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Ancien château de Cussac

Dossier IA33001749 réalisé en 2008

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiées motte
Dénominations château
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Cussac-Fort-Médoc
Lieu-dit : les Martins
Cadastre : 1826 ; 2010

D'après Edouard Guillon (1866), le château de Cussac dépendait au début du 14e siècle de Lesparre. Au 15e siècle, il passe entre les mains d'Humphrey de Lancastre, duc de Gloucester jusqu'à sa mort en 1447 ; puis le roi d'Angleterre donne la seigneurie de Cussac à Gaston de Grailly, comte de Foix et de Candale. Le roi Charles VII s'empare du château que Louis XI rend à Jean de Foix, avec ses autres seigneuries, et les barons de Castelnau en sont suzerains jusqu'à la Révolution. Sont également mentionnés comme seigneurs de Cussac Jehan de Castera (au 15e siècle), la famille de Donissan (au 16e siècle), Pierre de Laurte (au 17e siècle) et la famille de Bergeron (au 18e siècle). En 1768, le duc de Duras achète la baronnie de Castelnau et devient seigneur de Cussac, auquel Jacques de Bergeron, écuyer, rend hommage en 1775, pour sa maison noble. Léo Drouyn donne une description et un schéma de la motte de Cussac en 1865 : il s'agissait d'une motte avec basse-cour entourées de fossés alimentés en eau par la jalle du Cartillon passant à proximité. Des cartes anciennes (à partir de 1691) représentent cette motte entourée de fossés ; le plan cadastral de 1826 ne mentionne qu'un lieu-dit Château, les derniers vestiges du château ayant déjà disparu à cette époque.

Période(s) Principale : 14e siècle

Aucune trace de l'ancien château n'est actuellement visible.

États conservations détruit
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • DROUYN, Léo. La Guienne militaire. t. 1, 1865.

    p.LIX à LXI

    A un kilomètre environ à l'est de l'église de Cussac, sur la rive gauche de la jalle qui sépare cette commune de celle de La Marque, se trouve l'emplacement d'une ancienne forteresse quadrilatère ; on l'appelle dans le pays Lou Castet bieil : c'est La Motte de Cussac. Les fossés et les terrassements existent encore en partie ; en voici le plan. Le château était entièrement enveloppé par un fossé (ABCD), large de 20 mètres environ, et encore fort bien conservé, excepté de A en D, où il a entièrement disparu. Un petit ruisseau, venant du nord, passe dans le fossé de l'ouest et va se perdre dans la jalle, à 50 mètres environ du château. En barrant l'issue de ce ruisseau, on pouvait facilement inonder les fossés. La forteresse était divisée en deux parties inégales par un autre fossé (AC). La portion la plus petite, tournée vers l'est, devait renfermer le donjon bâti sur une motte (E) ; la plus grande, parfaitement carrée, devait être la basse-cour. Un vallum (F) extérieur aux fossés se distingue encore très bien à l'est. Je ne sais s'il faisait le tour entier du château, mais il devait exister au nord du côté du plateau.

    L'emplacement est couvert de débris de pierres et de tuiles. Il n'y a pas encore bien longtemps qu'on y voyait des restes de murs qui ont servi à bâtir des maisons dans les hameaux du voisinage.

    GUILLON, Édouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde. Bordeaux : Coderc, Dégréteau et Poujol, 1866-1869, t. 3.

    p.222-225

    Ce vieux château, dont il ne reste que l'emplacement, était situé près de la jalle qui sépare Cussac de Lamarque, dans le lieu qui s'appelle encore La Motte, ou lou Castel-Bieil, et qui est situé un peu à l'est de l'ancien bourg de cette commune.

    Ce vieil édifice, dit un archéologue, était un château normand composé de deux enceintes séparées ; la plus petite élevée sur motte contenait le donjon, la plus grande, complètement carrée, était la basse-cour ; le tout était entouré par de larges douves défendues au dehors par un vallum.

    Le château de Cussac, dont le fondateur est inconnu, appartenait, au commencement du XIVe siècle, à Rose de Bourg, mariée d'abord à Ayquem Guilhem de Lesparre, dont elle eut un fils, puis à Amanieu d'Albret ; elle testa en 1326, et son fils eut la seigneurie et le château de Cussac, qui restèrent longtemps dans la maison de Lesparre. Florimond le possédait en 1383, et Bernard de Lesparre au XVe siècle. Après sa mort, le captal de Buch et le baron de Montferrant se le disputèrent ; mais le roi d'Angleterre déclara que ce château lui revenait et le donna au duc de Glocester, qui, à son tour, donna en fief à la paroisse de Cussac, les palus, landes et padouens qui formaient alors des déserts véritables.

    Glocester garda cette seigneurie jusqu'à sa mort, arrivée en 1447 ; puis le roi la donna à Gaston de Grailly, comte de Foix et de Candale, et écrivit à Grimond, gouverneur du château de Cussac, de le remettre au comte de Kendale. Cette seigneurie demeura à ces comtes jusqu'à la conquête française ; alors le roi Charles VII s'empara du château que Louis XI rendit à Jean de Foix, avec ses autres seigneuries, et les barons de Castelnau en furent suzerains jusqu'à la Révolution. Au XVIe siècle, François de Candale, ancien évêque d'Aire, eut des contestations avec les habitants de Cussac, au sujet des communaux dont ils ne voulaient plus payer les redevances, et il fallut l'autorité de la justice pour les ramener dans la voie du devoir.

    A côté de ces seigneurs suzerains, le château de Cussac avait probablement des seigneurs particuliers qui vivaient sous leur autorité immédiate ; c'est ainsi qu'on cite au XVe siècle Jehan de Castera, écuyer, qui se qualifiait "seigneur de La Motte de Cussac" ; puis il appartint, au XVIe siècle, à la famille de Donissan ; au XVIIe, à M. Pierre de Laurte, et enfin au XVIIIe, à la famille de Bergeron.

    Toutefois, cette dernière famille n'habita pas le vieux château de Cussac, détruit par on ne sait qu'elle catastrophe, mais une habitation beaucoup plus modeste située plus au nord de la paroisse et s'appelant également La Mothe de Cussac. En 1760, Cussac dépendait pour la justice partie de la baronnie de Lamarque, et partie de celle de Castelnau. La famille de Bergeron n'avait donc qu'une autorité fort restreinte.

    En 1768, M. le maréchal duc de Duras acheta la baronnie de Castelnau, et devint seigneur de Cussac. Messire Jacques de Bergeron, écuyer, se hâta de le reconnaître, et en 1775, il lui rendit hommage pour sa maison noble "au devoir d'un fer de lance doré".

    La famille de Bergeron conserva sa maison de La Mothe pendant bien longtemps ; elle appartient à M. d'Armana depuis quelques années. C'est une construction fort simple avec une garenne. M. d'Armana va, dit-on, la remplacer par un véritable château.

    Quant au Castel bieil, devenu depuis longtemps une ruine dont il ne reste que des souterrains enfouis sous la terre, il est passé dans d'autres mains (...).

    GARDELLES, Jacques. Les châteaux du Moyen Age dans la France du Sud-Ouest. La Gascogne anglaise de 1216 à 1327. Paris : Arts et métiers graphiques, 1972.

    L'existence de la forteresse de Cussac est attestée par une série de documents à partir du début du XIVe siècle. Au siècle dernier ne subsistaient que des retranchements : une basse-cour carrée, une motte rectangulaire, séparées et entourées par des fossés.

    (Arch. dép. Basses Pyrénées, E 137 : cette liasse contient des actes relatifs à Vertheuil et Cussac qui passèrent dans la maison d'Albret avec l'héritage de Rose de Bourg au XIVe siècle.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Gironde, E 145, fol. 57 et 103 : Pierre de l'Arche juge général de la maison de Candale et chef du conseil du duc d'Epernon, seigneur des Cercins veut rendre hommage au duc d'Epernon pour la motte de Cessac en Médoc, 23 mars 1602 - 6 mai 1604.

Documents figurés
  • Carte de la situation des places qui desservent l'entrée de la Garonne et de leurs environs de Blaye. Dessin, encre, aquarelle, par Ferry, 1691 [Service historique de la Défense, Vincennes, 2 VH 363, pièce 8].

  • Plan du fort du Médoc et de ses environs. Dessin, encre, aquarelle, 1707 [Service historique de la Défense, Vincennes, 3 VH 363, pièce 15].

  • Carte des environs de Blaye, isle vis-à-vis et du fort de Medoc. Dessin, encre, aquarelle, 1751 [Service historique de la Défense, Vincennes, 1 VH 393, pièce 31/1].

Bibliographie
  • DROUYN, Léo. La Guienne militaire. t. 1, 1865.

    p. 59 à 61
  • GARDELLES, Jacques. Les châteaux du Moyen Age dans la France du Sud-Ouest. La Gascogne anglaise de 1216 à 1327. Paris : Arts et métiers graphiques, 1972.

    p. 130
  • GUILLON, Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde. Bordeaux : Coderc, Dégréteau et Poujol, 1866-1869, t. 3.

    p. 222-225
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