 1464, le détenteur de l' "hostel de Moneys" doit rendre l'hommage lige au seigneur-châtelain de Montignac. Au début du XVIe siècle, la famille de Royère, en la personne d'Arnaud, "seigneur de Monnès", rend hommage pour sa "maison noble" au comte de Périgord et seigneur-châtelain de Montignac Alain d'Albret dont il dépend ; c'est lui qui est encore désigné dans un mémoire de 1502 comme tenant "une metayrie [sic pour une seigneurie] franche de guet, de commun et de chevance", dont dépendent deux métairies, la Remynye et le Loux, assises en la paroisse de Saint-Pierre. C'est peut-être à ce gentilhomme qu'il faut attribuer la construction de deux corps de logis au début du XVIe siècle : la rupture de pente des toits, les anciennes chaines d'angle en pierre aujourd'hui visibles dans la maçonnerie des murs gouttereaux, ainsi que les ouvertures primitives murées ou modifiées permettent de les distinguer. L'un est à l'est, l'autre est à l'ouest, les deux étant dotés dans leurs murs nord, ouest et sud de croisées et demi-croisées (encore intactes ou maintenant bûchées). Un autre Arnaud de Royère, sans doute le fils du premier, rend hommage pour la maison noble de Mouney en 1541 ; en janvier 1550, il paye 7 livres 10 sols pour son domaine au titre des gentilshommes taxés en Périgord. Avant la fin de ce siècle, le domaine passe par le mariage (1586) de l'unique héritière de la branche, Elisabeth de Royère, à Jean de Rochefort de Saint-Angel : lui et ses descendants au siècle suivant obtiennent des châtelains de Montignac de nouveaux droits pour leur seigneurie, notamment de haute, moyenne et basse justice (par Henri IV, en 1598), puis l'érection en baronnie (avant 1631). Selon toute vraisemblance, la demeure est agrandie au même rythme que s'accroissent les droits du fief dont elle est le siège, au point, d'ailleurs, que dans les années 1660 on ne parle plus de la simple "maison noble" mais du "château de Mounes". Celui-ci est alors la résidence principale du marquis de Théobon, Charles de Rochefort de Saint-Angel, qui fut sans doute le commanditaire des derniers travaux d'importance à Mouney : ils ont donné à la demeure sa physionomie actuelle. Cette hypothèse est étayée par la présence d'une couronne marquisale (au-dessus d'écus jumelés, bûchés) placée à la clef des portes cochères ouvrant la cour à l'est et à l'ouest. La grande campagne de travaux que l'on peut placer au milieu du XVIIe siècle a consisté à réunir les deux logis du début du XVIe siècle par la construction d'un bâtiment central (où se trouve un escalier et des dégagements) et à l'uniformisation de la composition sur cour. Les ouvertures ont été harmonisées (elles se caractérisent désormais par une plate-bande clavée droite) et un axe de symétrie a été créé par la construction d'un perron extérieur à degré convexes menant à une terrasse ; celle-ci donne accès à la porte d'entrée, percée au centre, mise en valeur par un cadre de pilastre d'ordre toscan, avec, de chaque côté, un oculus ovale (celui de gauche s'inscrit dans une fenêtre antérieure en partie murée). Enfin, la composition est encadrée par les deux dépendances disposées en retour d'équerre et plus basses pour créer un effet d'étagement des volumes. La partie occidentale du bâtiment abrite une cave haute dans un étage de soubassement (les chais) éclairé par deux jours barlongs. Peu avant 1732, Joseph de Bouilhac, avocat au parlement et juge de la ville et comté de Montignac, rend hommage au marquis d'Hautefort pour l'acquisition qu'il a faite de la seigneurie de Mouney. Mais dès 1733, le domaine a à nouveau changé de propriétaire, puisqu'un certain Pierre Abel rend à son tour aveu pour Mouney. En 1768, le domaine figure comme "Pavillon" ou "fief" sur la carte de Belleyme. En 1789, le domaine est alors entre les mains de "haut et puissant seigneur messire Charles du Verdier, seigneur de Mouneix, la Fiolie, Martignac, la Chapelle-Aubareil et autres places". En 1813, le domaine et son moulin appartiennent à François Mounaud.

Période(s) Principale : 1er quart 16e siècle , (?)
Principale : milieu 17e siècle , (?)

Situé au nord du bourg, sur un coteau dominant la vallée du Laurence, l'ancien manoir de Mouney se compose encore d'un long et grand corps de logis rectangulaire bordant le côté sud d'une cour. Deux bâtiments agricoles disposés en retour d'équerre terminent la composition en fermant la cour à l'est et à l'ouest, tandis que le côté nord s'ouvre largement sur la vallée que domine la demeure. Ces deux bâtiments, qui abritent une grange, une étable et des écuries, sont ouverts chacun en leur centre d'un passage cocher dont les arcs extérieurs en plein cintre sont dotés d'armoiries d'alliance bûchées, surmontées d'une couronne de marquis.

Murs calcaire
moellon
Toit ardoise
Étages 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en charpente
Techniques sculpture
Représentations armoiries couronne

Références documentaires

Documents d'archives
  • Mémoires envoyés au seigneur d’Albret par les officiers ordinaires des châtellenies et autres lieux de la vicomté de Limoges et comté de Périgord (1502)

    Mention du seigneur de Monès (Moneïs), 1502. Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : E 669
  • E. 782. (Carton. 2 pièces, parchemin ; 16 pièces, papier. 1502-1514). Rôle des nobles de la châtellenie de Montignac qui devaient l'hommage au comte de Périgord, entre 1502 et 1514.

    Mention. Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : E. 782
  • B 1791. Hommages rendus à Henri II, roi de Navarre, sire d'Albret, comte de Périgord, 1541.

    Hommage rendu au comte de Périgord par Arnault de Royère pour sa maison noble de Monès (septembre 1541). Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : B 1791
  • Fonds d'Hautefort, 1258-An X.

    Pièces n° 8/12, 14, 19 et 40 : Procédure pour l’hommage du fief de Mouney, 1662 (mentions des aveux rendus antérieurement et des droits obtenus par les propriétaires successifs). Archives départementales de la Dordogne : 2 E 1828 (1-113)
  • Fonds d'Hautefort, 1258-An X.

    Pièce n° 8-149 : Hommage de Joseph de Bouilhac à Emmanuel Dieudonné, marquis d'Hautefort, pour "tous ses biens qu'il tient par acquisition de la seigneur de Mouneyx", 22 juillet 1732. Archives départementales de la Dordogne : 2 E 1828 (1-113)
  • Fonds d'Hautefort, 1258-An X.

    Pièce n° 8-159 : Hommage de Mouney par Pierre Abel, 1733. Archives départementales de la Dordogne : 2 E 1828 (1-113)
Documents figurés
  • Extrait de la "Carte des rivières de la Dordogne et de la Vézère" levée pour François de Ferry, 1696 (AD Gironde, 3 JC 17, fol. 56).

    Archives départementales de la Gironde : 3 JC 17
  • Carte de la Guyenne par Belleyme. Reproduction en fac-similé de l'édition du XVIIIe siècle conservée à l'Institut géographique national, par Pierre de Belleyme, IGN.

    Planche n° 23, levée en 1768, gravée et publiée en 1789. Archives départementales de la Dordogne : 1 Fi 2 Dordogne 0013
  • Plan cadastral de la commune de Montignac. Dessin, encre et aquarelle, par Lafargue, 1813 (deux exemplaires, l'un conservé aux Archives départementales de la Dordogne, l'autres aux Archives municipales de Montignac).

    Section C, 1ère feuille, éch. 1/2500, 1813 (3 P 3/3215). Archives départementales de la Dordogne : 3P3 3210-3228
Bibliographie
  • GOURGUES Alexis de. La Dordogne. Dictionnaire topographique du département. Paris : Res Universis, 1992, fac-similé de l'édition de 1873 (Monographies des villes & villages de France).

    p. 202.
  • FROIDEFOND DE BOULAZAC Alfred. Armorial de la noblesse du Périgord. 2 tomes. Périgueux : Jouve, 1891, Marseille : Laffitte Reprints, 2006.

    t. I, p. 508 ; t. II, p. 50-51, 294 et 304.
  • PENAUD Guy. Dictionnaire des châteaux du Périgord. Bordeaux : Sud Ouest, 1996.

    p. 181.
  • FOURNIOUX, Bernard. Montignac au Moyen âge : histoire du peuplement et de l’occupation du sol. Périgueux : Bernard Fournioux, 2002.

    p. 112.
Périodiques
  • « Extrait d’un mémoire du seigneur d’Albret contre la dame de Montrésor, qui demandait sa part dans la seigneurie de la comté de Périgord ». Le Chroniqueur du Périgord et du Limousin, 1854, p. 134-140.

    p. 139.
  • CHAMPEVAL Jean-Baptiste. « Hommage du Comté de Périgord en 1541 rendus à Henri de Navarre, sire d’Albret, comte de Périgord, comme tel ». Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord. Tome XXV (1898), p. 371-376.

    Mention comme témoin de "Arnault de Royère, sieur de Mounès" (septembre 1541).
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Ferlier Ophélie - Pagazani Xavier