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Ancien hôtel Continental ou Maison Castéran

Dossier IA64002590 inclus dans Station thermale des Eaux-Bonnes réalisé en 2018

Fiche

Précision dénomination pension de voyageurs
Appellations Ancien hôtel Continental, Maison Castéran, Maison Appalaspé
Destinations immeuble à logements
Dénominations hôtel de voyageurs
Aire d'étude et canton Pyrénées-Atlantiques
Adresse Commune : Eaux-Bonnes
Adresse : 23 rue Louis-Barthou
Cadastre : 2018 AN 263

Relevant de la deuxième vague de construction de la station après les abords immédiats de l'établissement thermal, cet édifice endosse dès l'origine la fonction d'hôtel de voyageurs. Absent des représentations antérieures à 1837 mais déjà présent sur le plan géométrique de 1841, il est bâti pour la famille Castéran à la fin des années 1830 en vue d'en faire un hôtel de hautes prestations, que ses commanditaires baptisent rapidement "hôtel Continental". Les deux appellations, conjointes dans le plan cadastral de 1866, figurent dans les publications et archives de l'époque, la désignation Maison Castéran utilisée dans le Guide Jam de 1869 ou le plan d'ensemble du quartier en 1874 semblant plus courante jusque dans les années 1880. En 1850, une dizaine d'années après sa construction, Joseph Castéran procède à un agrandissement de l'édifice sur l'élévation postérieure, élevant sa valeur locative à 10.000 francs, ce qui en fait alors l'une des constructions les plus onéreuses de la station.

A partir des années 1890, les nouveaux propriétaires, Pierre Paul Appalaspé, originaire de Viodos, puis, dans l'entre-deux-guerres, un dénommé Daydé Briançon, promeuvent l'établissement exclusivement sous le nom d'hôtel Continental, à la dimension plus internationale, auquel ils adjoignent leurs patronymes respectifs, par le biais d'encarts publicitaires, de guides touristiques et de cartes postales. Ce vaste établissement propose en 1892, sous la direction du dénommé Appalaspé, des appartements de famille avec cuisines particulières. L'annonce destinée à la clientèle internationale comporte une mention en anglais - "family hotel" - pour d'évidentes raisons commerciales.

Restauré entièrement en 1903, le Grand hôtel Continental est le seul établissement du bourg thermal ouvert tout au long de l'année durant la Belle Époque. L'immeuble abrite de nos jours une résidence privée dans les étages et des locaux communaux au rez-de-chaussée.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1837, daté par source
1850, daté par source
1903, daté par source

Situé à proximité du jardin Darralde, l'ancien hôtel Continental s'inscrit dans le contexte des constructions urbaines de la seconde moitié du XIXe siècle, participant de ce fait au singulier ensemble architectural des Eaux-Bonnes. A l'instar des édifices les plus bourgeois de la station, celui-ci associe l'inspiration néoclassique aux nécessités de l'urbanisme haussmannien.

Implanté à l'angle de la rue Louis-Barthou et de la rue montant au plateau de l'Espérance, le plan trapézoïdal de l'édifice s'adapte dès l'origine à la topographie et à l'embryon d'organisation urbaine de la station.

Sa majestueuse façade principale, ordonnancée et participant de fait au décor du jardin Darralde, se compose de trois corps de bâtiment, dont un pavillon central néoclassique de trois travées surmonté d'un fronton triangulaire, lui-même percé d'un oculus, faisant écho à la Maison Pommé et à l'établissement thermal. Les ailes latérales sont constituées, quant à elles, de quatre travées chacune, proposant un développement imposant au regard de la plupart des immeubles voisins plus étroits, généralement constitués de trois à cinq travées. Hormis au rez-de-chaussée où elles sont surmontées d'arcs en plein-cintre d'inspiration antique, les baies adoptent une sobre forme rectangulaire. Jusque dans les années 1970, un petit pavillon de plain-pied avec toit-terrasse, figurant sur les cartes postales anciennes et autres représentations, était adjoint à l'édifice, sur le droite de la façade principale, rétrécissant la rue séparant l'hôtel Continental de l'ancien hôtel du Parc.

A partir du plan trapézoïdal, s'élèvent trois étages de logements ainsi qu'un niveau de combles agrémenté de fenêtres en chien-assis de style vernaculaire ossalois, similaires à celles des édifices environnants, notamment des Maisons Cazaux aîné, Cazaux et Paris, Prat-Dumas et de l'hôtel des Princes bâtis de l'autre côté du parc. L'hôtel Continental se distingue des constructions de teintes neutres de la station par sa coloration d'enduit jaune, probablement nuancée de tons rougeâtres à l'origine, excepté au niveau des encadrements de baie et des bandeaux en pierre de taille d'Arudy. Le triple portail du rez-de-chaussée et le balcon filant juste au-dessus, confèrent à cette façade toute sa prestance. Le vestibule ouvre sur les espaces distribuant vers les diverses habitations mais aussi sur une petite cour intérieure fermée par le relief rocheux naturel.

D'une inspiration néoclassique en vogue dans la première moitié du XIXe siècle, notamment durant la monarchie de Juillet, l'hôtel Continental, devenu avec l'hôtel des Princes l'un des emblèmes de la station, se démarque par ses proportions généreuses et son vocabulaire historiciste au cœur d'un quartier portant essentiellement le sceau de l'urbanisme haussmannien.

Murs moellon enduit
pierre pierre de taille
Toit ardoise
Étages 3 étages carrés, étage de comble, étage de soubassement
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
Statut de la propriété propriété d'une personne privée, Les étages appartiennent à des privés et sont gérés par un syndic de copropriété.
propriété de la commune, Le rez-de-chaussée appartient à la commune.
Sites de protection site classé

Références documentaires

Documents d'archives
  • Augmentations et diminutions survenues dans les contenances et les revenus portés sur les matrices cadastrales année 1863.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
  • Matrice cadastrale des propriétés bâties d'Eaux-Bonnes 1903-1904.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
Documents figurés
  • Plan géométrique de la ville des Eaux-Bonnes, et visuel pour les promenades qui sont indiquées par des lignes ponctuées, terminé sur le terrain dans le courant du mois de juillet 1841. Dessin par F. Noble, lithographie E. Vignancour.

    Bibliothèque nationale de France, Paris : Cartes et plans, GE DL 1842-262-2
  • Plan cadastral des Eaux-Bonnes dressé par J. Turon le 17 septembre 1863, vu et approuvé par le préfet le 27 avril 1866.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
  • Plan d'ensemble des Eaux-Bonnes (partiel), 24 janvier 1874, par Pierre Gabarret. Dessin, fragment de calque.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes : P1 Plans
  • Plan des Eaux-Bonnes, dans Guide Joanne, Hachette, 1894.

Bibliographie
  • JAM (BOUILLÉ R. de). Guide de Pau aux Eaux-Bonnes : suite des excursions à pied. Pau, E. Vignancour, 1869.

  • MIGNOT Marie-Pascale. Les Eaux-Bonnes, station thermale des Pyrénées-Atlantiques. DRAE Aquitaine, 1986.

Périodiques
  • Courrier d'Eaux-Bonnes, n°140, 14 août 1892.

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