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Ancien haras du Phalot

Dossier IA33007963 réalisé en 2015

Fiche

Dossiers de synthèse

Destinations maison
Parties constituantes non étudiées écurie, logement
Dénominations haras
Aire d'étude et canton Sud Médoc Estuaire
Adresse Commune : Ludon-Médoc
Lieu-dit : Fontbonne
Adresse : 3 rue du Général de Gaulle
Cadastre : 1843 A4 921 , 947 ; 2013 Al 227 , 431-433 , 457
Précisions


D'après la date portée sur le revers du pilastre de la façade est, la maison d'habitation est construite dès 1852 (date indiquée également sur le registre des augmentations/diminutions) au lieu-dit "La Duque" mentionné sur le plan cadastral de 1843. Une autre date, sur la façade sud, suggère une deuxième campagne de travaux en 1867. Ces deux chronogrammes pourraient correspondre à l'exécution des façades.

Le commanditaire n'est pas connu, mais au vu des éléments maçonniques relevés (compas, équerre, serpent, lettres...), il pourrait s'agir du propriétaire lui-même : Pierre Bracassac. Ce dernier est signalé comme compagnon tailleur de pierre dans les années 1840 et surnommé "L'Assurance-de-Ludon" dans les publications du compagnon et député Agricol Perdiguier.

La famille Bracassac vend la propriété au début des années 1880 à René Labadie. Ce dernier, issu du milieu hippique, entreprend dès lors la construction d'un haras, plus précisément d'une écurie de course. Les bâtiments en U situés à l'écart, au sud-est, sont sans doute bâtis peu après, tout comme l'écurie personnelle de René Labadie -qui est de même facture.

Le haras est mentionné dès le début des années 1890 et fonctionne jusque avant la seconde Guerre Mondiale, fournissant d'excellents chevaux aux différents hippodromes de France. Au cours des années 1960, le padoc d'entraînement faisant face à la maison est loti, puis les bâtiments sont transformés en logements à la fin des années 2000.

La maison reçoit une extension basse à l'ouest au milieu du 20e siècle puis est rénovée au début du 21e siècle. L'écurie de la maison a été restaurée à la suite d'un incendie partiel en 2014.

L'ensemble, encore lisible, constitue un des rares édifices de compagnon du territoire et témoigne du passé hippique de la commune.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : milieu 20e siècle
Secondaire : 1er quart 21e siècle
Dates 1852, porte la date
1867, porte la date

L'ensemble est composé d'une maison d'habitation avec son écurie ainsi que d'un haras à l'écart, le tout au nord du centre bourg de Ludon, sur la route menant au hameau de Lafont.

La maison d'habitation

La maison de plan quadrangulaire est disposée selon un axe nord-sud. Ouverte vers l’est, sa façade principale présente un ordonnancement classique. La partie basse de la façade est rythmée de tables décoratives et par de consoles soutenant chaque appui saillant des fenêtres. Ces dernières sont surmontées d’un fronton triangulaire à denticules rampantes porté par deux consoles à volutes. La travée centrale est traitée en léger ressaut : la porte d’entrée avec un imposant fronton est encadrée par des doubles pilastres ioniques cannelés. D'autres pilastres de même facture encadrent également la façade et supportent un petit entablement : bandeau et corniche moulurés puis frise à motifs de grecques, surmontée de denticules. Le chronogramme de 1852 est inscrit sur le côté du pilastre sud.

Le pignon sud, en brique-et-pierre, adopte un vocabulaire architectural du Moyen Âge et de la Renaissance : baie à double meneaux ouvragés, consoles rampantes portant la corniche, fronton cintré interrompu par le bas en amortissement, tourelle à créneaux… Un cartouche inséré dans une jambe harpée indique la date 1867. D'autres éléments sont visibles dans des cartouches : les initiales "TCGE", un serpent avec règle et compas ainsi que l’inscription "LUTILE" "LART".

Dans le prolongement nord, une petite construction indépendante rappelle l’architecture des 16e et 17e siècles : arcade à imposte marquée, écoinçons sculptés, clé passante et frise à enroulement. L'enduit altéré laisse apparaître la brique utilisée sous la frise.

Les intérieurs bénéficient du même traitement soigné. Le vestibule distribue une chambre et le salon qui sont ornés de deux cheminées en plâtre de style inspiré du 17e siècle. L’escalier porte en abondance des motifs géométriques en plâtre.

Les souches de cheminées reçoivent un bossage, une corniche à modillons ainsi qu'un fronton cintré avec incrustation d'ardoise dans un cercle.

À l'écart se trouve l'ancienne écurie composée de huit box. Quelques porte-selles subsistent.

Le haras

Les bâtiments du haras sont situés au sud-est de la demeure. Un axe depuis le portail est tracé par l'allée qui y mène. Les constructions suivent une organisation en U autour d’une cour rectangulaire. Le rez-de-chaussée abrite les box ouverts par des portes et jours, à l’étage, le fourrage (bâtiment nord). Des bâtiments annexes (pour l'administration) sont visibles dans le prolongement ouest. L'ensemble des toits est débordant avec aisseliers sculptés et chantournés.

L'ancien padoc, au nord des bâtiments, est aujourd'hui loti.

Murs calcaire brique et pierre
pierre de taille enduit
Toit tuile creuse
Étages comble à surcroît, en rez-de-chaussée
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
Typologies IA4
Techniques sculpture

Représentations cartouche, chronogramme, fronton, denticule, agrafe, pilastre, volute, grecque
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Plan cadastral napoléonien de Ludon levé en 1843.

    Archives départementales de la Gironde : 3 P 256
  • Registre des augmentations/diminutions de Ludon (1851-1891)

    Archives départementales de la Gironde : Non coté
Bibliographie
  • DELAMS Gaëtan. Curiosités révolutionnaires. Les affiches rouges. Reproduction exacte et histoire critique de toutes les affiches ultra-républicaines placardées sur les murs de Paris depuis le 24 février 1848. Avec une préface par un Girondin. Paris : Giraud et Dagneau, 1851.

    p. 228, 229
  • DUCHESNE Paul. La chronique de Ludon-en-Médoc. Bordeaux : Rousseau frères, 1960.

    p. 32, 195
  • GUÉRIN Jean et Bernard. Des hommes et des activités autour d'un-demi siècle. Bordeaux : éditions B.E.B., 1957.

    p. 774
  • PERDIGUIER Agricol. Le livre du compagnonnage. Paris : chez l'auteur, 1857, t. 2.

    p. 281
  • PERDIGUIER Agricol. Question vitale sur le compagnonnage et la classe ouvrière. Paris : chez l'auteur, 2e éd., 1863.

    p. 42, 43
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté de communes Médoc-Estuaire - Grollimund Florian