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Hôpital thermal (hôpital Saint-Eutrope)

2 statues du retable du maître-autel : Vierge, Saint Eutrope (?)

Dossier IM40004576 réalisé en 2012

Fiche

Dénominations statue
Titres Vierge
Saint Eutrope (?)
Aire d'étude et canton Dax sud
Adresse Commune : Dax
Adresse : 1 rue Labadie
Emplacement dans l'édifice chapelle, choeur

Ces deux statues, comme l'ensemble du maître-autel, sont l'œuvre du sculpteur tarbais Dominique Ferrère (1723-1809) et de son atelier. Si l'on en croit l'inscription (repeinte) sur le socle de la statue de la Vierge (désignée comme la "Vierge de la Sœur Rutan"), cette œuvre et sans doute son pendant auraient été exécutés en 1788, soit en même temps que le retable (1787-1788). Le contrat signé le 22 décembre 1787 entre Ferrère et la supérieure Marguerite Rutan mentionne bien "deux statues de la hauteur de quatre pieds de haut" (128 cm environ), mais les sujets prévus étaient "saint Charles Borromée" et "la Sainte Vierge" "ou tels autres saints personnages que ladite sœur indiquera". Il y eut apparemment un changement de programme, puisque la statue actuellement à la droite du retable, un saint évêque sans rapport avec l'iconographie traditionnelle de Charles Borromée, semble bien représenter saint Eutrope, titulaire de l'hôpital. Sa facture de moindre qualité fait, il est vrai, soupçonner un remplacement. De même, pour une raison inconnue, la statue de la Vierge fut remplacée, peut-être dès 1866 (date de l'achat d'une statue de l'Immaculée Conception) et pendant plusieurs décennies, par un groupe de saint Joseph à l'Enfant, toujours visible à cet emplacement sur une photographie du début des années 1950 (et non localisé aujourd'hui). La statue mariale a retrouvé depuis lors sa destination initiale.

Saint Eutrope de Saintes, thaumaturge invoqué contre l'hydropisie, le rachitisme infantile et autres maux, était déjà le dédicataire du second hôpital fondé à Dax au XIVe siècle (le premier étant celui du Saint-Esprit, de 1215 environ). Le choix de la Vierge comme patronne secondaire de l'hôpital et de la chapelle s'explique, outre la dévotion personnelle que lui portait la supérieure Marguerite Rutan (et dont témoigne l'inscription déjà mentionnée), par ses titres de "salut des infirmes" et de "consolatrice des affligés". L'attitude de la figure, yeux levés au ciel et bras ouverts, évoque sans doute le moment de l'Incarnation et de l'accueil du Saint-Esprit - possible allusion à l'union de l'hôpital de ce nom avec celui de Saint-Eutrope en 1777.

Période(s) Principale : 4e quart 18e siècle , daté par source, porte la date
Dates 1788, daté par source
Lieu d'exécution Commune : Tarbes
Auteur(s) Auteur : Ferrère Dominique,
Dominique Ferrère (1723 - 1809)

Sculpteur à Tarbes.


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sculpteur, attribution par source

Statues monoxyles (socle inclus), à l'exception probable de la main gauche de chacun des deux personnages. Le revers est plat. Les carnations sont peintes au naturel, les vêtements et attributs entièrement dorés à la feuille d'or sur assiette rouge, les socles peints en vert-brun avec inscriptions dorées. La statue de la Vierge est placée devant la fausse niche de gauche du retable, celle de saint Eutrope devant celle de droite.

Catégories sculpture
Structures revers plat
Matériaux tilleul, (?), peint, polychrome, doré à la feuille d'or
Mesures h : 110.0
Iconographies Vierge
saint Eutrope de Saintes
Précision représentations

La Vierge est représentée les yeux tournés vers le ciel, les bras ouverts dans un geste de surprise ou d'accueil ; elle est vêtue d'une robe serrée à la taille par une ceinture et d'un manteau dont un pan est relevé sur la hanche gauche et retenu par la ceinture ; la tête est couverte d'un voile. Saint Eutrope (?) est revêtu de ses ornements épiscopaux, soutane, rochet, étole, chape et mitre ; il tient un livre fermé de la main droite ; la main gauche, largement ouverte, ne semble pas avoir tenu de crosse.

Inscriptions & marques inscription concernant l'iconographie

inscription concernant le commanditaire
date, peint, sur l'oeuvre
Précision inscriptions

Inscription concernant l'iconographie et le commanditaire, date (moderne, peinte sur la face du socle de la statue de la Vierge) : STE MARIE / VIERGE DE LA SŒUR RUTAN 1788. Inscription concernant l'iconographie (moderne, peinte sur la face du socle de la statue de "saint Eutrope") : ST EUTROPE.

États conservations oeuvre restaurée

Précision état de conservation

La statue de la Vierge a été restaurée avec l'ensemble du retable. Celle de saint Eutrope n'a subi qu'un simple nettoyage. Les inscriptions dorées sur le socle des deux sculptures ont été repeintes (à la fin du 19e siècle ?).

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre objet, 1983/12/29

Annexes

  • Convention pour l'exécution du retable, 22 décembre 1787

    Convention passée entre la supérieure Marguerite Rutan et le sculpteur Dominique Ferrère, de Tarbes, pour l'exécution du retable du maître-autel de la chapelle de l'hôpital, 22 décembre 1787 (AD Landes, H dépôt 1 E 1). Transcrit d'après J. Pons, "La chapelle de l'hôpital de Dax", Bulletin de la Société de Borda, 203, 2011, p. 309-334 (orthographe modernisée).

    _________________________

    "L'an mille sept cent quatre vingt sept et le vingt et deuxième jour du mois de décembre, entre nous soussignés, Sœur Marguerite Rutan, fille de la Charité et supérieure de l'hôpital de Dax, d'une part, et le Sr Dominique Ferrère, artiste habitant de Tarbe (sic), d'autre part, a été convenu, savoir que moi, dit Ferrère, promets et m'oblige de faire et construire dans la chapelle de l'hôpital susdit, un ouvrage en architecture et sculpture conforme au dessin ou esquisse que j'en ai présenté à ma susdite Sœur Rutan et qu'elle a agréé et paraphé. Convenu que ledit ouvrage s'étendra en largeur, latéralement depuis le cadre du grand tableau, jusqu'à dix huit pouces au-delà de la largeur des portes de la sacristie et qu'au-dessus des dites portes sera représenté, d'un côté un pélican, et de l'autre, pour faire pendant, un groupe composé du livre des Évangiles et des Tables de la Loi, et que, dans le grand panneau toujours en montant à l'aplomb des dites portes, seront placées deux statues de la hauteur de quatre pieds au plus, chacun, dont l'une représentera saint Charles-Borromée et l'autre la Sainte Vierge ou tels autres saints personnages que la dite sœur indiquera ; qu'il lui sera loisible même de supprimer ces statues, si elle le trouve bon, et que dans ce cas le prix de l'ouvrage sera diminué de la somme de deux cent cinquante livres. Sera le dit ouvrage fait en bois de bonne qualité, peint et doré, savoir toutes les corniches, moulures, bordures des panneaux, ailes des anges, draperies et généralement tous les ornements en sculpture seront dorés et les parties unies peintes en couleur convenable, de même que les draperies ou rideaux en bois qui tombent à côté du grand cadre du tableau, mais les franges et cordons seront dorés. Tous les panneaux seront peints en marbre varié de différentes couleurs. M'oblige moi, dit Ferrère, d'avoir rendu, fait et mis en place tous les ouvrages sus spécifiés, compris la dorure et la peinture, dans le courant du mois d'octobre 1788.

    Et moi, Sœur Rutan, susdite, promets et m'oblige de compter au dit Sieur Ferrère pour l'entier prix et payement des ouvrages susdits et compris les deux statues, la somme de mille sept cents livres, à compte de laquelle je lui ai tout présentement compté celle de six cents livres que moi dit Ferrère, déclare avoir reçu. Autre somme de quatre cents livres lui sera payée lorsque les ouvrages ci-dessus seront peints et dorés et entièrement finis. Promets de plus moi, sœur Rutan, de défrayer le dit Ferrère, lui et un de ses ouvriers pendant le temps de la pose, mais non pendant le temps qu'il emploiera pour la dorure et la peinture ; promets de plus de fournir au dit Sieur Ferrère pendant les jours de la pose un ouvrier à ses ordres, même les échelles, fers et clous, pour assujettir solidement le dit ouvrage, lequel sera sujet à vérification ; laquelle, si le cas y échoit, sera faite aux dépens du délinquant, ainsi convenu et arrêté et avons signé à Dax, les an et jour que dessus et avons signé et fait double et, avant de signer, il demeure convenu que l'ouvrage susdit s'élèvera depuis le sol du sanctuaire jusqu'à la corniche de plâtre placée à la naissance du lambris ou voûte en berceau et que toutes les chairs des statues et chérubins seront peintes en belle carnation sans augmentation de prix qui demeure fixe, comme dessus."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives de l'hôpital Saint-Eutrope de Dax. Dépenses pour la construction et l'ameublement de la chapelle, 1785-1789.

    Archives départementales des Landes : H dépôt 1, E 1
  • Archives de l'hôpital Saint-Eutrope de Dax. Correspondance de la prieure Marguerite Rutan avec Dominique Ferrère, sculpteur à Tarbes, 1785-1787.

    Archives départementales des Landes : H dépôt 1, E 1
Bibliographie
  • COSTE Pierre. Une victime de la Révolution, Sœur Marguerite Rutan, Fille de la Charité. 1904 ; rééd. Paris : Société Saint Augustin, et Lille : Desclée de Brouwer, 1908.

Périodiques
  • BLANC Charles. "Deux peintres de saint Vincent de Paul" [étude du retable de la chapelle de l'hôpital de Dax, peint en 1786 par Michel Romagnesi, et du tableau de César Mariano Marcos Hombrados Onativia (1910-1977), peint en 1945-1946 (chapelle de la Milagrosa à Pampelune)]. Bulletin de la Société de Borda, 388, 1982.

    p. 667-671
  • PONS Jacques. "La chapelle de l'hôpital de Dax". Bulletin de la Société de Borda, 503, 2011.

    p. 323-324

Liens web

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