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Edito

Depuis la création de la commission régionale en 1967, l'Inventaire général de l'Aquitaine recense, étudie et fait connaître l'ensemble du patrimoine architectural et mobilier de son territoire, qu'il soit exceptionnel ou représentatif d'une famille d'édifices ou d'objets mobiliers. Depuis une cinquantaine d'années, des chercheurs et des photographes constituent une documentation scientifique normalisée accessible sur ce site.
 
Les dossiers de l'Inventaire général permettent de renouveler la recherche en histoire de l'art et la connaissance en replaçant les territoires, avec toutes leurs composantes, au cœur d'une méthode qui associe des prospections systématiques sur le terrain à des études historiques dans les archives. Ils contribuent à mieux voir un patrimoine parfois oublié ou en devenir que chacun d'entre nous se doit de protéger et de valoriser.

Lumière sur

Maison forte dite repaire noble de Vergnas

NOTE DE SYNTHÈSE

Histoire

Mentions du « manso du Vernhas » en 1304 et de « lo mas de Vernhas » en 1383. Le bâtiment principal a probablement fait l'objet de deux campagnes de construction et d’une campagne de modification : la première au 15e siècle (construction des deux corps de logis et de la tour d’escalier ; les portes intérieures à linteau en bâtière orné d’arcs en accolade suggèrent cette datation), la seconde (de modification) au 16e siècle (mise en défense de la tour d’escalier au cours des guerres de Religion, le fossé en eau et le portail d’entrée de la basse-cour datant peut-être aussi de ce moment) et la troisième au 18e siècle (agrandissement vers le nord du corps de logis secondaire, percement des portes et fenêtres actuelles à linteau délardé en arc segmentaire, réaménagement intérieur avec mise en place des cheminées, construction du portail d'entrée à la cour). Une vente du domaine est réalisée en 1766 : il est évalué à 10 383 livres ; le document mentionne les « maison, cour et autres édifices, le tout entouré de fossé, grange, jardin, terre arable, prés, vignes » (Lalande, notaire à Auriac). En 1768, Vergnas apparaît comme "maison", "métairie" ou "ferme" sur la carte de Belleyme, mais il n’est guère douteux qu’il s’agit en réalité d’un ancien repaire noble. C’est du moins ce que suggèrent son implantation, la configuration de l’ensemble bâti avec portail d’entrée, fossé en eau autour du bâtiment principal et la forme même de celui-ci, flanqué d’une tour d’escalier en façade antérieure. Mais, quoiqu’il en soit, on ignore tout des anciens seigneurs propriétaires de cette terre et, même, si le nom actuel de Vergnas (qui n’est attesté que depuis le 18e siècle) était celui de l’ancien domaine noble.

Description et analyse archéologique

L’ancien repaire noble est implanté en fond de vallée au milieu de belles terres arables. Un imposant portail en pierre de taille composé d’une porte cochère et d’une porte piétonne défend encore aujourd’hui l’accès au domaine. Il ouvre dans une cour de ferme rectangulaire (la basse-cour du manoir) bordée sur trois côtés (nord, ouest et est) par des bâtiments agricoles. Cette première cour en commande une seconde, au nord-est : un enclos circulaire, entouré d’un fossé en eau, au centre duquel se dresse le bâtiment principal. On y accède aujourd’hui par un petit pont en pierre encadré par deux piliers de portail. De plan en T et comprenant trois niveaux habitables, le bâtiment principal est composé d’un corps de logis principal rectangulaire flanqué en façade principale (sud) d'une tour d’escalier en vis carrée et sur l’arrière (nord) d’un second corps de logis rectangulaire, disposé perpendiculairement. La tour d’escalier est percée au sud par trois baies superposées, deux d'entre elles étant munies d’une meurtrière à orifice de tir circulaire percée dans l’allège pour des armes à feu légères. Toutes les faces du corps de logis principal sont percées de fenêtres à linteau délardé en arc segmentaire, à l’exception d’une seule petite fenêtre, au nord, qui présente un cadre chanfreiné. A l’intérieur, les cheminées, munies d’un petit foyer et d’un manteau en arc monolithe chantourné, datent également du 18e siècle. Toutefois, la distribution du 15e siècle se retrouve facilement. En effet, la pièce à droite en entrant est encore munie de la seule cheminée d’origine du logis : incorporée dans le mur et couverte par un arc cintré clavé, elle atteste la fonction de cuisine attachée à la pièce. D’ailleurs, de grandes dalles en pierre lisse autour du foyer subsistent du sol primitif et le plan cadastral ancien figure à l’extérieur de ce côté une petite construction qui ne peut être que la partie saillante du four à pain dont la cheminée de la cuisine était autrefois munie. L’autre pièce du niveau, de plan rectangulaire et encore équipée d’un grand placard incorporé dans le mur du fond (ouest), ne peut être que la salle - et le placard, un dressoir en meuble d’attache, placé comme l’usage le veut, au "haut bout" de la salle. C’est sans doute au 18e siècle que la distribution fut inversée : la cuisine est devenue une salle ou un salon et l’ancienne salle est devenue une cuisine – munie à ce moment d’un pavage en galets (pisé) à motif circulaire (bien conservé). A l’étage étaient sans doute à l’origine deux chambres, chacune munie d’une annexe (une garde-robe) logée dans le corps de logis secondaire situé sur l’arrière du corps principal : une porte couverte par un linteau en bâtière orné d’une accolade ouvre encore la chambre occidentale dans ce corps. On observe également dans ces deux anciennes chambres des chaînes d’angle dans les murs qui ne peuvent être, à ces endroits, que les embrasures de grandes fenêtres : les fenêtres actuelles semblent avoir été crées à partir d’anciennes fenêtres, plus grandes, que l’on a en partie murées. C’est certainement au 18e siècle également que le corps de logis secondaire a été agrandi vers le nord (les chaînes d’angle du corps primitif se voient encore dans la maçonnerie des murs actuels), afin d’offrir des annexes plus grandes et plus nombreuses aux pièces du corps de logis principal.

ANNEXE

Archives

Vente du domaine noble de Vergnias, 1766 (A.D. Dordogne, Lalande, notaire à Auriac).

Bibliographie

FOURNIOUX Bernard. "Le paysage agraire de la châtellenie de Montignac et son environnement humain à la fin du Moyen Age." Bulletin

de la Société Historique et Archéologique du Périgord, t. CXXVII, 2000, spécialement p.158.

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