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Ancien Hôtel Bernis, actuellement Résidence La Butte au Trésor

Dossier IA64002644 inclus dans Station thermale des Eaux-Bonnes réalisé en 2018

Fiche

Précision dénomination pension pour voyageurs
Appellations Hôtel Bernis, Maison Dilharre, Résidence La Butte au Trésor
Dénominations hôtel de voyageurs
Aire d'étude et canton Pyrénées-Atlantiques
Adresse Commune : Eaux-Bonnes
Adresse : 8 place Sainte-Eugénie
Cadastre : 2018 AN 151

Relevant de la deuxième vague de construction de la station, aux abords immédiats de l'établissement thermal et de l'église, cet édifice, dès l'origine destiné à l'hébergement de voyageurs, fut construit pour Martin Dilharre - ou Delharrre - entre 1858 et mai 1860 et fit l'objet d'une extension (surélévation ?) en 1861.

Il change de propriétaire rapidement après sa construction puisque le cadastre validé en 1866 indique qu'il appartient désormais à la famille Bernis qui a effectué une vaste opération immobilière dans le secteur, avec l'acquisition de trois autres bâtisses. L'immeuble, répertorié comme hôtel dans le Guide Jam de 1869, est le plus important du parc immobilier de cette famille, comme le mentionne la carte touristique du Guide Joanne en 1894. Dans les dernières années du XIXe siècle, l'établissement et ses succursales, encore en pleine activité, communiquent dans la presse locale à l'appui d'encarts publicitaires. On y vante alors sa belle situation près de l'établissement thermal, de l'église et du temple de protestants, mais aussi de la Source froide et des promenades. Doté du confort moderne, avec notamment l'éclairage électrique, un réseau d'eau courante et des sonneries, il se compose de petits et de grands appartements avec possibilité de cuisine particulière, restaurant et table d'hôte, le tout pour des prix dits modérés. L'hôtelier, qui accueille la consultation du docteur Madaune, propose à travers ses propriétés une offre d'hébergement en direction de tout type de clientèle, individuelle ou familiale, en convalescence ou en villégiature.

Après cette période fastueuse, Raymond Bernis abandonne cependant l'activité hôtelière en 1907, selon la matrice cadastrale. Suivent plusieurs années de décrépitude pour le bâtiment. Son importante capacité d'accueil lui vaut ensuite d'être mis à disposition du service de santé de la commune à l'attention des soldats blessés durant la Première Guerre mondiale, sûrement en complément de l'Hospice Sainte-Eugénie situé en face. A cette occasion, un inventaire préalable des objets mobiliers est effectué en 1915 par un dénommé Capdevielle, officier d'administration de 3ème classe et gestionnaire des formations sanitaires des Eaux-Bonnes, et par le dénommé Cazaux, pharmacien bien connu et maire de la commune. L'inventaire fait état d'un ensemble en mauvais état, qu'il s'agisse des planchers ou des cheminées, des meubles meublants ou des objets mobiliers, car l'immeuble n'est ni habité, ni entretenu depuis plusieurs années. L'élévation latérale, initialement aveugle, a probablement été percée de trois petites baies au cours du XXe siècle.

Le bâtiment abrite de nos jours une résidence privée baptisée La Butte au Trésor.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1858, daté par source
1861, daté par source

Tout proche de l'établissement thermal et de l'église, cet édifice occupe une position stratégique dans le centre sanitaire de la station et dans la partie haute du bourg. Sa construction associe les prérogatives de l'urbanisme moderne naissant et l'influence de l'architecture vernaculaire.

De plan rectangulaire, la bâtisse s'élève sur trois étages. Dans sa partie sommitale, elle est dotée d'une loggia épousant la longueur de l'édifice. Sa façade principale, tournée vers la place Sainte-Eugénie, compte cinq travées - proportions habituelles aux Eaux-Bonnes. Le mode de construction, relevant des procédés locaux, est similaire à celui des immeubles voisins, avec l'usage du moellon recouvert d'enduit, ici de couleur grise, et des encadrements de baie en pierre de taille d'Arudy. La porte d'entrée, en position centrale, est surmontée d'un entablement sculpté et s'harmonise avec celles des édifices voisins, tandis que les garde-corps des étages et de la loggia, en fer forgé blanc, adopte des formes de volutes caractéristiques de l'ornementation des villes de la Troisième république.

Comme on l'observe dans les constructions urbaines du XIXe siècle, l'élévation postérieure, tournée vers la montagne, est moins régulière car non destinée au regard, contrairement à la façade d'apparat. L'élévation latérale, initialement aveugle, est percée de trois petites baies exclusivement fonctionnelles. De l'architecture ossaloise, l'édifice conserve la toiture en ardoises pyrénéennes.

D'après l'inventaire de 1915, chaque niveau comptait trois à quatre chambres, et même sept au dernier étage, toutes réparties autour de couloirs, illustrant ainsi la gestion rationnelle - et habituelle - des espaces hôteliers. Les pièces, ornées de tapisseries, étaient pourvues de cheminées.

Murs moellon enduit
pierre pierre de taille
Toit ardoise
Plans plan rectangulaire régulier
Étages 3 étages carrés
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
États conservations bon état
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Augmentations et diminutions survenues dans les contenances et les revenus portés sur les matrices cadastrales année 1863.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
  • Thermalisme. Inventaire des meubles meublant et objets mobiliers se trouvant dans l'Hôtel Bernis, 4 juin 1915, par Capdevielle et Cazaux.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes : T5
Documents figurés
  • Plan cadastral des Eaux-Bonnes dressé par J. Turon le 17 septembre 1863, vu et approuvé par le préfet le 27 avril 1866.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
  • Plan des Eaux-Bonnes, dans Guide Joanne, Hachette, 1894.

Bibliographie
  • JAM (BOUILLÉ R. de). Guide de Pau aux Eaux-Bonnes : suite des excursions à pied. Pau, E. Vignancour, 1869.

Périodiques
  • Courrier d'Eaux-Bonnes, 15 mai 1892.

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